Édition internationale

Le Cambodge vise 70 % l'électricité propre en 2030

Le Cambodge prépare un appel d’offres international pour sa première centrale au gaz naturel liquéfié, d’une capacité de 900 MW, tout en visant 70 % d’électricité propre d’ici 2030.

Projet de centrale électrique au GNL de 900 MW situé dans le district de Botum Sakor, dans la province de Koh Kong. Photo - Ministère des Mines et de l'Énergie Projet de centrale électrique au GNL de 900 MW situé dans le district de Botum Sakor, dans la province de Koh Kong. Photo - Ministère des Mines et de l'Énergie
Écrit par Lepetitjournal Cambodge
Publié le 29 juillet 2026

Le Cambodge s’apprête à soumettre à la concurrence internationale son premier projet de centrale électrique fonctionnant au gaz naturel liquéfié. D’une capacité totale de 900 mégawatts, l’installation doit renforcer la sécurité énergétique du pays tout en accompagnant son développement industriel.

Une centrale LNG de 900 mégawatts à Koh Kong

La première centrale cambodgienne alimentée au gaz naturel liquéfié (LNG) fera l’objet d’un appel d’offres compétitif. Plusieurs fournisseurs internationaux de LNG ont déjà manifesté leur intérêt pour le projet.

La construction de l’installation a débuté en octobre 2024 dans le district de Botum Sakor, au sein de la province de Koh Kong. La première phase, d’une capacité de 450 mégawatts, doit entrer en service d’ici la fin de 2026. Une seconde phase, également dotée d’une capacité de 450 mégawatts, doit suivre en 2027.

Une fois opérationnelle, la centrale devrait contribuer à renforcer la sécurité énergétique nationale, à accroître l’offre d’électricité et à aider le Cambodge à mieux résister aux chocs extérieurs.

Le Cambodge vise 70 % d’électricité issue d’énergies propres

Lors d’un entretien accordé à Bloomberg le 24 juillet, le ministre des Mines et de l’Énergie, Keo Rottanak, a réaffirmé l’objectif du gouvernement de produire au moins 70 % de l’électricité cambodgienne à partir de sources d’énergie propres d’ici 2030. Cette évolution pourrait placer le Cambodge parmi les pays les plus avancés d’Asie du Sud-Est dans le domaine des énergies renouvelables.

« Si nous renforçons nos efforts en faveur des énergies renouvelables, c’est parce que nous croyons en la durabilité. Les solutions les plus propres seront mieux à même d’absorber les chocs extérieurs », selon Keo Rottanak.

Le ministre a toutefois souligné le rôle appelé à être joué par le gaz naturel liquéfié dans la transition énergétique du pays. La centrale de 900 mégawatts représentera une partie des 30 % restants du bouquet énergétique cambodgien, tandis que les énergies renouvelables — solaire, éolienne, hydraulique et biomasse — devront fournir les 70 % visés.

Un appel d’offres ouvert aux fournisseurs internationaux

Keo Rottanak a également annoncé le lancement prochain d’un appel d’offres international pour la fourniture de LNG destiné au projet. Des entreprises établies aux États-Unis, au Canada, en Australie, dans plusieurs pays d’Asie du Sud-Est et au Moyen-Orient auraient déjà manifesté leur intérêt.

« Nous saurons bientôt qui présentera l’offre la plus compétitive. Nous examinerons toutefois principalement le prix et la stabilité de l’approvisionnement », selon le ministre.

Dans une vidéo publiée en mai 2026, Keo Rottanak avait indiqué que la centrale pourrait favoriser l’arrivée d’investissements dans la pétrochimie et les installations frigorifiques. Le projet s’inscrit aussi dans la stratégie de long terme du Cambodge visant à renforcer sa sécurité énergétique et son développement industriel.

Les prix mondiaux de l’énergie restent sous surveillance

Abordant la situation actuelle du marché des carburants, le ministre a reconnu que le Cambodge, comme de nombreux autres pays, restait préoccupé par la récente volatilité des prix mondiaux de l’énergie.

Le conflit opposant les États-Unis et l’Iran a de nouveau perturbé les marchés énergétiques mondiaux, poussant le cours du pétrole brut Brent au-delà de 100 dollars le baril.

Keo Rottanak a toutefois estimé que la diversification du bouquet énergétique cambodgien avait contribué à maintenir une certaine stabilité. Selon lui, cette structure a permis au pays d’éviter d’importantes perturbations dans l’industrie ainsi que des pénuries d’énergie à l’échelle régionale.

63 % de l’électricité cambodgienne provient déjà de sources propres

Concernant la transition énergétique, le ministre a déclaré que 63 % de l’électricité produite au Cambodge provenait déjà de sources d’énergie plus propres. Cette situation permettrait au pays de mieux absorber les chocs extérieurs, dont les conséquences auraient pu être plus importantes sur l’économie et l’approvisionnement énergétique.

Keo Rottanak a également mis en avant les mesures prises par le gouvernement pour réduire les taxes, les droits de douane et la taxe sur la valeur ajoutée (TVA) appliqués aux carburants. Ces dispositions visent à protéger les consommateurs et les entreprises face à la hausse des coûts de l’énergie.

Selon le ministre, le gouvernement continuera de soutenir les ménages et les secteurs industriels jusqu’à une amélioration des conditions du marché.


Rin Ousa

«Avec l'aimable autorisation de Cambodianess, qui a permis la traduction de cet article et ainsi de le rendre accessible au lectorat francophone.

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