À Phnom Penh, artistes, étudiants et jeunes créateurs préparent Solarpunk 2026, un rendez-vous consacré à l’avenir du Cambodge, à la résilience et à l’harmonie avec la nature.


Du nom de l’événement à son concept, en passant par sa programmation, Solarpunk 2026 témoigne de l’engagement des jeunes générations cambodgiennes dans la préparation des prochaines décennies.
Avec une ambition affichée : imaginer un avenir spectaculaire.
Plus de 50 artistes, créateurs et participants issus de différents horizons se réuniront à Phnom Penh le samedi 19 septembre afin de présenter « Ponleu : une écologie de l’espoir ». L’événement s’inscrit dans le cadre de la Semaine de l’énergie propre, organisée au Cambodge du 15 au 21 septembre.
Des débats, des projections et plusieurs autres activités sont encore programmés à partir de 18 heures à la Friends Future Factory, ou F3, située Street 13 à Phnom Penh, les 17, 18 et 20 septembre.
Selon la photographe cambodgienne Tyaart, membre de l’équipe organisatrice, le projet repose sur une volonté de réflexion collective :
« L’idée centrale de Solarpunk Cambodia est de réunir des personnes issues de tous les domaines, quels que soient leur âge, leur statut, leur genre ou leur origine, afin de réimaginer ensemble la manière dont le Cambodge pourrait évoluer. Il s’agit de développer une nouvelle réflexion sur la façon dont les êtres humains, la nature et la technologie peuvent coexister harmonieusement. »
Tyaart ajoute que cette démarche vise également à réfléchir aux moyens de relever collectivement les défis liés à cette coexistence.
Des étudiants cambodgiens réfléchissent à l’accessibilité
Le samedi 19 septembre, la programmation de Solarpunk 2.0 débutera à 13 h 30 à la Friends Future Factory avec l’exposition Chakkhok, conçue par des étudiants de la Limkokwing Cambodia University of Creative Technology.
Selon les organisateurs, les œuvres présentées abordent la cécité et l’accessibilité. Elles imaginent un avenir dans lequel chacun, quel que soit son âge ou sa situation de handicap, pourrait participer pleinement à la vie du pays et aux décisions qui façonnent son avenir.

"Un artiste travaille sur les couleurs d’une œuvre destinée à l’événement Solarpunk 2026. Photo : Tytaart"
Hiroshima House accueille les artistes à Phnom Penh
À 16 heures, le public traversera la rue pour rejoindre Hiroshima House, située au sein de la pagode Wat Ounalom. Le lieu accueillera des vidéos, des œuvres plastiques et des photographies.
La chanteuse traditionnelle cambodgienne Neang SouSou interprétera Ayai Chang Krom Chet, accompagnée de musiciens et d’enfants de l’école communautaire de Hiroshima House.
Le groupe Tonlé Pulse se produira également. Les musiciens associent sonorités traditionnelles et musique électronique. Ils décrivent leur univers comme « un rythme qui s’écoule du passé vers le présent, façonné par le Cambodge ».
Une année de réflexion autour de la résilience cambodgienne
Soutenue par la fondation Heinrich Böll Stiftung Cambodia, la programmation de Solarpunk 2.0 est issue d’une série d’activités et de discussions organisées au cours de l’année.
Le projet a débuté en février 2026 à Phnom Penh avec une séance publique de réflexion baptisée « solar brainstorming », organisée au Maloop Garden.
Au fil des mois, 26 artistes se sont retrouvés durant les week-ends au studio tiSamjort, à Phnom Penh. Ils y ont discuté de plusieurs thèmes destinés à nourrir leurs créations : la résilience énergétique, la résilience culturelle et identitaire, ainsi que la résilience psychologique et cognitive.
Les échanges ont également porté sur les difficultés rencontrées par les populations vivant le long de la frontière entre le Cambodge et la Thaïlande depuis le début du conflit, en juillet 2025.
<img src="https://cambodianess.com/" alt="Des artistes découvrent l’art d’envelopper le riz dans des feuilles auprès d’un membre de la communauté autochtone kui de Phum Andas, au Cambodge. Photo : Tytaart" />
De Phnom Penh à Kampong Thom, l’art au contact des territoires
D’autres activités ont été organisées, notamment un événement public à Life Field TK. Des artistes et des habitants ont participé à la peinture de panneaux solaires offerts par Kamworks. Ces créations doivent être présentées lors de l’exposition.
Une résidence artistique s’est également tenue à l’hôtel Sambor Village, dans la province de Kampong Thom. Vingt-deux artistes y ont créé des œuvres inspirées par la forêt voisine, leurs échanges avec la communauté autochtone kui de Phum Andas et leur visite du temple préangkorien de Sambor Prei Kuk.
Des artistes de toute l’Asie du Sud-Est à Phnom Penh
L’événement du samedi 19 septembre présentera aussi des œuvres d’artistes originaires de plusieurs pays d’Asie du Sud-Est.
Selon le photographe Miguel Jeronimo, membre de l’équipe organisatrice, l’appel à candidatures lancé dans la région a suscité plus de 40 propositions.
« Nous avons reçu plus de 40 candidatures provenant de toute l’Asie du Sud-Est », explique Miguel Jeronimo.
Selon lui, cette initiative vise à renforcer les liens entre les créateurs cambodgiens et ceux que les organisateurs surnomment leurs « S-E-A-blings », un jeu de mots formé à partir de South-East Asia et siblings, qui signifie frères et sœurs.
La jeunesse cambodgienne veut reprendre la main sur son avenir
Solarpunk Cambodia est organisé pour la deuxième année consécutive. Selon Miguel Jeronimo, cette nouvelle édition rassemble davantage d’artistes et attire un nombre croissant de jeunes intéressés par ces questions.
« C’était l’objectif depuis le début, l’an dernier : trouver des moyens de rompre avec le désespoir. Regarder les informations est souvent déprimant, en particulier lorsqu’il est question de climat, de résilience du pays dans une période marquée par les guerres, les inégalités et les injustices de la politique internationale. »
Miguel Jeronimo insiste toutefois sur la nécessité de ne pas subir l’avenir.
« Il est également important de comprendre que nous sommes ceux qui créent. Nous reprenons le pouvoir d’imaginer nos propres versions du futur. L’avenir ne doit pas être quelque chose qui nous est imposé. Nous pouvons nous-mêmes essayer d’imaginer un monde meilleur. »

Michelle Vachon
Lien vers l'évènement : https://facebook.com/events/s/ponleu-an-ecology-of-hope-exhi/1444186450865294/
Avec l’aimable autorisation de Cambodianess, qui a permis la traduction de cet article et ainsi de le rendre accessible au lectorat francophone.`
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