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Des Apsaras cambodgiennes au pays des cigognes

Trois jeunes danseuses cambodgiennes de l’école princesse Buppha Devi, à Phnom Penh, ont accompagné le prince Tesso Sisowath en Alsace, à l’occasion de la signature du jumelage entre les Alliances françaises de Siem Reap et de Strasbourg. Pour ces jeunes artistes, le voyage constituait une première expérience à l’étranger et une occasion de faire découvrir la culture khmère au public français.

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Écrit par Raphaël FERRY
Publié le 4 octobre 2026

La venue de la délégation cambodgienne s’est déroulée dans le cadre de la signature d’un accord de partenariat entre les Alliances françaises de Siem Reap et de Strasbourg. Le prince Tesso Sisowath accompagnait les danseuses pour représenter le Cambodge lors de cette cérémonie.

« Cette tournée a été initiée pour la signature d’un partenariat entre les deux Alliances françaises de Siem Reap et de Strasbourg », explique le prince Tesso Sisowath.

La cérémonie a eu lieu à l’Alliance française de Strasbourg. Une danse de bénédiction a précédé la signature de l’accord, conformément à la tradition cambodgienne.

« Lorsqu’un événement de ce genre est organisé, il faut toujours le bénir », indique le prince Tesso Sisowath.

Pour en savoir plus :  L' Alliance Française de Siem Reap jumelée avec celle de Strasbourg

Les artistes ont également participé à plusieurs représentations organisées à Colmar et dans d’autres lieux de la région alsacienne.

Quatre représentations en Alsace

La délégation a donné quatre représentations au total. Deux d’entre elles ont été organisées à Colmar, notamment dans le château de Kientzheim, où la Confrérie Saint-Étienne des producteurs de vins d’Alsace a remis la médaille de confrère d’honneur au prince Tesso.

 

Soeng Nearyrathanak

« Nous avons profité de cette occasion pour rencontrer nos amis alsaciens et leur faire découvrir la culture traditionnelle cambodgienne », explique-t-il.

Les spectateurs ont découvert les costumes, les gestes et les mouvements de la danse classique khmère.

Pour le prince Tesso Sisowath, le choix des danseuses répondait aussi à un objectif pédagogique. Les jeunes artistes suivent les cours de l’école depuis plusieurs années et progressent régulièrement.

« Je n’ai pas choisi mes danseuses les plus expérimentées. Pour cette tournée amicale, je pouvais donner leur chance à de jeunes artistes et les récompenser pour leur assiduité et leur travail », explique-t-il.

Cette expérience devait leur permettre de gagner en confiance et de poursuivre leur formation artistique.

Un premier voyage en France à l’étranger pour les jeunes artistes cambodgiennes

Pour Soeng Nearyrathanak, âgée seulement de 16 ans, ce déplacement constituait une première sortie du Cambodge. Elle pratique la danse classique depuis près de deux ans.

 

Soeng Nearyrathanak

 

« C’est la première fois que je vais en France pour danser. C’est une expérience nouvelle que je n’avais jamais vécue », raconte-t-elle. Le voyage lui a permis de découvrir un mode de vie différent. La nourriture a cependant constitué l’une des principales difficultés.

« Au Cambodge, nous mangeons du riz à chaque repas. En France, c’était différent. Pendant quelques jours, c’était un peu difficile, mais nous avons goûté les plats proposés », explique Nearyrathanak.

La jeune artiste a aussi été marquée par l’accueil reçu en Alsace. Elle a observé la manière dont les habitants communiquaient et s’intéressaient à la culture cambodgienne.

« Les personnes que nous avons rencontrées étaient très accueillantes. Elles nous demandaient si nous pouvions prendre des photos avec elles et voulaient savoir ce que représentaient nos costumes », raconte-t-elle.

Les danseuses devant la cathédrale de Strasbourg

En effet, après la représentation à Strasbourg, les danseuses ont visité la ville. Elles ont pris des photos devant la cathédrale Notre-Dame, un moment qui a attiré l’attention des passants. Même si elles n’ont pas dansé sur la place, leur présence en costume traditionnel a suscité la curiosité des habitants et des touristes.

 

Des Apsaras cambodgiennes au pays des cigognes

« Les gens voulaient savoir ce que nous portions et comment les costumes étaient fabriqués. Ils ne connaissaient pas toujours cette culture », ajoute-t-elle.

La perception de Sokha sur la France

Chhoeut Chansokha accompagnait la délégation. Il fut à la fois costumier et régisseur. Son travail ne consiste pas seulement à préparer les vêtements des artistes. Il veille aussi à l’organisation des spectacles, à la musique, aux espaces de représentation et à la coordination avec les autres intervenants.

« Je m’occupe des costumes des danseurs, mais je regarde aussi les mouvements, la musique et l’espace dans lequel ils se produisent », explique Sokha.

Il pratique la danse depuis 2007 et travaille au sein de l’école depuis 2019. Il enseigne également aux jeunes élèves, notamment la danse classique, les danses populaires et les danses destinées aux spectacles.

Pour Sokha, la France a présenté plusieurs visages. Il a apprécié l’accueil reçu dans certaines villes.

« La France est à la fois agréable et stressante. Les gens sont gentils, ils sourient et parlent doucement. Mais Paris est beaucoup plus animé. Il y a beaucoup de monde et les gens semblent davantage concentrés sur leur travail », raconte-t-il.

 

costumier

La nourriture française ne lui a pas posé de problème particulier.

« Pour moi, c’était facile. Je mange de tout et j’ai pu goûter plusieurs plats locaux, même si je ne connaissais pas toujours leur nom », explique-t-il.

Faire connaître la danse classique au Cambodge

Sokha souhaite contribuer au développement de la danse classique au Cambodge. Il observe que la musique populaire et la culture coréenne, notamment la musique K-pop, bénéficient d’une forte visibilité auprès du public cambodgien.

La danse classique est, selon lui, moins visible, alors qu’elle représente une part importante du patrimoine culturel du pays.

« Les Cambodgiens aiment la K-pop et le montrent beaucoup. Ils apprécient aussi la danse classique, mais ils l’expriment moins. Je voudrais partager mon expérience et transmettre ce que j’ai appris », affirme Sokha.

Il souhaite voir davantage de spectacles de ballet et de danse classique au Cambodge, ainsi qu’une meilleure connaissance de la culture khmère auprès du public local et international.

« Mon rêve est de voir des artistes classiques et des spectacles de ballet au Cambodge, présentés à un large public. Je voudrais aussi que les jeunes découvrent davantage leur propre culture », ajoute-t-il.

Deux jeunes danseuses cambodgiennes découvrent la France

Deux autres danseuses, Mouen Sotheany et Jay Pheakdy, âgées de 17 et 18 ans, ont également participé au voyage. Pour l’une d’elles, il s’agissait d’une première expérience à l’étranger. La seconde avait déjà voyagé en Chine.

Toutes deux ont découvert la France, les déplacements en train et l’organisation des grandes villes.

 

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Mouen Sotheany et Jay Pheakdy

Elles ont notamment été surprises par l’utilisation du métro à Paris, mais aussi par le fait que les Français marchent beaucoup. Au Cambodge, les habitants se déplacent davantage à moto, en voiture ou en tuk-tuk.

« À Paris, beaucoup de personnes utilisent le métro pour aller travailler. Au Cambodge, nous utilisons davantage les motos et les voitures », explique l’une des jeunes danseuses.

Les deux adolescentes ont également apprécié l’accueil des habitants et la manière dont les Français vivent au quotidien.

« Les gens sont amicaux et leur façon de vivre est intéressante », raconte l’une d’elles.

Des projets professionnels au-delà de la danse

Ces jeunes artistes ne souhaitent pas toutes faire de la danse leur métier principal. L’une d’elles aimerait étudier le droit et une autre devenir policière. La dernière envisage une carrière dans l’armée. Elles souhaitent poursuivre leurs études à l’université tout en continuant à pratiquer la danse.

Pour Rathanak, la danse représente aussi un moyen de transmettre la culture cambodgienne.

« Être artiste fait partie de ma vie, mais ce n’est pas toute ma vie. La danse permet de partager notre culture et de mieux la faire connaître », explique-t-elle.

Elle aimerait également avoir son propre emploi, travailler avec différentes personnes et voyager à nouveau à l’étranger.

Une école cambodgienne tournée vers la transmission

L’école Buppha Devi ne se présente pas comme une école professionnelle destinée uniquement à former des danseurs de scène. Elle propose des cours gratuits à de jeunes Cambodgiennes qui souhaitent découvrir la danse classique.

Le prince Tesso Sisowath explique que cette démarche vise à rendre cette discipline plus accessible.

« La danse classique reste difficile d’accès pour beaucoup de jeunes. Nous voulons leur permettre de la découvrir et de progresser gratuitement », indique-t-il.

Un spectacle plusieurs fois par semaine à Phnom Penh

De retour au Cambodge, les danseuses participent aux spectacles présentés chaque mercredi, vendredi et samedi à Phnom Penh. Ces représentations proposent une introduction aux principaux mouvements, aux personnages et aux codes de la danse classique khmère.

Le programme s’adresse principalement aux visiteurs étrangers, qui connaissent parfois peu la culture cambodgienne.

« Le spectacle montre différents aspects de la danse et permet d’expliquer les mouvements au public », explique le prince Tesso Sisowath.

La présentation est conçue comme une initiation accessible.

« C’est une bonne manière de faire comprendre la danse classique sans la dénaturer. Le public peut découvrir les gestes, les personnages et la culture qui les accompagne », ajoute-t-il. Le voyage en France a donc permis aux jeunes danseuses de découvrir une nouvelle culture, tout en présentant la leur. Une belle histoire d’échange et de partage.

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