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Conte cambodgien de la princesse du Preah Khan et du crocodile

Il était une fois un roi qui régnait au Preah Khan de Kampong Svay et qui avait une fille qui se nommait Neang Pov. La princesse élevait un fidèle crocodile qui vivait dans un bassin du palais royal.

Conte cambodgien de la princesse du Preah Khan et du crocodile Conte cambodgien de la princesse du Preah Khan et du crocodile
Illustration créée par IA de la légende khmère de Neang Pov et du crocodile du Preah Khan de Kampong Svay.
Écrit par Pascal Médeville
Publié le 15 août 2026

Un jour, Neang Pov partit en excursion sur le baray voisin. Tout à coup, un énorme crocodile s’approcha de la barque de la princesse et avala la malheureuse tout entière sans autre forme de procès. Peu après, le crocodile de la princesse, ayant appris ce qui était arrivé à son adorée maîtresse, alla supplier le Bouddha de lui permettre de quitter l’étang royal pour aller se venger en faisant un sort au saurien princessicide. Le Bouddha accéda à la supplique de l’animal et lui enseigna une formule magique qui lui permettrait de grandir en taille et en puissance de façon à pouvoir battre l’énorme monstre du baray. Mais le crocodile princier, trop impatient, prononça la formule magique alors qu’il n’avait pas encore franchi l’enceinte du palais royal, de telle sorte qu’il se retrouva coincé dans l’encadrement de la porte. C’est là qu’il rendit son dernier souffle, sur la berge du baray.

Le baray du Preah Khan de Kampong Svay

Quant au royal géniteur, quand il apprit que sa fille bien-aimée avait été avalée par un saurien, il donna l’ordre de combler le baray de façon à punir l’exécrable coupable. C’était sans compter sur une guerre qui éclata soudainement et qui empêcha que l’ordre du roi fût accompli en entier. Quand les travaux furent interrompus, le baray n’était comblé qu’à moitié. Il est resté dans cet état jusqu’à nos jours.

Selon cette légende, les habitants expliquent que c’est pour cette raison que le baray du Preah Khan de Kampong Svay est aujourd’hui asséché à l’ouest du temple de Preah Thkol.

Les traces du crocodile à Banteay Thom

Ils croient également que les marques visibles sur la paroi intérieure de la porte du temple de Banteay Thom sont les traces laissées par le crocodile lorsqu’il se débattit pour sortir. La sculpture de crocodile fixée à la digue menant au baray représenterait également l’animal après sa mort.

C’est à cause de cette légende que le sanctuaire central de Banteay Thom est depuis longtemps connu par la population locale sous le nom de Prasat Neang Pov (« le temple de Neang Pov »).

Quant au Bouddha que le crocodile pria pour obtenir la permission, certains l’identifient au grand Bouddha aujourd’hui connu sous le nom de Prasat Chaktomukh.

Le Nouvel An khmer à Prasat Damrei

La tradition locale rapporte également que, dans les temps anciens, lors de la dernière journée des cérémonies du Nouvel An khmer célébrées au temple de Prasat Damrei, d’énormes crocodiles apparaissaient souvent dans le baray.

(Ce conte est rapporté dans le numéro 3 de l’année 67 (juillet-août septembre 2020) de la revue Kambuja Suriya éditée par l’Institut Bouddhique de Phnom Penh.)

Avec l'aimable autorisation de Khmerologie  un site que les amoureux du Cambodge ne se lassent pas d'explorer qui nous permet d'offrir cet article à notre lectorat.

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