Jean-Baptiste Phou sur scène à Phnom Penh avec « Hors de ma peau »
À Phnom Penh, l’artiste franco-cambodgien Jean-Baptiste Phou présentera le samedi 13 juin à 17h à l'Institut français du Cambodge « Hors de ma peau », une adaptation scénique de son livre « La Peau hors du placard ». Une création centrée sur le corps et la mémoire, présentée dans le cadre du Golden (R)Age Festival.


L’auteur avait déjà participé à l’édition précédente du festival avec une version en khmer, interprétée par un comédien cambodgien. Cette fois, il choisit de porter lui-même son texte, en français, dans une forme profondément retravaillée.
« J’avais envie de porter moi-même ce texte, parce que j'en suis l'auteur. Il ne s’agit pas de jouer un rôle, mais simplement d’être là et de raconter mon histoire. »
Du livre à la scène : une recherche d’incarnation
Depuis la publication de son livre, Jean-Baptiste Phou a multiplié les lectures publiques, souvent prolongées par des échanges avec le public. Il a souhaité aller plus loin, pour proposer une forme scénique plus incarnée.
« Je voulais proposer quelque chose de plus incarné qu’une simple lecture d’extraits. »
Pour cela, il s’est entouré de la metteuse en scène thaïlandaise Sasapin Siriwanij, dont le travail s’appuie sur le théâtre physique.
Cette collaboration marque une évolution dans son rapport au texte. Contrairement à la version précédente, construite comme un monologue linéaire, « Hors de ma peau » adopte ici une structure fragmentée.
« Je voulais que ce soit porté par mon corps et ma présence, plus que par les mots. Nous sommes partis du livre, mais nous en tirons l’essence pour créer des scènes très physiques, avec le moins de paroles possible. »
La metteuse en scène déconstruit le récit, n’en conservant parfois que des mots ou des fragments de phrases, afin de recomposer une narration plus ouverte.
« Les situations restent les mêmes, mais la manière de les interpréter est complètement différente. »
Sur scène, ces expériences ne se déroulent plus de manière continue. Elles apparaissent par fragments, sous forme de séquences, de gestes, d’images, qui passent par le corps plutôt que par le discours.
Ce choix permet de proposer une forme volontairement épurée, pensée pour s’adapter à des espaces variés.
Se confronter au regard d’une metteuse en scène
Ce projet marque aussi une étape dans le parcours de Jean-Baptiste Phou, jusqu’ici habitué à travailler de manière autonome.
Il confie ici son texte à une autre artiste, qui en propose sa propre lecture.
« Ce n’est pas moi le metteur en scène. C’est une réinterprétation de mon texte : quelqu’un m’a dirigé. »
Cette mise à distance lui permet de redécouvrir son propre matériau sous un autre angle.
« Ce qui m’a intéressé, c’est justement ce travail de distance. »
La pièce est interprétée en français et devrait être accompagnée de surtitres.
Une rencontre artistique en Asie du Sud-Est
Jean-Baptiste Phou a rencontré Sasapin Siriwanij lors du Bangkok International Performing Arts Meeting (BIPAM), un rendez-vous professionnel dédié au spectacle vivant en Asie du Sud-Est.
Tous deux partagent un parcours qui alterne entre création artistique et production.
« On est souvent amenés à produire pour les autres. Là, on avait envie de revenir à la mise en scène pour elle et au jeu pour moi. »
Des projets internationaux autour de la mémoire cambodgienne
Parallèlement à cette création, Jean-Baptiste Phou développe plusieurs projets à l’international.
Il était récemment au Japon pour une résidence au sein du théâtre SPAC à Shizuoka, dans le cadre d’un programme de trois ans réunissant plusieurs dramaturges de la région.
« Je pense créer une nouvelle pièce de théâtre qui se déroulerait sur un terrain de badminton. »
À l’automne 2026, il participera également à une résidence de la Villa Albertine aux États-Unis. Il prévoit de s’installer à San Francisco pour mener une recherche sur la diaspora cambodgienne.
Ce travail pourrait aboutir à un ouvrage collectif.
« Je m’intéresse à la manière dont, cinquante ans après le génocide cambodgien, les individus et les communautés composent avec cette histoire. »
Le projet vise à rassembler une trentaine de récits personnels, issus de différents pays, afin de d’explorer les chemins de la réparation, qu’elles soient artistiques, spirituelles ou thérapeutiques.
Pour réserver ses places le lien de l'Institut Français : https://www.ifcambodge.com/community/register_client/
Informations pratiques13juin
De 17:00 à 19:00
Adresse
institut Français du Cambodge
Phnom Penh






