Édition internationale

Cambodge appelle L'ONU à agir pour les déplacés

Le Cambodge a appelé les Nations unies à jouer un rôle plus actif pour aider les plus de 20 000 civils toujours déplacés à la suite du conflit frontalier avec la Thaïlande. Selon Phnom Penh, le gouvernement cambodgien ne peut, à lui seul, garantir leur retour chez eux.

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photo AKP
Écrit par Lepetitjournal Cambodge
Publié le 6 octobre 2026

Selon Ke Sovann, représentant permanent du Cambodge auprès de l’Office des Nations unies à Genève, certaines recommandations semblent faire peser sur le Cambodge la responsabilité d’un résultat qui dépend des conditions sur le terrain et de la coopération de toutes les parties.

« Nous appelons les Nations unies à jouer un rôle plus proactif et constructif et à dialoguer avec toutes les parties concernées afin de régler la question des déplacements, conformément au droit international », a déclaré Ke Sovann lors de la 63e session du Conseil des droits de l’homme des Nations unies, le 2 octobre.

Le Cambodge soutient le retour volontaire et en sécurité des civils déplacés, a-t-il indiqué. Mais le gouvernement ne peut décider de la date à laquelle les habitants pourront regagner des villages qui restent dangereux ou inaccessibles.

Frontière cambodgienne : des milliers de personnes privées de retour

Les combats ont déplacé environ 649 000 Cambodgiens. Au 4 octobre, quelque 625 000 personnes avaient regagné leur domicile. Environ 24 000 autres vivaient encore dans des abris temporaires et des camps sécurisés.

De nombreux habitants ne peuvent toujours pas rentrer, car leurs villages sont occupés par les forces thaïlandaises ou restent considérés comme des zones dangereuses.

La situation a aussi suscité les critiques de Thomas H. Andrews, rapporteur spécial des Nations unies sur la situation des droits de l’homme au Cambodge. Dans un rapport remis à l’ONU, il indique que les civils des deux côtés de la frontière ont subi de graves atteintes aux droits humains en raison du conflit.

Il décrit comme « catastrophiques » les conditions de vie des Cambodgiens déplacés, malgré l’aide du gouvernement, qui comprend des transferts d’argent, la distribution de nourriture et d’autres formes de soutien.

De nombreuses personnes qui dépendaient auparavant du commerce ou d’un emploi en Thaïlande sont désormais sans travail. Selon Thomas H. Andrews, cette situation soulève des inquiétudes quant à leur capacité à subvenir aux besoins de leur famille dans les mois à venir.

Boeung Trakoun : barricades et habitations détruites

La présence de soldats thaïlandais, de barbelés et de conteneurs maritimes empêche certains villageois de rentrer chez eux, indique le rapport. Des personnes qui se sont approchées des barricades auraient été menacées par des militaires thaïlandais. D’autres ont retrouvé leur maison détruite.

Lors d’une visite à Boeung Trakoun, une ville cambodgienne située à la frontière, Thomas H. Andrews a observé une barricade constituée de conteneurs maritimes surmontés d’un drapeau thaïlandais.

La Thaïlande a défendu ces mesures, affirmant que les barrières visent à « se protéger contre les menaces et à assurer la sécurité » de ses personnels et de ses citoyens dans les zones placées sous son contrôle et sa responsabilité.

Droit international et cessez-le-feu de décembre 2025

Le droit international humanitaire reconnaît aux personnes déplacées le droit de rentrer chez elles lorsque les circonstances qui les ont contraintes à fuir ont disparu.

Dans le cadre du cessez-le-feu conclu en décembre 2025, le Cambodge et la Thaïlande se sont engagés à permettre le retour des civils déplacés et à maintenir leurs troupes dans leurs positions respectives. Selon Thomas H. Andrews, la Thaïlande s’est appuyée sur cet accord pour rejeter les accusations d’occupation de territoires cambodgiens.

Le rapporteur spécial a exhorté les deux pays à coopérer pour accélérer le retour des civils déplacés. Il a également proposé son soutien aux deux gouvernements afin de répondre aux problèmes de droits humains liés au conflit.

Il a appelé le Cambodge à poursuivre sa coopération avec ses partenaires internationaux pour fournir de la nourriture, des abris et d’autres biens essentiels aux personnes déplacées ainsi qu’aux autres victimes des combats.

Thomas H. Andrews a également demandé au Cambodge de cesser de restreindre les activités des journalistes, des défenseurs des droits humains et des organisations de la société civile, notamment leur travail d’information sur le conflit.

Les deux pays devraient, selon lui, prendre des mesures pour réduire les tensions et protéger les droits humains, alors que les efforts se poursuivent pour résoudre la crise des déplacements.

Teng Yalirozy

Avec l’aimable autorisation de Cambodianess, qui a permis la traduction de cet article et ainsi de le rendre accessible au lectorat francophone.

 

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