Installé au Cambodge depuis 2005, David Tréal a fondé AG Cambodia à une époque où tout restait à construire. Vingt ans plus tard, son cabinet de courtage accompagne des milliers de familles et d’entreprises dans la gestion de leurs risques, au rythme de la transformation du Royaume.


Le 6 mars, AG Cambodia a fêté ses vingt ans. David Tréal, son fondateur, revient sur ces vingt années, sur ce qui fait son métier et délivre quelques clés à ceux qui souhaitent s’installer et prospérer au Cambodge.
En 2005, Phnom Penh n’avait pas encore ses tours de verre. L’Internet était lent, les hôpitaux rares, les expatriés peu nombreux. Le Cambodge avançait vers une nouvelle ère. C’est à ce moment-là que David Tréal décida de s’installer.
Vingt ans plus tard, son cabinet, AG Cambodia, fait partie des principaux courtiers du Royaume. Mais l’histoire commença modestement, presque artisanalement.
Une planche, deux tréteaux et un pari
« Quand je suis arrivé, on voyait qu’il y avait tout à faire. »
À l’époque, David Tréal travaillait déjà dans le secteur de l’assurance en Thaïlande. Ancien musicien, il avait choisi un métier plus stable, tout en conservant un regard atypique sur l’entrepreneuriat.
En découvrant le Cambodge, il perçut immédiatement un manque : aucun courtier occidental n’était installé dans le pays.
« Les expatriés vivaient dans un environnement à risques. Ils avaient déjà connu des accidents, des hospitalisations, des évacuations coûteuses. Il y avait un besoin évident. »
Il s’installa au Cambodiana, dans un bureau de 20 m² loué 300 dollars par mois.« J’ai commencé très petit. Une planche et deux tréteaux. »
Mais très vite, les premiers sinistres importants survinrent. Et furent payés. « Dans notre métier, la confiance ne se proclame pas, elle se prouve. Les premiers remboursements ont été notre meilleure publicité. »
Le métier de courtier : plus qu’un contrat
AG Cambodia n’est pas un assureur. C’est un courtier. « Notre rôle, c’est d’être l’intermédiaire entre le client et les compagnies d’assurance. Nous analysons les besoins, puis nous allons chercher sur le marché les solutions adaptées. »
Familles expatriées, entrepreneurs, ONG, hôtels, industriels, médecins, particuliers khmers : le spectre est large.
Mais au fond, le métier repose sur trois piliers.
D’abord, le conseil. « Il faut éviter les trous dans la raquette. Un client peut penser être couvert alors qu’il ne l’est pas. Les contrats ne sont pas toujours lisibles. »
Ensuite, la gestion. La vie évolue, la famille change, une maison se construit, des employés arrivent, la valeur des biens progresse. Un contrat n’est jamais figé. « Si vous sous-déclarez la valeur de votre maison et qu’un sinistre arrive, l’indemnisation sera proportionnelle. Notre rôle est de veiller au grain. »
Enfin, l’assistance en cas de sinistre. Et c’est là que tout se joue.
« Le cœur de notre métier, c’est l’assistance »
Lorsqu’un accident survient, l’assurance cesse d’être théorique. « C’est à ce moment-là que le client comprend réellement ce qu’il a acheté. »
Au Cambodge, la réactivité est cruciale. « Si vous n’avez pas d’argent, on ne s’occupe pas de vous. Nous intervenons immédiatement, sept jours sur sept, pour garantir la prise en charge auprès des hôpitaux. »

David Treal Fondateur de AG Cambodia : Photo Franck Dufrenoy
Plus de 1 000 sinistres sont traités chaque année par l’équipe.
« Aider quelqu’un dans la détresse est plus gratifiant que vendre un contrat. »
Grandir avec le pays
En vingt ans, le Cambodge s’est transformé : routes, autoroutes, hôpitaux, émergence d’une classe moyenne. AG Cambodia a grandi dans le même mouvement.
Aujourd’hui, le cabinet compte 12 collaborateurs, environ 3 000 clients et assure une centaine parmi les grandes entreprises du pays. La moitié de la clientèle est désormais cambodgienne. « Si vous voulez réussir ici, vous travaillez avec les Cambodgiens. C’est naturel. »
David Tréal insiste sur l’évolution des mentalités. « Au début, parler d’assurance à un Cambodgien, c’était presque attirer le malheur. Aujourd’hui, la jeune génération comprend la valeur de la protection. »
L’explosion des coûts
Si la perception change, c’est aussi parce que les risques financiers sont devenus considérables. « Une appendicite coûtait 1 500 dollars quand j’ai commencé. Aujourd’hui, c’est 10 000. »
Les véhicules sont plus complexes, les soins plus sophistiqués, les factures plus lourdes. « Sans assurance, une hospitalisation peut ruiner une famille. »
Pour David Tréal, l’assurance joue un rôle structurant dans l’économie.
« Elle libère les énergies. Elle permet d’investir, de créer, d’oser. »
Une équipe comme moteur
Sa plus grande fierté ne tient pas aux chiffres. « Mon équipe. Certains collaborateurs sont là depuis plus de dix ans. Ils sont devenus des experts. »
Il insiste sur le respect et la bienveillance comme fondements du management. « Une entreprise fonctionne quand son équipe est motivée et respectée. Seul, je ne ferais rien. »
Vingt ans plus tard
En 2005, le Cambodge avançait prudemment. Aujourd’hui, il s’impose comme une économie structurée d’Asie du Sud-Est.
AG Cambodia a traversé les crises internationales, la crise financière de 2008, la pandémie et les mutations du marché.
« Si nous sommes toujours là et en croissance, c’est que nous avons dû bien faire notre travail. »
Un anniversaire qui marque à la fois la trajectoire d’une entreprise et celle d’un pays.
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