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La cheffe pâtissière Angélique Peretto enchante les papilles de la Roumanie

Par Grégory Rateau | Publié le 01/11/2021 à 00:00 | Mis à jour le 02/11/2021 à 14:50
La cheffe pâtissière Angélique Peretto enchante les papilles de la Roumanie

Dans le cadre de l'évènement gastronomique, Goût de France, qui s'est déroulé du 18 au 22 octobre à l'Ambassade de France en Roumanie, notre rédaction est allée à la rencontre de la cheffe pâtissière, Angélique Peretto, qui nous vient de Beaufort. Elle a été nominée comme meilleure pâtissière australienne par le Gault & Millau en 2016, lorsqu’elle travaillait à Sydney et s’est faite remarquer en participant à l'émission de télé Masterchef Australie.

Angélique Peretto, n'est pas seulement cheffe pâtissière, mais elle est aussi professeure de yoga et praticienne en ayurveda et promeut une pâtisserie saine et naturelle. Après être revenue travailler dans l'auberge de son père, elle a aujourd'hui développé sa propre affaire avec son conjoint.

 

 

 

Grégory Rateau: Vous avez fait des études de Lettres avant de vous tourner vers la pâtisserie. Pourquoi cette reconversion ? Pensez-vous que l'art soit un moteur pour aborder cette profession ?

Angélique Peretto: J'ai effectivement commencé par faire des études littéraires avant de me tourner vers la cuisine. Ce fut plus par accident que par choix, mon père m'ayant transmis sa passion à travers l'entreprise familiale "L'Auberge du Poncellamont" que mes parents tiennent en Savoie. Finalement il est certain que l'art réunit ces deux activités, l'une étant manuelle et l’autre intellectuelle. J'ai donc préféré "mettre mes mains à la pâte" plutôt que de rester sur les bancs de l’école !

 

Je fais actuellement un travail sur le fait d'expliquer aux gens comment manger "en pleine conscience", c’est-à-dire des produits frais/locaux, transformés le moins possible et surtout qui ne proviennent pas de la grande industrie alimentaire.

C'est donc aux côtés de votre père, dans l'auberge familiale, que vous avez appris votre métier. La transmission par cette filiation est-elle au cœur de votre vocation ? Cela vous donne-t-il envie de transmettre à votre tour ?

Je suis fille d'hôteliers-restaurateurs, ce qui m'a permis d'apprendre très tôt le langage du corps de ce métier, qui est, on peut le dire, très rapide et plein de dextérité, d'élégance et de sauvagerie en même temps. J'ai très vite réalisé que j'avais trouvé ma spécialité, mon don, grâce à la transmission de mon père mais je me suis parfois interrogée sur la notion de "conditionnement" acquise par cette facilité d'héritage immatériel. Oui, il est important pour moi de transmettre, pas forcément dans ma manière de cuisinier, car j'ai formé tellement d'apprentis, mais le plus important c'est de surprendre les personnes que je reçois à ma table.

Je fais actuellement un travail sur le fait d'expliquer aux gens comment manger "en pleine conscience", c’est-à-dire des produits frais/locaux, transformés le moins possible et qui ne proviennent pas de la grande industrie alimentaire. Nous essayons de rééduquer nos papilles à faire cette différence. Nous proposons également des retraites cours de cuisine & yoga (avec @yoga-mountains) où nous invitons les gens à manger en silence l'espace de quelques instants, ce qui nous transporte dans un tout autre univers.

 

 

 

Dans le monde, moins de 5 % des chefs étoilés Michelin sont des femmes (en 2020). Est-il plus difficile de réussir dans votre secteur quand on est une femme ?

Je n'ai jamais éprouvé aucune difficulté à évoluer dans un milieu masculin, encore faut-il avoir de l’humour et du répondant ! Nous vivons dans un monde où de plus en plus de femmes cherchent leur place, je pense simplement que nos différences sont notre plus grande force.

 

Il y a parfois des émissions qui sont tellement éloignées de la réalité sans parler de certains chefs qui "surjouent" leur rôle de méchant commandant, alors que ce métier mérite d’évoluer vers plus de douceur et vers plus de cohésion dans le travail d’équipe.

Vous avez également été médiatisée par la télévision. Pensez-vous que les médias audiovisuels soient le meilleur vecteur pour encourager la jeunesse à se tourner vers ces métiers difficiles ?

J’ai été médiatisée oui, mais j’ai aussi refusé beaucoup d’apparitions qui auraient été très importantes pour me faire un nom. Il y a parfois des émissions qui sont tellement éloignées de la réalité sans parler de certains chefs qui "surjouent" leur rôle de méchant commandant, alors que ce métier mérite d’évoluer vers plus de douceur et vers plus de cohésion dans le travail d’équipe. Certains de mes camarades arrivaient systématiquement avec la boule au ventre au travail...

Le métier est déjà assez difficile et plutôt mal rémunéré alors ils faut motiver notre jeunesse. Seulement voilà, le métier de chef est parfois médiatisé à outrance ce qui fait qu'il y a beaucoup de conceptions erronées.

 

 

 

Après un parcours des plus aventureux, depuis l'Inde, jusqu'à Londres, en passant par l'Australie, vous avez finalement décidé de rentrer chez vous pour travailler dans l'entreprise familiale "L’Auberge du Poncellamont", en Arêches. Pourquoi ce choix ? 

J'ai beaucoup voyagé et si je reviens c'est pour repartir. La vie est un trésor et la sédentarité nous garde au chaud dans nos habitudes. J’aime sortir de ma zone de confort assez régulièrement afin de vivre pleinement chaque expérience !

 

Que pensez-vous des pâtisseries roumaines si vous avez eu le temps de les découvrir ?

J'aimerais découvrir plus en profondeur la pâtisserie roumaine, peut être un 4 mains un jour pour une masterclass exclusive. Mon séjour a été si court mais j'ai noté que la Roumanie est une championne dans tout ce qui est pâte levée (brioche....) et ce n’est pas facile...

 

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grégory rateau

Grégory Rateau

Rédacteur en chef et directeur du média LePetitJournal.com/Bucarest, ancien chroniqueur à RRI, poète et écrivain
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