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C'est l'histoire d'un Mumbaikar - Stefano Funari de I was a Sari

Stefano Funari fondateur de I was a Sari à MumbaiStefano Funari fondateur de I was a Sari à Mumbai

Il y a de multiples raisons de détester Mumbai : la pollution, le bruit, le monde etc. Pourtant, lorsqu’on goûte à la vie de Mumbaikar, on peut vite se laisser envoûter par son pouvoir d’attraction qui nous fait (presque) oublier ses défauts. La rédaction s’est souvent demandée pourquoi elle adorait tant cette ville, et voici un élément de réponse : les Mumbaikars.

Qu’ils soient natifs ou d’adoption, les habitants de Mumbai ont une énergie débordante, une histoire fascinante, et des valeurs inspirantes que nous avons eu envie de partager avec vous, au travers de portraits qui sauront, nous l’espérons, vous intéresser autant qu’ils nous ont touchés. 

 

Le bureau commercial et marketing et l'atelier de I was a Sari
I was a Sari

 

I was a Sari, une entreprise sociale et solidaire à Bombay

Si vous êtes à Mumbai depuis quelque temps, vous avez certainement entendu parler de la marque I was a Sari qui propose des produits fabriqués à partir d’anciens saris. Bien que cette entreprise sociale et respectueuse de l’environnement mérite d’être mise en lumière pour de nombreuses raisons (nous avions d’ailleurs rédigé un article à ce sujet en avril 2020), l’idée ici est plutôt de se concentrer sur le parcours de son talentueux fondateur, l’Italien Stefano Funari

 

Stefano Furnari fondateur de I was a sari

 

Le parcours de Stefano Funari, fondateur de I was a Sari à Mumbai

On aurait pu penser que la carrière - et la vie - de Stefano Funari était toute tracée. Ayant étudié le commerce dans une grande université, il a travaillé dans le conseil puis créé des start-ups, dont l’une a été acquise par un groupe suisse. Pendant environ 9 ans, il a habité en Suisse et travaillé pour ce même groupe, dans lequel il occupait des fonctions de management. 

Il le dit lui-même, aux yeux de sa famille et de ses amis, il était certainement une personne “qui a réussi”. Pourtant, au-delà des apparences, il était toujours en quête de sens, et en 2011, il a décidé de quitter son poste pour devenir entrepreneur social

Il était convaincu que les différentes compétences acquises au cours de sa carrière, ainsi que ses qualités et sa motivation, pouvaient lui servir à travailler avec des personnes qui n’avaient pas eu les mêmes chances et opportunités que lui dans la vie. C’est fort de ses convictions qu’il est arrivé à Mumbai à la fin de l’année 2011 avec la ferme intention de vivre une expérience à l’opposé de la gestion de projets coûteux, de considérations de retour sur investissement, et de réunions professionnelles. 

 

 

 

 

La genèse de la marque I was a Sari à Bombay

Il a donc commencé à s’investir dans des projets humanitaires d’ONG locales, comme la création d’un foyer d’hébergement pour des enfants, dans lesquels les besoins sont plus concrets et terre à terre. Il s’agissait de mener des collectes de fonds, de gérer des projets divers, d’accompagner les transformations avec de la conduite du changement, et plus globalement de concourir à la professionnalisation des structures locales pour améliorer leur fonctionnement. Les conséquences des actions menées étaient visibles assez rapidement, et Stefano a trouvé ces expériences enrichissantes et très gratifiantes. 

 

Les artisans de I was a sari

 

Au travers de ces expériences, il a été particulièrement touché par la situation des enfants qui vivent dans des bidonvilles, et il a réalisé que la meilleure façon de les aider n’était pas d’essayer de se substituer à leur famille ou à leur communauté, car cette approche a toujours ses limites (par exemple, on peut créer un foyer d’hébergement, mais il ne pourra accueillir qu’un nombre limité d’enfants), mais bien de soutenir cette famille ou cette communauté afin qu’elle puisse à son tour soutenir ses enfants. En poussant encore ce raisonnement, il a saisi l’importance du rôle des femmes dans ce mécanisme, et de fil en aiguille, dans une démarche d’entrepreneuriat social, il est devenu évident qu’offrir une opportunité de travail régulier et stable aux femmes de communautés défavorisées pourrait concourir, directement ou indirectement, à l’amélioration de la situation de leurs enfants. 

 

 

 

Une entreprise fondée sur l’upcycling et le respect de l’environnement à Mumbai 

L’entreprise I was a Sari est donc le résultat des convictions et ambitions de Stefano Funari, mais aussi d’un heureux hasard doublé d’une intuition qui l’ont un jour poussé à s’arrêter devant un entrepôt rempli d’anciens saris, à en acheter quelques pièces, et à les ramener en Italie pour les montrer à une amie qui travaillait dans une grande faculté de design.

 

L'atelier de I was a sari

 

Stefano Funari a réussi son propre pari de devenir un entrepreneur social, d’offrir un travail régulier à des femmes issues de milieux défavorisés, d’améliorer leurs conditions de vie et de leur ouvrir de nouveaux horizons, d’aider et d’inspirer les enfants et les jeunes de leurs communautés, tout en se fondant sur une activité d’upcycling respectueuse de l’environnement. Stefano Funari est désormais connu comme un défenseur de cette pratique d’upcycling, au travers de laquelle on donne une seconde vie aux produits pour économiser les ressources de notre belle planète. 

 

 

 

Les ambitions pour le futur de I was a Sari à Bombay

Quand on le questionne sur la suite, les réponses ne manquent pas : développer une nouvelle gamme pour le marché indien, obtenir le label “Great Place To Work” (super lieu de travail) car les conditions de travail et de vie des artisans et du personnel sont toujours au centre de ses préoccupations, réduire l’impact environnemental à tous les niveaux de l’activité, et plus globalement continuer à croître “respectueusement” pour soutenir mieux et plus de personnes.

 

 

 

La Rédaction remercie chaleureusement Stefano Funari et ses équipes pour leur disponibilité, et leur souhaite beaucoup de réussite dans tous leurs projets.  

 

 

Une artisane de I was a sari

 

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