Se syndiquer en Allemagne, ce qu’il faut savoir

Par Emma Voglimacci Stephanopoli | Publié le 27/04/2022 à 17:20 | Mis à jour le 28/04/2022 à 14:09
Photo : © Selbst Erstellt - Wikipedia
Manifestation syndicale Hambourg

À l’occasion du 1er mai, Le Petit Journal de Berlin revient sur le fonctionnement des syndicats en Allemagne et leur importance.

 

Le système des syndicats en Allemagne

En France, on qualifie régulièrement les syndicats allemands de « puissants ». En effet, ces derniers comptent beaucoup d’adhérents. Le taux de syndicalisation est estimé à 20 % des travailleurs ce qui équivaut au triple du nombre français. Outre les chiffres, c’est surtout le système politique allemand qui leur donne un poids important dans la prise de décision politique. Contrairement à la France où l’État intervient régulièrement dans les négociations collectives, en outre-Rhin, l’État fixe seulement le cadre de la coopération dans lequel les conventions collectives sont négociées. La société civile et le politique se partagent donc le pouvoir. Les syndicats salariaux et patronaux, en coopération avec les pouvoirs publics, sont responsables des conditions économiques et sociales de leur domaine d’activité. Par exemple, seuls les syndicats sont habilités à signer des conventions collectives avec des organisations patronales ou des entreprises.

 

Les syndicats sont organisés par branches et selon le principe du syndicat unitaire appelé « Einheitsgewerkschaft ». Leur mission est de défendre concrètement les intérêts collectifs du salariat face à ceux du patronat, et non pas de mener une lutte idéologique ou politique. Il faut donc comprendre que ce n’est pas comme en France : il n’y a pas vraiment de syndicats de gauche ou de fédérations patronales de droite. Enfin, le syndicat allemand est un syndicat d’industrie, appelé en allemand, « Industriegewerkschaft ». Chaque syndicat défend l’intérêt commun de tous les salariés appartenant à la même branche.

 

Les différents syndicats allemands

La plupart des syndicats sont regroupés sous trois confédérations : le Deutscher Gewerkschaftsbund, DGB, (confédération allemande des syndicats), la Beamtenbund und Tarifunion (Fédération des fonctionnaires allemands), DBB et le Christlicher Gewerkschaftsbund (confédération chrétienne, CGB. La DGB est la plus importante confédération, regroupant 6 millions de membres. Les syndicats les plus importants en nombre d´adhérents sont IG Metall, de métallurgie et Ver.di le syndicat des services.

L a DBB quant à elle regroupe une quarantaine de syndicats que l’on peut retrouver sur leur site internet.

Enfin, la CGB regroupe une douzaine de syndicats dont la liste est disponible juste ici

 

Quelles sont les cotisations ?

Il n’y a pas vraiment de règles. Les cotisations dépendent des syndicats. En revanche, selon Berlinestanous.com, elles tournent généralement autour d’1% du salaire brut, hors 13ème mois. Le coût est en général réduit pour les retraités, les chômeurs et les étudiants. Certaines entreprises organisent à la place un prélèvement à la source.

Attention, un non paiement pendant trois mois entraîne une exclusion de l’adhérent. En revanche, si vous souhaitez donner plus que le nécessaire, c’est évidemment possible.

 

Entrer dans un syndicat n’est pas une obligation. Néanmoins, vu l’importance des ces derniers dans la prise de décision des entreprises allemandes, appartenir à une organisation peut permettre d’avoir un avis qui aura des chances d’être entendu. De plus, ce sont des lieux de sociabilité et d’entraide qui permettent de faire des rencontres, d’avoir du soutien et d'obtenir des informations ou un coup de main.

 

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Emma Voglimacci Stephanopoli

Étudiante à Sciences Po Lille, elle rejoint l'équipe du Petit Journal de Berlin en février 2022, prête à découvrir la ville, ses habitants et sa communauté d'expatriés francophones !
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Emma Granier

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