Quelle est l'histoire de la porte de Brandebourg ?

Par Jill-Manon Bordellay | Publié le 02/06/2022 à 13:30 | Mis à jour le 02/06/2022 à 13:30
Photo : © Mia Moessinger - Unsplash
Porte de brandebourg

Une porte est toujours un passage d’un lieu à un autre. La porte de Brandebourg a été plus qu’un passage, elle est le symbole de Berlin mais encore davantage de l’Allemagne.

Tous les événements importants de l’histoire de Berlin sont liés à la porte de Brandebourg comme symbole de la ville, mais aussi de l’Etat. Ainsi, c’est sous la pression de plus de 100 000 personnes que vingt-huit ans après sa construction, le mur fut enfin rouvert au niveau de la porte le 22 décembre 1989.

 

La Porte de Brandebourg est l’un des sites les plus emblématiques de la ville dynamique qu’est Berlin. Plus que la seule porte historique encore debout, ce site est devenu le symbole de la division de Berlin entre l’est et l’ouest lors de la guerre froide, mais aussi de la réunification.

 

Une création néo-classique

La porte de Brandebourg (Brandenburger Tor en allemand) se situe à l’entrée de l’ancien Berlin. Elle fut érigée par Carl Gotthard Langhans (1732-1808) pour le roi de Prusse Frédéric-Guillaume II (1744-1797) dans un style néoclassique s’inspirant du Propylée de l’Acropole d’Athènes. Elle est construite en grès, représentant l’un des exemples les plus anciens et les plus intéressants de bâtiment néo-classique en Allemagne. Supportée par deux rangées de six colonnes doriques, la porte de Brandebourg mesure 26 mètres de hauteur, 65,5 mètres de long et 11 mètres de profondeur.

 

Sa situation à Berlin

La porte de Brandebourg est tournée vers la Pariser Platz, l’une des places considérées comme les plus intéressantes de la ville. Vers la fin de la Seconde Guerre mondiale, les bâtiments entourant cette place étaient en ruines. Ce quartier central ne fut reconstruit qu’à partir de 1990, après la réunification allemande, et les bâtiments comprennent aujourd’hui d’élégantes immeubles, des ambassades et l’impressionnant hôtel cinq étoiles Adlon.

 

Une histoire douloureuse

Elle est couronnée du quadrige de Johann Gottfried Schadow (1764-1850) figurant la déesse de la Victoire sur un char tiré par quatre chevaux. En 1806, Napoléon Bonaparte l’installe à Paris, comme butin ; mais après la victoire des troupes alliées contre Napoléon en 1815, le quadrige a été retrouvé par les soldats du général Blücher encore emballé dans des caisses et renvoyé à Berlin.

Lors de l’Empire allemand (1871-1918), seul le Kaiser pouvait passer sous le passage central. Lors de la bataille de Berlin, la statue fut endommagée, mais a été rénovée par la suite.

 

Beaucoup plus tard, Hitler a fait tourner le quadrige vers l’ouest, pour exprimer ses désirs de puissance et de conquête, mais il est possible que cela appartienne davantage à la légende qu’à l’histoire. Après le Seconde Guerre mondiale, le quadrige a été détruit, mais il a été reconstruit, sans la Croix de fer ni l’aigle de Prusse qui trônaient au-dessus du quadrige, dans le but de renouer avec les intentions pacifiques originelles, mais lors de sa dernière restauration, après la réunification allemande, le quadrige retrouva les insignes de la victoire de la Prusse.


En 1946 avec la division d’après-guerre de l’Allemagne et de Berlin, la porte de Brandebourg fut incluse dans le secteur soviétique. La ville de Berlin fut divisée en deux et la porte de Brandebourg se situa dans la zone est. Avec la construction du mur, le 13 août 1961, elle se retrouva dans un lieu particulier gardé par les soldats de la RDA. La porte de Brandebourg ne pouvait plus alors être traversée.

Après la chute du mur, l’ouverture officielle de la Porte de Brandebourg permit à la foule de se presser dans le quartier pour fêter leur premier Jour de l’An ensemble.

Aujourd’hui, plus encore que n’importe quel autre site de la ville, la Porte de Brandebourg symbolise Berlin réunifié.

 

La Porte de Brandebourg ne ferme jamais, elle est l’étoile vivante de la ville de Berlin qui réunit les Berlinois pour profiter de l’atmosphère fantastique de la fête du Jour de l’An, avec la musique et de superbes feux d’artifice qui la couronne d’étoiles scintillantes. Mais à toute saison, la porte accueille des visiteurs du monde entier, s’ouvre à l’histoire, à la légende et à l’avenir. La Porte de Brandebourg est le passage obligé qui mène à la paix.

 

 

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Jill-Manon Bordellay

Jill-Manon Bordellay

Docteure en Philosophie, Littérature comparée et Psychologie, collaboratrice à l'Encyclopédie Universalis, elle a écrit plusieurs essais et nouvelles traitant de l'Art et de la relation entre les humains et les animaux.
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Emma Granier

Rédactrice en chef de l'édition Berlin.

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