L’engagement du monde de l’art berlinois contre la guerre en Ukraine

Par Héloïse Leclercq | Publié le 13/04/2022 à 11:25 | Mis à jour le 16/04/2022 à 10:29
Photo : © instagram - Neue Nationalgalerie
instagram Neue Nationalgalerie aide ukraine

Depuis le début du conflit en Ukraine, les artistes et collectifs sont condamnés au silence. Face à l’oppression, les institutions culturelles de Berlin ne cessent de manifester leur soutien.

 

Donner une voix aux artistes ukrainiens

En réaction au sentiment d’impuissance face à la guerre menée par Vladimir Poutine, la solidarité est portée via des projets caritatifs notamment dans le milieu culturel berlinois. Face à l'afflux massif d'exilés ukrainiens, l'Allemagne ne manque pas d'initiatives pour leur offrir les meilleures conditions d'accueil possible. Le gouvernement allemand, par ses aides sociales allouées aux réfugiés ukrainiens mais aussi les associations, ONG, collectifs, musées et fondations font leur possible pour trouver des emplois et donner de la visibilité aux artistes ukrainiens. Tandis que certains artistes et intellectuels ukrainiens ont décidé de prendre les armes dans un élan de patriotisme pour défendre leur pays, d’autres ont dû fuir. La multiplication des événements caritatifs à Berlin souligne une volonté solidaire d’aide face à la violence du conflit en cours. L’aide apportée est faite sous forme de dons d’argent, de médicaments, d’aide aux réfugiés, de soutien bénévole et par un engagement local comme le précise le ministère de la culture et des médias.

 

 

L’engagement politique des lieux culturels

Les institutions culturelles privées et publiques berlinoises font leur possible pour alimenter les associations caritatives aidant les ukrainiens. Une action impliquant de nombreuses institutions berlinoises a été lancée depuis quelques semaines : « Notre espace pour vous aider » regroupe la Berlinische Galerie, la Gemäldegalerie, Hausa am Waldsee, la Neue Nationalgalerie ou encore Kunst Werke. L’objectif de cette action conjointe est de récolter les dons et d’organiser des actions caritatives au profit d’associations humanitaires visant à aider les victimes du conflit en cours. Le directeur de la Neue Nationalegalerie, Klaus Biesenbach, a organisé il y a moins d’un mois des collectes de dons au sein du musée et l’accès à des interactions sociales pour des réfugiés de guerre. Le lieu a donc servi à la fois de point de rencontre et de collecte caritative avec des points d’accès au wifi, des banques alimentaires et la mise à disposition de batteries de smartphones. Des artistes ont aussi été annoncés lors d’événements et la Neue Nationalgalerie a finalement réuni 250 000 € dédiés aux associations humanitaires en Ukraine.

 

De la même façon, la Fondation d'art Ernst von Siemens basée à Berlin, a orchestré un programme financier permettant l’intégration des réfugiés ukrainiens grâce à l’emploi dans les institutions culturelles. La fondation soutient financièrement chaque musée allemand en capacité d’employer un médiateur culturel ayant travaillé auparavant dans les institutions ukrainiennes, afin de favoriser leur intégration ; les contrats sont prévus sur une durée d’un an et peuvent être renouvelés à échéance. Le festival international de littérature de Berlin a également lancé des actions de levée de fonds impliquant des écrivains ukrainiens lors de lectures. Des artistes, photographes et écrivains ukrainiens tels que Yuriy Gurzhy, Yevgenia Belorusets ou Katja Petrowskaja ont été invités à lire des textes sur la Bebelplatz à Berlin. Enfin, de nombreux concerts ont été organisés par des étudiants des académies de musique Barenboim-Said et Hanns Eisler afin de récolter des fonds pour les organisations d’aide.

 

Les réfugiés ukrainiens trouvent aussi une aide au travers du secteur culturel par des projets cinématographiques visant à informer sur la situation et à archiver la violence du conflit afin que celui-ci ne puisse être ni oublié ni nié dans le futur. Le projet Filmmakers-for-Ukraine, qui rassemble des informations provenant entre autres du secteur cinématographique est un exemple à l’initiative du collectif Crew United en signe de solidarité.

 

 

De la même façon, les galeries d’art sont investies contre le conflit et pour l’aide des artistes. La fondation Peace for art a été lancée en urgence par les galeristes Cornélia Schmidmayr et Yvanna Bogdanova-Bertrand, installées à Berlin et à Kiev . Le fonds de dotation est basé en France et collecte depuis le 17 mars les dons destinés à la protection des artistes et du patrimoine culturel ukrainien.

 

La multiplication des initiatives engagées par le milieu culturel berlinois pour soutenir les artistes restés en Ukraine via les associations humanitaires souligne l’importance de l’art comme moyen d’expression des opprimés. L’art peut être instrumentalisé en temps de guerre ou au contraire servir d’arme contre l’opposant ; dans le cas de la guerre en Ukraine, il devient primordial de soutenir le milieu artistique afin de documenter et garder en mémoire une trace du conflit au travers d’œuvres diverses. Au-delà de l’aide humanitaire, il s’agit aussi de permettre le contact et la réinsertion dans un nouveau pays par le travail. Les aides des institutions culturelles et artistiques berlinoises sont fondamentales et aident, à leur échelle, les artistes ukrainiens à retrouver des conditions d’existence décentes.

 

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Héloïse Leclercq

Étudiante à Berlin depuis septembre 2021, Héloïse est en double diplôme d'histoire de l'art et en école de commerce. Elle aime découvrir Berlin et ses habitants au travers des événements culturels et artistiques.
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Emma Granier

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