Miki Leal au CAC Malaga !

Par Bernard Frontero | Publié le 24/12/2020 à 00:11 | Mis à jour le 24/12/2020 à 01:26
Miki Leal CAC Malaga

Le Centre d'Art Contemporain de Málaga présente Gente conocida / Derecho a entrar (Personnes célèbres / Droit d'entrée), l'exposition la plus importante à ce jour de Miki Leal, artiste célèbre pour ses peintures grand format sur papier, mais aussi pour ses installations, ses gravures ou ses céramiques. Près d'une centaine d'œuvres réalisées au cours de ces 15 dernières années, certaines d'entre elles ayant été créées spécialement pour cette exposition.

Miki Leal CAC Malaga
Photo:laboralcentrodearte.org

 

L'artiste définit sa méthode de travail comme anarchique puisqu'il commence par une esquisse très basique, puis il écrit l'œuvre comme s'il s'agissait d'un scénario à partir d'une toile vierge, dans laquelle il peint d'arrière en avant, en couches avec une peinture très aqueuse qui produit des glacis qui donnent à l'œuvre une personnalité différente.

 

Des œuvres qui invitent le spectateur à interpréter et à découvrir les différentes intrigues et les secrets qu'elles renferment.

 

 

Ses tableaux recréent une atmosphère théâtrale entre figuration et abstraction, créant une atmosphère narrative qui ouvrent les portes d’un monde imaginaire, parfois avec des références autobiographiques, où le spectateur est invité à voyager.

 

 

 

Les peintures de Miki Leal

Leal peint à partir de diverses sources visuelles telles que des scènes de film, des images inventées, des photographies, des coupures, des disques ou des livres, ainsi que ses propres sensations, souvenirs ou rêves. Ses oeuvres couvrent des thèmes aussi divers que le tennis, le jazz, le cinéma, la littérature, les livres, les paysages, les portraits, la céramique, la géométrie et la mode. Ses dernières œuvres s’intéressent à la manière dont la culture prend forme et se matérialise à travers la peinture. 

Ses peintures figuratives font autant référence à la peinture contemporaine qu'à l'art oriental, l'illustration, la bande dessinée ou l'image animée.

La musique

Miki Leal est un grand amoureux de la musique et de son esthétique, en particulier du jazz des années quarante à soixante et cela se voit dans l'œuvre intitulée Jam Session (2020), formée par une sorte de collage avec des billets de concerts tels que ceux de Miles Davis, John Coltrane, Thelonious Monk, Charlie Parker, Charles Mingus, Ornette Coleman ou Keith Jarrett ou l'œuvre Steal Away (2008) qui fait référence à l'album jazz de Charlie Haden et Hank Jones ou l'œuvre Del palosanto al ciprés (2020) basée sur la une guitare espagnole utilisée par Paco de Lucía.

Miki Leal Malaga

Le tennis

Sur ses oeuvres, il utilise souvent de vieilles photos de sportifs, de musiciens et de personnages qu'il admire, comme Los héroes (2020), basé sur une célèbre photo de quatre acteurs d'Hollywood, dont Marlon Brando.

Il utilise aussi le tennis, sport qu'il pratique fréquemment, dans des œuvres qui ressemblent à des T-shirts où il fait allusion à ses idoles Federer (2018), John McEnroe (2019) ou René Lacoste (2018) ainsi qu'à des marques de vêtements de tennis comme Lacoste ou Fred Perry.

Le samouraï 

Dans ses peintures récentes, il utilise le samouraï comme une métaphore de la figure de l'artiste, pour exprimer le défi d’être confronté à la création d'une nouvelle œuvre, La sombra del Samurái (2020) et La risa del samurái (L'ombre du samouraï ou Le rire du samouraï) en sont un exemple.

Miki Leal Malaga

Les peintres

Il montre aussi sa  la relation avec les peintres qui l'ont précédée, dans un travail récent intitulé Ribera, Goya, Solana, Rafael, Rothko, (...), (2020) où les noms desdits artistes quittent le tableau pour faire partie de l'affiche.

Une de ses séries les plus récentes intitulée El punto exacto (2020) traite d'œuvres inachevées qui montrent des émotions et il utilise des pièces découpées ou des matériaux recyclés sous forme de collages pour représenter des chemises pliées ou un personnage sautant par-dessus un filet de tennis.

Les formes

Les formes géométriques sont aussi d’importance dans l'œuvre de Miki Leal, comme celle intitulée Kind of Blue (2008), dont le format circulaire rend hommage au célèbre album de Miles Davis, ou les rectangles qui se détachent dans les peintures des courts de tennis comme Roland Garros (2016) ou Wimbledon (2016), D'autres font allusion aux sols en marbre des églises, comme les trois ouvrages Foro italico (La réflexion) (2018) où il est fait allusion au complexe sportif de Rome, qui sert de référence pour la création de divers courts de tennis en carreaux de céramique.

L’architecture 

Miki Leal montre son intérêt pour l'architecture et le design à travers les formes triangulaires faisant allusion aux frontons des temples qui se voient dans ses œuvres Tímpano en sombra  (2014), La mudanza (2015), Pirámide, Tímpano Memphis (2014), faisant allusion au collectif italien d'architectes et de designers fondé par Ettore Sottsass appelé Memphis Group dans les années quatre-vingt ou au designer américain dont le titre donne le nom au Timpano Eames (2014). Référence est faite aussi à la maison Sommerfeld la Casa Sommerfeld (1920-1921), construite à Berlin par Walter Gropius et Adolf Meyer, le premier projet du Bauhaus.

Miki Leal Malaga

Les céramiques de Miki Leal

L'intérêt de Miki Leal pour le dépassement des limites, la bidimensionnalité, ainsi que pour l'exploration des relations spatiales entre les objets, l'a conduit au nouveau médium qu'est la céramique.

Au cours de la dernière décennie, Leal s'est tourné vers la céramique comme une forme de réflexion sur son identité, liée à ses racines, puisque ses deux grandes-tantes étaient les peintres du Marquis de Pickman de Palmeras auquel il rend hommage dans La pintora de palmeras (Tía abuela Concha) (2019).

Ses céramiques peuvent prendre différentes formes, des récipients classiques comme El griego ou El prehistórico (tous deux de 2019) aux sculptures indépendantes comme les deux œuvres intitulées El potasio y la trayectoria I y II, (toutes deux de 2018), une banane reposant sur une tasse à café traversée par une sorte d'épingle ou la colonne minérale appelée Ibiza Zen I (2018)

 

 Exposition au CAC Malaga jusqu’au 21 février 2021 

Commissaire: Alberto Martin

Miki Leal (Séville, 1974) a étudié les beaux-arts à l'université de Séville. Il est lauréat du Prix Actes Sud/Altadis 2006 pour les Arts Plastiques

 

Parmi ses expositions individuelles, se distingue Cocodrilos en la pista. Estudio de para una pieza Camp. Centro de Arte de Alconbendas, Madrid (2019) ; DANDY'S Match, County Hall Gallery, Londres, Royaume-Uni (2018) ; En la línea de fondo, F2 Gallery, Madrid, Espagne (2017) ; Plato combinado, Centro Andaluz de Arte Contemporáneo, Séville, Espagne (2013) ; Mikithology, Fúcares Gallery, Almagro, Espagne (2009) ou El estudiantine del Pintor, Paolo Maria Deanesi Gallery, Rovereto, Italie (2006), entre autres. On peut trouver ses œuvres dans des musées de référence tels que le CAC Málaga, ARTIUM Vitoria, MUSAC, Museo Nacional Centro de Arte Reina Sofía ou le musée BBAA de Santander.

 

 

bernard frontero

Bernard Frontero

Directeur de l’édition LePetitJournal.com/Andalousie. Ayant collaboré avec la presse francophone au cours de 25 passionnantes et dynamiques années en assurant la direction de centres culturels français à travers le monde
0 Commentaire (s) Réagir

Soutenez la rédaction Andalousie !

En contribuant, vous participez à garantir sa qualité et son indépendance.

Je soutiens !

Merci !

Bernard Frontero

Rédacteur en chef de l'édition Andalousie.

À lire sur votre édition locale
À lire sur votre édition internationale