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Lutte contre les violences domestiques: l’Espagne, un exemple pour l’Europe

Par Anne Blitz | Publié le 17/01/2022 à 13:23 | Mis à jour le 19/01/2022 à 23:14
Panneau contre les violences faites aux femmes

Depuis des décennies, sur le plan de la violence domestique, il existe une grande disparité entre les pays européens. La gestion espagnole de ce dramatique phénomène est souvent citée en exemple

La gestion espagnole des violences domestiques, un exemple pour l’Europe. 

En raison de la crise sanitaire, les états membres de l’OMS EUROPE ont enregistré une hausse de 60% des appels d’urgence de la part de femmes victimes de violences conjugales, comparé à l’année 2019. La Finlande, le Danemark, la Lettonie et la Roumanie enregistrent près du double d’agressions que l’Europe méditerranéenne.

Violences aux femmes

 

C’est le tragique destin d’Ana Orantes brulée vive à 60 ans par son ex-mari en 1997 dans la région de Grenade qui a déclenché une réforme du Code Pénal espagnol en 1999. Ana Orantes avait témoigné de sa maltraitance lors d’une émission sur Canal Sur, deux semaines avant son assassinat et ce fait divers avait profondément touché le peuple espagnol.

Calle Orante Granada

Ces dernières années, de nombreuses villes ont honoré Ana Orantes en donnant son nom à une rue, par exemple à Séville et Cadix, à un Rond-Point à Marbella ou à un parc, à Grenade.

La réforme du Code Pénal permet de mettre en place des mesures de protection

De son côté, la Région autonome d’Andalousie crée en 2002 l’Observatoire Andalou de la violence de Genre. Cet Observatoire réalise un travail permanent de reconnaissance en recherchant principalement les causes, les conséquences et les facteurs de risque de ces violences afin de pouvoir mettre en place des mesures adéquates.

En 2004, la loi se durcit avec des mesures de protection intégrale contre la violence de genre. Environ la moitié des personnes concernées appellent à l’aide, il est par conséquent indispensable que les professionnels de la santé puissent détecter très rapidement le niveau de danger d’une situation. Les magistrats, médecins et forces de l’ordre reçoivent alors des formations obligatoires. Les victimes, quant à elles, peuvent bénéficier d’aides gratuites, tant juridiques qu’économiques et psychologiques.

Un bracelet électronique pour les plus violents

Depuis 2009, en Espagne, les partenaires ou ex-partenaires les plus violents reçoivent un bracelet électronique. En 2019, le nombre de meurtres par partenaire ou ex-partenaire étant trois fois plus élevé en France (152 femmes assassinées) qu’en Espagne (55 femmes assassinées), le gouvernement français, sous l’impulsion de Marlène Schiappa, a décidé de prendre exemple sur son voisin et mis en place le bracelet électronique. Il aura fallu attendre 10 ans…

Le Pacte nationalPacto de Estado Violencia de género

Enfin, dernière avancée notable, le gouvernement espagnol signe en 2017 un pacte national sur la violence de genre. Ce pacte réunit de nombreuses institutions, organisations et experts. Les mesures de protection prises en 2004 y sont renforcées, il incorpore la protection des enfants des victimes et une lutte globale pour l’égalité et contre le sexisme.

 

Des possibilités d’appel à l’aide bien communiquées

On peut également observer que le gouvernement et les associations attirent l’attention quotidiennement sur la possibilité d’appeler à l’aide. On trouve très souvent le numéro de téléphone d’assistance dans de nombreux endroits…et notamment dans certaines toilettes pour femmes. Tout est fait pour sensibiliser la population, il n’est pas rare de trouver un panneau de sens interdit faisant allusion à la violence domestique. 

En Espagne, sont considérées comme violence domestique :

• Violence physique : celle-ci inclut tout usage de la force de l’homme envers le corps de la femme.

• Violence psychologique : cela inclut toute conduite verbale ou non ayant pour conséquence la dévalorisation de la femme et la souffrance par des menaces, humiliations, vexations, exigence d’obéissance ou de soumission, insultes, isolement ou toute atteinte à sa liberté. 

• Violence sexuelle et abus sexuels : cela inclut tout acte de nature sexuelle non consenti par la femme. 

• Violence économique : cela inclut la privation intentionnée de ressources pour le bien être physique ou psychologique de la femme et de l’impossibilité à la femme d’accéder au marché de l’emploi afin de générer une dépendance.

Assistance aux victimes de violence domestique

• Téléphone national d’aide 016

• Institut andalou de la femme 900 200 999

• Aide aux personnes avec handicap auditif ou de la parole  900 116 016

Portrait Anne Blitz

Anne Blitz

Anne Blitz a été en poste 20 ans à la Commission européenne à Bruxelles à la Direction Générale de la Recherche scientifique & Innovation, principalement dans le domaine des Ressources Humaines et de la gestion de Projets de Recherche.
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Bernard Frontero

Rédacteur en chef de l'éditon Andalousie.

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