Édition internationale

Être piéton à Berlin, c’est tout un art

Dans la capitale, traverser au rouge est très mal vu, même sans voiture à l’horizon. Les piétons respectent scrupuleusement le feu, apprennent tôt ces règles à leurs enfants et s’aident parfois de mystérieux boîtiers jaunes fixés aux poteaux.

piétons qui traversent la ruepiétons qui traversent la rue
© Selcuk Sarikoz – pexels
Écrit par Alicia Faure
Publié le 19 janvier 2026

À peine arrivé à Berlin, un détail frappe rapidement : ici, on ne traverse pas n’importe comment. Devant les passages piétons, les gens patientent sagement, même lorsqu’aucune voiture n’apparaît au bout de la rue. Attendre le bonhomme vert n’est pas seulement une question de sécurité, c’est presque un réflexe collectif, une norme sociale pleinement intégrée. 
 

Une norme à respecter 

Le célèbre Ampelmann, avec sa petite silhouette rouge ou verte, structure le rythme de la marche en ville. Traverser au rouge n’est pas seulement perçu comme dangereux, mais aussi comme un manque de respect pour les autres. Beaucoup de Berlinois expliquent qu’ils font particulièrement attention à l’exemple donné aux enfants : si un adulte traverse au rouge, l’enfant s’en souviendra et imitera ce comportement plus tard. On voit souvent des parents ou des grands-parents retenir fermement la main d’un petit impatient, le temps que le signal passe au vert. 

 

Feux pour piétons
© Alicia Faure


D’un point de vue légal, le piéton n’est pas libre de traverser où bon lui semble. En Allemagne, le code de la route s’applique aussi aux marcheurs : il faut utiliser les passages piétons, respecter les feux, ne pas surgir brusquement sur la chaussée. En cas de contrôle, traverser au rouge peut théoriquement valoir une amende allant de 5 à 10 €.

Mais, au-delà de la sanction, c’est surtout le regard désapprobateur des autres qui dissuade de braver le signal. L’espace public fonctionne en grande partie sur cette discipline partagée. 
 

Les mystérieuses boîtes jaunes 

Vous avez sûrement déjà remarqué ces drôles de boîtiers jaunes fixés aux poteaux des feux sur certains carrefours, dans les quartiers résidentiels ou aux abords des écoles. À première vue, ils intriguent : une petite surface à toucher, parfois un pictogramme, ils émettent parfois même un léger cliquetis. S'ils font penser aux boutons que l’on peut apercevoir en France permettant de signaler sa présence et de traverser, ce n’est pas forcément le cas. Alors inutile d’écraser votre main sur leur surface si vous voulez réduire votre temps d’attente, car dans bon nombre de cas, cela ne fonctionnera pas.  

 

Boîtiers jaunes aux passages piétons
© Alicia Faure et Littlemacaque_ - Reddit 


Ces trois points noirs sur fond jaune sont un symbole connu en Allemagne et qui représente la cécité. Les boîtiers émettent une légère vibration ou un clic régulier lorsque le feu est rouge. Bien souvent, un bouton se situe juste en dessous, signalé grâce à l’écriture en braille. En posant sa paume dessus, cela l’active et un signal sonore différent est émis quand le feu passe au vert. Cela permet ainsi aux malvoyants de traverser en toute sécurité.  

Pour les plus impatients d’entre vous, pas de panique, il existe tout de même certains boîtiers permettant d’indiquer la présence de piétons et de faire passer le feu au vert plus rapidement. C'est une simple légende urbaine pour certains, qui affirment que cela n’influe absolument pas sur le cycle des feux. Vous les reconnaîtrez facilement car ils se composent différemment des précédents.  

 

Bouton pour activer le feu vert au passage piétons
© Jules Germain Formel


Sur le dessus, une partie rouge avec une indication “Signal kommt”, soit “le signal arrive” s’illumine lorsque vous appuyez dessus, signifiant votre présence au cycle. C’est plutôt sur ceux-là qu’il faut compter si vous êtes un peu pressé.  

Au final, marcher à Berlin, c’est accepter de s’inscrire dans cette chorégraphie collective faite de patience, de règles et de respect. Pour les nouveaux arrivants, cela demande parfois un peu d’adaptation : résister à la tentation de filer au milieu de la rue vide, s’habituer à attendre quelques secondes de plus, prendre conscience qu’ici la sécurité piétonne est l’affaire de tous. Mais vous verrez que très vite, vous vous surprendrez à vous aussi devenir ce piéton qui s’arrête net au rouge et qui attend patiemment que la ville lui donne le feu vert. 

 

Pour recevoir gratuitement notre newsletter, inscrivez-vous en cliquant sur l’icône enveloppe en haut de la page ! 

Pour nous suivre sur FacebookTwitterLinkedIn et Instagram

Commentaires

Votre email ne sera jamais publié sur le site.

Sujets du moment

Flash infos