À Berlin, jeter ses déchets, c’est presque un examen de citoyenneté. Entre poubelles jaunes, bleues, brunes, verre trié par couleur et bouteilles consignées, le système peut dérouter les nouveaux arrivants. Petit guide pour comprendre qui va où… et éviter de fâcher voisins et éboueurs.


Dans la métropole, sortir les poubelles n’est pas qu’une corvée ménagère, c’est un sport de précision. Chaque couleur a sa fonction, et une erreur de tri peut valoir soupir du voisin, avertissement ou benne à ordure ignorée des éboueurs.
Un tri haut en couleurs
La base, ce sont les bacs de couleurs. C'est un véritable arc-en-ciel de bennes dans lequel il est simple de se perdre au début. Alors petit récap !
La poubelle bleue
Le bleu est réservé au papier et au carton : journaux, emballages en carton, enveloppes, boîtes de colis (aplatis, c’est mieux), mais pas les mouchoirs sales ni le papier déjà souillé de nourriture.

La poubelle jaune ou orange
Le jaune (ou parfois orange) est la fameuse Wertstofftonne, pour les emballages en plastique, métal ou composites : barquettes, films plastiques, conserves, briques de lait ou de jus.

Ces déchets sont souvent reconnaissables grâce au logo « Grüner Punkt », mais si vous le connaissez, ce sont les célèbres flèches vertes.

La poubelle marron
Le marron, quant à elle, est dédié aux déchets organiques, le Biomüll : restes de fruits et légumes, marc de café, filtres, sachets de thé, coquilles d’œufs, petits déchets de jardin. Ce qui surprend souvent, c’est l’interdiction d’y mettre le plastique, y compris les sacs dits « biodégradables », rejetés par le service de propreté BSR car ils se décomposent trop lentement. S'il y a de trop nombreuses erreurs, la poubelle peut être refusée au ramassage et vous pouvez trouver un gentil petit flyer vous expliquant comment il faut s’y prendre. Depuis mai 2025 de nouvelles règles nationales prévoient également des amendes pouvant aller jusqu’à 2 500 euros en cas de non-respect persistant.

La poubelle noire
Tout ce qui ne trouve pas sa place dans ces catégories finit dans le Restmüll, la poubelle grise ou noire : aspirateur plein, couches, litière, mégots de cigarette, objets non recyclables.

Les bennes pour le verre
Le verre, lui, a droit à un traitement spécial : il se dépose dans des conteneurs publics, généralement installés au coin des rues ou près des supermarchés, et est trié par couleur : transparent, vert et marron.

Les consignes
À côté de ce système déjà bien dense existe une autre star du tri berlinois : le Pfand, la consigne sur les bouteilles en verre, plastique recyclable ou non réutilisable mais aussi sur certaines canettes. Pour beaucoup de boissons, on paie entre 8 et 25 centimes qui sont récupérés en rapportant les contenants vides dans les machines des supermarchés appelées Pfandautomat ou Leergutautomat.

La tactique est simple, vous ramenez votre sac rempli de bouteilles vides et vous les glissez une par une dans l’orifice prévu à cet effet. La machine va faire le reste et scanner les codes-barres afin de déterminer le montant de la caution. Une fois votre sac vide, vous n’avez plus qu’à imprimer votre coupon et à l’utiliser lors de vos prochaines courses.
Bon à savoir : Beaucoup de sans-abris collectent les bouteilles afin de récupérer les bon d’achats pour s’acheter de quoi manger. Alors si vous vous sentez l’âme charitable n’hésitez pas à leur donner vos contenants ou bien directement vos bons.
Quand il n’y en a plus, il y en a encore
Le tri ne s’arrête pas là : piles, appareils électroniques, ampoules spéciales, encombrants et produits dangereux (peintures, solvants) doivent être déposés dans des points de collecte spécifiques ou dans les centres de recyclage BSR. Pour s’y retrouver, la BSR met à disposition des brochures et un guide en ligne détaillant où va chaque type de déchet, ainsi que les jours de collecte par quartier.
Pour les nouveaux arrivants, ce système peut paraître labyrinthique, mais il fait partie du quotidien à Berlin. Avec quelques jours d’observation des poubelles de la cour et un peu de patience devant les machines à Pfand, on finit vite par trier comme un local et par ressentir une petite fierté quand chaque déchet trouve sa place exacte.
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