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Le Cid et Babieca : une relation fusionnelle

Par Jill-Manon Bordellay | Publié le 13/12/2021 à 18:06 | Mis à jour le 14/12/2021 à 11:11
Photo : Le Cid par Yuchi Hao
Un chevalier au bord de la mer autour de trois soldats agenouillés

La réputation du Cid n’est plus à faire. Seigneur guerrier, qui sort de l’histoire pour rejoindre la légende, Rodrigue, chevalier du XIème siècle, est l’emblème de la Castille et le héros de la Reconquista. Mais connait-on l'histoire de son fidèle destrier Babieca ? 

On ne sait plus très bien si la légende n’a pas pris le pas sur le récit historique. Le Cid vient de l’arabe Sidi qui veut dire seigneur. Ce surnom a été donné à Rodrigo Diaz de Vivar, né en 1043, à Vivar, près de Burgos, chevalier chrétien de la noblesse espagnole qui est un acteur majeur de la Reconquista.

 

Babieca, le destrier de Rodrigo Díaz de Vivar

Babieca est le nom du destrier blanc que la légende et les sources littéraires attribuent à Rodrigo. Cet étalon castillan aurait été offert au Cid par son parrain le prêtre Gros Pierre.

Babieca est le grand protagoniste du Moyen Âge animalier hispanique. Son nom veut dire “baveux”, celui qui salive beaucoup. Ce beau cheval est rapide et léger comme les étalons arabes, robuste et résistant comme les chevaux espagnols. Selon la légende, Babieca fait son apparition surtout pendant la prise de Valence, lorsque le Cid, triomphant, vient sur lui à la rencontre de Chimène et de ses filles aux portes de la ville.

 

Un homme avec une barbe et une épée sur un cheval
Le Cid sur sa monture Babieca 

 

L’affrontement face aux Almoravides 

La plage de Valence est piétinée par des milliers de cavaliers en armure. L’armée du roi chrétien Alphonse VI affronte l’armée du sultan des Almoravides, Ben Youssouf (1006-1106). Cette chevauchée au matin du 10 Janvier 1099, au bord de la mer, sort du ventre des fortifications de la ville. Boucliers et épées, lances et flèches, gonfalons sont organes stratégiques de cet affrontement. Les bannières représentent la Castille, le Léon et les Asturies.

À l’avant, Rodrigo Diaz de Vivar conduit courageusement la cavalerie avec son cheval blanc à la magnifique crinière argentée. Depuis longtemps, ils parcourent tous les deux l’Espagne pour la reconquête contre les Maures.

Durant le siège, Rodrigo a choisi de combattre avec son fidèle destrier. Babieca ressemble au légendaire Pégase. Sur le sable et dans les vagues de la mer, il vole dans l’écume. Il revêt un harnais aux couleurs de Valence, recouvert de la lourde cape blanche du Cid.

Les archers lancent des milliers de flèches qui zèbrent l’horizon en direction des cavaliers au visage masqué. Les deux armées s’affrontent. Les chevaux tombent. Des hurlements estompent le bruit des vagues alors que des hommes sont transpercés par des lances et des flèches. Le choc des épées, la violence des coups, jettent la plupart des cavaliers à terre. Les combats sont d’une rare cruauté. Le sang des chrétiens égorgés coule sur le sable. Les Maures sont violemment cloués à terre par des lances.

 

Un chevalier sur un cheval blanc
Le Cid par Yuchi Hao

 

Babieca s’élance contre les cavaliers noirs, il écume, il hennit et emporte Rodrigo vers la victoire. Pourtant, une lance en plein cœur va mettre à mal le Cid ; il vacille sur son cheval, mais se redresse et se dirige vers les fortifications de Valence.

On entend : “Le Cid est mort ! Le Cid est mort !” Mais le cheval se cabre comme pour indiquer la victoire. La cape blanche est ensanglantée. Babieca est vaillant. Rodrigo descend de sa monture et cache sa blessure avec son bouclier. Le cheval ressent la tragédie de Rodrigue.
 

La mort du héros 

Le soir, le Cid s’éteint aux torches de la grande salle. Chimène pleure à son chevet.

Valence est revenue à la couronne chrétienne. Le Cid est mort en héros et Babieca l’a accompagné dans la victoire pour la reconquête chrétienne.


Légende ou Histoire 

L’histoire ou la légende raconte que Chimène aurait fait installer son mari défunt droit sur son destrier pour quitter la ville triomphalement. Il est dit que Babieca serait mort à l’âge de 40 ans, deux ans après le Cid, et qu’il aurait  été enterré à la porte du monastère de San Pedro de Cardena. Deux ormes ont été plantés, l’un à sa tête et l’autre à ses pieds.

 

Tous nos remerciements à l'artiste Yuchi Hao pour ses superbes illustrations de l'article. 

 

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Jill-Manon Bordellay

Jill-Manon Bordellay

Docteure en Philosophie, Littérature comparée et Psychologie, collaboratrice à l'Encyclopédie Universalis, elle a écrit plusieurs essais et nouvelles traitant de l'Art et de la relation entre les humains et les animaux.
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