Découvrez les 4 finalistes du Trophée Impact Social des Trophées des Français de l'étranger, parrainé par Malakoff Humanis.


Qui va succéder à Xavier Louis, lauréat du Trophée Impact Social lors des Trophées des Français de l'étranger 2025 ? En attendant la réponse en mars prochain, retrouvez les profils des cinq finalistes de cette édition 2026.

Eddy Dureuil, Co-fondateur d’Ecotime (Canada)
Lauréat du Trophée Entrepreneur des Trophées des Français du Canada 2025
Eddy Dureuil a commencé son parcours à Montréal en 2009, où son expérience à l’étranger a été une véritable école de vie, « façonnant son regard sur le monde » et renforçant ses convictions pour une innovation responsable. Selon lui, cette période « n’a pas été une parenthèse, mais un tournant décisif » dans son parcours entrepreneurial et humain. Il s’est installé à Montréal, au Québec, symbole d’un écosystème dynamique, bienveillant et inclusif, où « la diversité n’est pas un mot à la mode, mais une réalité vécue au quotidien ». Là, il a cofondé Ecotime, spécialisée dans la gestion intelligente de l’eau, avec pour objectif de « proposer des solutions concrètes, mesurables et accessibles face à l’urgence écologique et aux changements climatiques ». L’entreprise vise à rendre les villes plus résilientes par des innovations telles que capteurs intelligents et plateformes de suivi.
Son engagement communautaire est aussi notable : il a été « ambassadeur et porte-parole de la Jeune Chambre de commerce de Montréal », président d’honneur du Défi OSEntreprendre, et aujourd’hui, il est administrateur au Réseau Mentorat. Il souligne que dans ces rôles, « la place donnée à la transmission » crée un espace de confiance et stimule l’émergence des talents, expérience qu’il souhaite également transmettre dans ses projets d’innovation, pour « redonner à la société ».
Fortement lié à ses racines antillaises, notamment la Martinique et la Guyane, Eddy a créé une filiale d’Ecotime dans les Caraïbes, baptisée Ecotime Caraïbes. Il explique que sur ces territoires insulaires, « les défis liés à l’eau sont à la fois structurels et urgents » : sécheresses, coupures et vieillissement des infrastructures. La mission est d’y adapter « des solutions locales pour renforcer l’autonomie, préserver les ressources et améliorer la qualité de vie ».
Pour lui, son expérience internationale a permis de « connecter plusieurs mondes », allant de l’innovation technologique au Canada à l’engagement social en Amérique latine et dans les Caraïbes, tout en restant fidèle à ses valeurs de dignité, autonomie, justice et avenir. Il affirme que, « chaque territoire a ses forces, ses défis, mais aussi ses réponses propres », et que le rôle de l’entrepreneur engagé consiste à « faire émerger ces réponses et de les outiller avec rigueur, créativité et humilité ».
L’expérience à l’étranger lui a aussi appris à « agrandir sa zone de confort », naviguer dans l’inconnu, accepter l’échec comme une étape normale, et surtout, « ne jamais perdre de vue l’impact humain ». Il insiste sur l’écoute, la compréhension, et la co-construction, soulignant que sa « vision est de continuer à porter ces valeurs dans tous ses projets ». Pour lui, « le monde est vaste, mais les aspirations humaines se rejoignent : dignité, autonomie, justice, avenir ».
Ce qui rend son parcours exceptionnel, selon lui, n’est pas la quantité ou la taille des projets, mais « la constance à aligner ses valeurs avec ses actions », où « résilience, audace et impact » restent ses fils conducteurs. En tant que papa, il souligne que « depuis que je suis devenu père, tout a pris encore plus de sens ». Il est fier de « ce chemin parcouru, mais encore plus de ce qui reste à faire » : « L’aventure continue ».

Marie Kretz di Meglio, Fondatrice de Uplifters (Singapour)
Lauréate du Trophée Social et Humanitaire des Trophées des Français de l’ASEAN 2025
Engagée depuis plus de dix ans en Asie, Marie Kretz di Meglio a choisi de mettre son parcours d’entrepreneuse et de formatrice au service d’un public parmi les plus invisibilisés : les employées de maison migrantes. Installée successivement à Singapour puis à Hong Kong, elle fonde en 2018 l’ONG Uplifters, née d’un constat simple et alarmant : des millions de femmes quittent leur pays par nécessité économique pour travailler à l’étranger, souvent dans des conditions de grande précarité, sans accès à la formation, à l’épargne ni à des réseaux de soutien.
Selon l’Organisation internationale du Travail, ces travailleuses figurent parmi les migrantes les plus vulnérables. Isolées, vivant chez leurs employeurs et lourdement endettées pour obtenir un contrat, elles disposent de très peu de leviers pour améliorer durablement leur situation. C’est pour répondre à cette réalité que Marie crée Uplifters, avec une ambition claire : leur redonner du pouvoir d’agir tout au long de leur parcours migratoire.
Marie Kretz di Meglio pour une meilleure vie des employées de maison étrangères
L’ONG développe des formations gratuites, accessibles depuis un simple smartphone, diffusées via des plateformes familières comme Facebook. Son programme phare, Dare to Dream, permet aux participantes de renforcer leurs compétences en gestion financière, de préparer leur avenir et de prendre soin de leur santé mentale. À ce jour, plus de 9 500 femmes ont bénéficié des formations d’Uplifters, dont 83 % déclarent que le programme a profondément transformé leur vie. Les résultats sont concrets : 97 % épargnent désormais de l’argent contre 35 % auparavant, et la confiance en leur capacité à gérer leurs finances a plus que doublé.
Au-delà des contenus pédagogiques, l’impact d’Uplifters repose sur un modèle profondément humain et communautaire. L’organisation fonctionne par et pour les employées de maison : les anciennes participantes deviennent bénévoles, animatrices de groupes de soutien et référentes pour les nouvelles inscrites. Plus de 50 Team Leaders, elles-mêmes toujours en poste comme employées de maison, consacrent une partie de leur temps libre à accompagner leurs pairs, créant un écosystème solidaire, résilient et auto-suffisant.
Progressivement, l’offre s’est enrichie de formations professionnelles (soins aux enfants, communication avec les employeurs), de modules sur la santé physique et mentale, la parentalité à distance, ainsi que de programmes de micro-entrepreneuriat pour préparer le retour au pays. Certaines formations ont déjà été traduites en indonésien, et l’ONG est aujourd’hui enregistrée à la fois à Hong Kong et à Singapour, renforçant son ancrage régional.
Pour Marie Kretz di Meglio, la plus grande réussite réside dans cette dynamique collective : « avoir créé un espace où ces femmes peuvent apprendre ensemble, s’entraider et reprendre confiance en leur capacité à construire un avenir meilleur ». L’impact d’Uplifters dépasse désormais les bénéficiaires directes, puisque de nombreuses anciennes élèves lancent à leur tour des initiatives locales pour soutenir leur communauté.
Aujourd’hui, Uplifters compte 5 à 7 salariés, 5 administrateurs, plus de 50 bénévoles actifs et a mobilisé 1,7 million de dollars de dons et bourses depuis 2018. Unique en Asie par son format et son ampleur, l’ONG démontre que l’éducation, lorsqu’elle est accessible et ancrée dans la réalité du terrain, peut devenir un puissant levier d’émancipation sociale.

Alban Maino, Fondateur de Memory Lane TV (États-Unis)
Lauréat du Trophée Social et Humanitaire des Trophées des Français des États-Unis 2025
Alban Maino a effectué un parcours exceptionnel marqué par une vie internationale et un engagement profond dans le domaine social, culturel et humanitaire. Né en France, il a grandi à Lagos, au Nigeria, ce qui lui a permis de développer une perspective globale, une ouverture d’esprit et une adaptabilité. Son enfance en Afrique lui a enseigné la richesse des diverses cultures et la nécessité d’être un citoyen du monde, ce qui guide sa philosophie de vie.
Alban Maino - « Avec Memory Lane TV, les gens atteints d’Alzheimer revivent »
Dès son adolescence, Alban a été initié à la découverte à travers des voyages en famille, notamment en Italie où il passait ses étés dans les montagnes du Piémont, renforçant son lien avec la nature et les traditions européennes. Son expérience d’un peu plus de trente ans, partagé entre la France et les États-Unis, lui a permis de créer un pont entre ces deux cultures, enrichissant sa vision personnelle et professionnelle, notamment dans le domaine du cinéma.
Installé sur une île au large de la Nouvelle-Angleterre, Alban a développé sa carrière de réalisateur et producteur, voyageant pour capturer des histoires du monde entier et favoriser le dialogue interculturel.
En 2014, il emménage à Portland (Maine) où il lance Memory Lane TV, la première plateforme de streaming thérapeutique conçue pour les patients atteints de la maladie d’Alzheimer et leurs aidants. Cette initiative, alliant son expertise en audiovisuel et sa sensibilité interculturelle, représente une synthèse de ses expériences internationales et de son désir d’impact social.
Memory Lane TV a un impact quantifiable : plus de 1200 films thérapeutiques, des partenariats avec des institutions prestigieuses, et des effets cliniques positifs prouvés, notamment une amélioration du bien-être des patients et une réduction de l’usage de médicaments. Cependant, faute de financement, le projet est aujourd’hui menacé. Alban cherche à mobiliser la communauté pour faire reconnaître cette plateforme comme un bien public, permettant ainsi d'en assurer la pérennité et l'accessibilité universelle.
Par ailleurs, Alban est très actif dans la promotion de la culture francophone via le Festival Champlain, qu’il a fondé à Portland, et dans le renforcement des liens franco-américains à travers sa participation à diverses associations telles que l’Alliance française et la chambre de commerce de la Nouvelle-Angleterre. Son engagement dans l’accompagnement des personnes en fin de vie, notamment à travers sa participation à l’Institut de la Vie, témoigne aussi de sa dimension humaine et de sa volonté de prodiguer dignité et compassion.
Il a également contribué à la création d’initiatives pédagogiques innovantes en lançant l’association Enfancillages, qui a permis à des artistes de collaborer avec le milieu scolaire pour enrichir l’éducation et promouvoir la créativité. Reconnu par sa nomination comme Consul honoraire de France dans le Maine, Alban a touché directement ou indirectement des dizaines de milliers de personnes à travers ses projets : familles, patients, artistes, jeunes et communautés culturelles. Son travail a permis d’améliorer la qualité de vie de nombreux vulnérables, de renforcer la coopération culturelle franco-américaine et de promouvoir l’art comme vecteur de transformation sociale.

Erwan Molina, Co-fondateur d’Arkeobots (Espagne)
Très tôt confronté à la question de la solitude des personnes âgées, Erwan Molina a transformé une histoire familiale intime en moteur d’innovation sociale. Né en région parisienne, il grandit entre Bagnolet, Montreuil et la Normandie avant de s’installer à Barcelone à l’adolescence, un choix motivé par la volonté de sa famille de se rapprocher de son grand-père paternel, alors en situation de fragilité et d’isolement. Cette expérience marque durablement son regard et nourrit sa réflexion sur le vieillissement, la dépendance et le lien social.
Scolarisé au Lycée Français de Barcelone, où il obtient son baccalauréat en 2019, Erwan poursuit ensuite ses études à Epitech Barcelone. C’est là qu’il découvre l’ingénierie informatique comme un levier possible au service de l’humain. Loin d’une approche purement technologique, il développe la conviction que la tech doit répondre à des besoins concrets, émotionnels et sociaux, en particulier pour les publics les plus vulnérables.
En 2023, un projet académique devient progressivement une aventure entrepreneuriale. Deux ans plus tard, en 2025, Erwan cofonde Arkeobots S.L. avec Thomas Samson et Adèle Zoaeter. Ensemble, ils conçoivent Arkeo, un robot social humanoïde destiné à accompagner les personnes âgées isolées, favoriser les interactions, stimuler la conversation et rompre le sentiment de solitude. Présenté lors d’événements majeurs comme FiraGran à Barcelone, le prototype suscite rapidement l’intérêt du public, des institutions et des médias.
Au-delà de l’innovation technologique, le projet se distingue par sa dimension sociale et inclusive. Là où la plupart des robots sociaux sont proposés à des prix très élevés, Arkeobots fait le choix de l’accessibilité, avec un objectif de commercialisation autour de 4 000 euros, afin de permettre aux familles modestes et aux structures médico-sociales de s’en équiper. En Catalogne seulement, plus de 300 000 personnes âgées vivent seules, un chiffre qui confère à la mission d’Arkeobots une résonance particulière dans un contexte de vieillissement accéléré de la population européenne.
Soutenu par Barcelona Activa, sélectionné par les programmes DESPEGA de la Chambre de commerce espagnole et TEF Health, le projet poursuit aujourd’hui son développement avec une campagne de prévente et de financement participatif visant à industrialiser Arkeo et à préparer son lancement à grande échelle en 2026. Arkeobots a déjà investi près de 15 000 euros de fonds propres et mobilise une équipe fondatrice complémentaire, portée par une vision commune : remettre l’humain au cœur de la technologie.
Pour Erwan Molina, la réussite ne se mesure pas uniquement en lignes de code ou en performances techniques, mais dans les réactions suscitées sur le terrain : un sourire, une conversation retrouvée, un moment de complicité partagé. À seulement 23 ans, il incarne une nouvelle génération d’entrepreneurs sociaux européens, capables de conjuguer innovation, empathie et responsabilité sociale. « Quand je vois Arkeo provoquer un sourire ou créer un échange chez une personne âgée isolée, je sais que nous répondons à un besoin profondément essentiel. La technologie n’a de sens que si elle recrée du lien. »
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