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Le barbier, une tradition romaine

Par Noé MALAPRIS | Publié le 28/09/2021 à 07:45 | Mis à jour le 28/09/2021 à 11:54
Photo : Rome abrite l’unique musée du Barbier au monde.
Le barbier, une tradition romaine.

Alors que les salons de barbiers sont à la mode en France, Rome n’a pas attendu 2021 pour s’y mettre… Le barbier y est un métier traditionnel depuis l’Antiquité !

 

En effet, il était une marque de distinction de voir sa barbe entretenue par un professionnel. Le tonsor, qui coiffait les cheveux et la barbe dans la Rome antique, était respecté et nécessaire ; sa boutique, la tonstrina, était fréquentée par une clientèle distinguée qui en avait les moyens. Les hommes, surtout, s’y pressaient. Les plus fortunés y allaient quotidiennement et c’était un lieu de discussions, où l’on créait du lien social entre gens aisés. Les femmes riches étaient, elles, principalement coiffées par leurs esclaves. Elles se rendaient à la tonstrina pour les grandes occasions.

 

Une profession toujours plus importante… et structurée

Au fil des ans, le barbier est devenu un véritable repère de la société italienne. Les boutiques se multiplient et sont concentrées dans le centre historique. Une corporation est créée en 1440, appelée « Université des barbiers », ce qui montre l’importance croissante du barbier : c’est un véritable métier qui se forme. Et le moins qu’on puisse dire, c’est que le barbier est polyvalent. En plus de ses attributions capillaires, il réalise des soins dentaires et certaines opérations de chirurgie. À partir du XIIe siècle, les moines ne sont plus autorisés à soigner. Les barbiers prennent donc une importance proéminente à travers toute l’Europe, où se développe le concept du « barbier-chirurgien ».

 

À Rome, la guilde des barbiers met en place au XVIIe siècle une licence empêchant n’importe qui de se proclamer barbier : il faut réussir un examen concluant une dizaine d’années d’apprentissage auprès d’un maître, et être âgé de 25 ans au moins. Et si les compétences en matière de rasage sont évaluées, il est tout aussi attendu des aspirants barbiers qu’ils maîtrisent un socle solide de connaissances médicinales de l’époque. La sélection est naturellement nécessaire pour s’assurer de la santé des clients qui pouvaient être des patients, mais elle l’est moins à partir notamment du XVIIIe siècle où cette tradition du barbier-chirurgien s’estompe largement sous l’effet des progrès médicinaux, qui voient les métiers de la médecine s’affiner et demander bien davantage de connaissances.

 

Que reste-il de cette tradition antique ?

Populaire à Rome dès Antiquité puis au Moyen-Âge, ainsi qu’à la Renaissance, le salon de barbier revient à la mode de nos jours en Europe, et Rome n’échappe pas à la tendance. La capitale italienne abrite d’ailleurs l’unique musée du Barbier au monde. Inauguré en 2017, situé à deux pas de la Piazza di Spagna, l’on y peut admirer l’évolution du métier de barbier à travers les époques et les lieux : du matériel y est exposé, venant d’un peu partout dans le monde. Bien-sûr, les barbiers italiens y sont mis à l’honneur. Ouvert du mardi au samedi, le Museo del barbiere est une porte d’entrée vers un univers passionnant.

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Noé MALAPRIS

Noé MALAPRIS

Étudiant à Sciences Po, j'ai la chance de passer ma 3e année à Rome, où j'effectue un stage d'un semestre au Petit journal.
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