Chute de la natalité, l’Italie dans une impasse

Par Anaïs Lucien-Belliard | Publié le 23/03/2021 à 16:25 | Mis à jour le 23/03/2021 à 17:13
Chute de la natalité - Italie - impasse

Depuis plusieurs décennies maintenant, l’Europe occidentale traverse une grave crise démographique. Selon Eurostat, en 2019, 20,3 % de la population de l’Union Européenne était âgée de 65 ans et plus. Or, on estime qu’entre 2019 et 2100, la part des personnes âgées de 80 ans et plus devrait être multipliée par deux et demi. Ce n’est un secret pour personne, l’Italie arrive en tête des nations européennes dont le vieillissement de la population est le plus visible. Et comme un malheur n’arrive jamais seul, la botte est également l’un des États ayant le plus souffert des ravages du Sars-Cov-2.

 

L’Italie est l’un des pays avec le taux de fécondité le plus bas au monde, environ 1,3 nouveau-nés par famille en moyenne, contre 1,55 pour le reste de l’Union des 27. Or, en principe, le seuil de renouvellement de la population est de 2,1 enfants par famille. Mais ce n’est pas tout, le pays cumule également l’âge médian le plus élevé de l’UE, soit 46,7 ans. Les chiffres sont alarmants, critiques.

 

En 2019, le nombre de naissances en Italie s’élevait à 420 000, dont 328 000 naissances d’enfants dont les deux parents étaient italiens. En comparaison à l’année 2018, cela faisait 20 000 naissances en moins, et 142 000 de moins qu’en 2010. Il s’agit de la cinquième année consécutive où l’effondrement de la natalité vient se superposer à une hausse de la mortalité accélérée par la Covid-19, soit sept cent mille morts. Il s’agit du plus haut taux de mortalité enregistré ces quatre-vingts dernières années.

 

Âge médian - population - 2009-2019

 

Plusieurs causes justifient le déclin démographique de l’Italie, à commencer par la politique de soutien aux familles qui est peu développée en comparaison à ce que l’on peut observer en France, en Hongrie, ou en Suède. Selon Eurostat, le Bel Paese s’engage vers une « transition marquée vers une structure démographique beaucoup plus âgée », ce qui entrainera, une réduction de la proportion des personnes en âge de travailler, ainsi qu’une augmentation du nombre de retraités. Enfin, l’émigration des jeunes Italiens achève de fragiliser l’équilibre social et économique de la botte.

 

Ces divers phénomènes auront pour conséquence « d’alourdir la charge pour les personnes en âge de travailler, lesquelles devront supporter les dépenses sociales que représentent l’ensemble des services destinés à une population vieillissante ». Sans la mise en place de politiques volontaristes de la part de l’État, l’effondrement de la natalité en Italie promet des conséquences majeures et irréparables dans les décennies à venir.

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Marie Astrid Roy

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