Mercredi 19 janvier 2022
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Le Pilier d’Or du FIAF pour une ville plus désirable et verte

Par Rédaction - New York | Publié le 16/11/2021 à 19:11 | Mis à jour le 16/11/2021 à 19:26
Photo : Pierre-andré de Chalendar, Marc Levy, Marie-Monique Steckel, Contessa Brewer, Clo et Charles Cohen (c) Tony Behar
Pilier d’Or du FIAF

Le Président de Saint-Gobain Pierre-André de Chalendar rattrape à New York le temps perdu. Comme pour beaucoup de dirigeants français, d’artistes et de politiques, la levée du travel ban signifie le retour des rencontres en personne, la participation à des conférences et les soirées de gala new-yorkaises. La venue de Pierre-André de Chalendar à New York pour recevoir le Pilier d’Or du Trophée des Arts annuel du French Institute Alliance Française était prévue depuis plusieurs mois, un pari sur un calendrier incertain et pour finir une salle comble et comblée. Ce gala était aussi le dernier de Marie-Monique Steckel en tant que Présidente du FIAF et a mis à l’honneur également l’écrivain Marc Levy, new-yorkais d’adoption et fou d’imagination.

 

FIAF

(c) Tony Behar

 

Sur la scène de l’hôtel Plaza, Pierre-André de Chalendar partage l’histoire de cet aïeul Jean-Baptiste, blessé lors de la bataille de Yorktown et évoque ce New York qu’il retrouve pour la première fois depuis mars 2020, ponctué d’œuvres architecturales. Toutes, portent la marque Saint-Gobain. Pierre-André de Chalendar aime cette ville, il aime les villes et souhaiterait unir le désir de vivre en ville et celui de protéger les ressources naturelles. C’est peut-être pour cette raison qu’il parcourt pendant quelques jours les rues et les avenues de Manhattan à la rencontre des élèves du Lycée Français soucieux de combattre les causes du changement climatique et des Young Leaders de la French American Foundation. Le Président de Saint-Gobain veut inviter tous les acteurs de la vie urbaine dans un large débat sur la ville de demain.

 

Le 17 novembre, Pierre-André de Chalendar répondra aux questions d’une jeune « Optimiste du Climat », Anne-Thérèse Genneri, lors de la conférence F(o)unding Tomorrow des French Founders et de la French Tech. Il se joindra également à une discussion sur les « villes plus vivables : plus vertes, plus audacieuses et plus inclusives ». Ce panel, avec la Présidente de Partnership for New York City, Kathryn Wilde, et le directeur du Center for Resilient Cities and Landscapes de Columbia University, Thaddeus Pawlowski, sera animé par la rédactrice en chef adjointe de Forbes, Diane Brady au Skyroom du FIAF.

 

Gala du FIAF

(c) Tony Behar

 

Voici l’interview de Pierre-André de Chalendar publié par le FIAF lors du Trophée des Arts 2021.

 

Que représente ce Pilier d'Or 2021 ?

C’est d’abord l'occasion de célébrer les échanges culturels entre la France et les États-Unis et de reconnaître l'importance de l'amitié franco-américaine. Pour Saint-Gobain, cette culture s’exprime notamment à New York par des œuvres architecturales dont l’Oculus de Santiago Calatrava et le Vessel de Thomas Heatherwick, pour lequel l'entreprise a fourni 9 000 mètres carrés de verre diamant.

 

Partager l'honneur de cette soirée avec Marc Levy ?

Marc Levy est non seulement le romancier français le plus lu au monde, mais aussi un ancien architecte—ce qui me passionne—et un être humain dont le sens du but et le dévouement aux autres vont bien au-delà de son succès en tant qu'auteur. Si j'en ai l'occasion, je lui suggérerais peut-être de faire de la lutte contre le changement climatique la trame centrale d'un de ses prochains romans.

 

Saint-Gobain était présent à la COP26. Pourquoi la lutte contre le changement climatique est-elle importante pour votre entreprise ?

Depuis la COP21, le rôle des participants non étatiques—tels que les entreprises—est devenu essentiel dans l'élaboration de solutions pour lutter contre le changement climatique. Chez Saint-Gobain, la réponse à ce défi est au cœur de notre modèle économique. Nous nous efforçons constamment d'être à la fois un modèle exemplaire en matière de réduction de notre propre empreinte carbone et un leader proposant des solutions efficaces pour rendre les bâtiments plus économes en énergie.

 

Le changement climatique peut-il devenir une opportunité économique ?

Il s'agit d'une catastrophe potentielle si nous ne changeons pas nos comportements industriels, personnels et urbains pour réduire les émissions de gaz à effet de serre, mais relever ce défi peut s'accompagner d'opportunités pour créer de nouveaux emplois, développer l'économie et améliorer la qualité de vie.

 

S'agit-il d'un défi individuel ou collectif ?

Être conscient de nos actions envers la planète est une attitude personnelle, presque un style de vie. Mais pour réussir, nous—c’est-à-dire le secteur privé, les gouvernements, les organisations à but non lucratif et les villes—devons travailler ensemble et partager le même objectif.

 

Remontons dans le temps et parlons de la célèbre histoire de Saint-Gobain. Commençons avec le Château de Versailles ?

L'histoire de Saint-Gobain commence en 1665 lorsque Colbert, ministre de Louis XIV, crée la Manufacture des Glaces pour produire les célèbres miroirs du Château de Versailles. Un peu plus de 350 ans après, Saint-Gobain est devenu un groupe mondial, dynamique et innovant en s'adaptant et en se transformant sans cesse pour devenir le leader de la construction légère et durable.

 

Quand je pense à la royauté française, je pense au Louvre et à sa pyramide...

Pour le Louvre, I.M. Pei nous a mis au défi de produire un verre très résistant et d'une transparence extrême. Cela nous a demandé des années de recherche. Trois décennies plus tard, les 675 losanges de verre et les 115 triangles demeurent une merveille de l'architecture française.

 

La pyramide du Louvre, tout comme l'immeuble emblématique IAC de Frank Gehry et le nouveau Whitney Museum de Renzo Piano sont des architectures emblématiques, mais Saint-Gobain n'a pas survécu aux différents régimes, aux gouvernements et au temps en travaillant uniquement sur de grands projets architecturaux ?

L'histoire épique de Saint-Gobain se lit comme un roman rythmé par des valeurs fortes. L'engagement et l'innovation de ses collaborateurs ont fait de cette "manufacture" française un géant de la construction et de matériaux utilisés dans différents secteurs industriels dont le médical, l’aviation, l’espace et l’automobile. Nous continuons à inventer des matériaux et des solutions qui améliorent notre vie quotidienne.

 

Dans quel but ?

Celui de créer des maisons et des bâtiments abordables, dotés d'une isolation, d'une lumière et d'un son adéquats, afin d'améliorer la santé et le confort et de protéger en même temps le plus possible la planète.

 

Quel serait votre héritage en tant que Président de Saint-Gobain et ancien Directeur général pendant 14 ans, de 2007 à 2021 ?

Ce serait la conduite d'une des plus anciennes entreprises françaises comptant 167 000 employés, dont 15 000 aux États-Unis, sur le chemin vers un monde dé-carboné, un monde qui n’accepte pas comme un fait accompli le changement climatique. Les collaborateurs de Saint-Gobain partagent une même obsession : celle de répondre aux défis de l'urbanisation, de l’environnement et de la raréfaction des ressources en inventant de nouvelles formes de construction durable.

 

Qu'est-ce qui vous a inspiré l'écriture du Défi Urbain, Retrouver le Désir de Vivre en Ville ?

Au-delà de son impact sanitaire et économique, la pandémie a mis en lumière de nouveaux défis pour nos villes, et j'ai donc décidé écrire un livre sur ce sujet. Le Défi Urbain, publié par Odile Jacob, décrit une "ville désirable", plus respectueuse des personnes et de l'environnement. Les villes existantes peuvent être réaménagées sans se défaire de leur patrimoine culturel, tandis que les nouvelles villes doivent être construites en tenant compte de l'environnement.

 

Pourquoi cela est-il si important ?

En 2050, les deux tiers de l'humanité vivront dans des zones urbaines. Cela représente 6,5 milliards de personnes, soit 2,5 milliards de femmes, d'hommes et d'enfants de plus qu'aujourd'hui. Or, 60 % des zones urbaines qui existeront en 2050 n'ont pas encore été construites.

 

Célébrer le dernier gala de la présidente de longue date de la FIAF, Marie-Monique Steckel, c'est pour vous...

Célébrer un leadership et un modèle que nous devrions tous suivre. Le secteur privé français est présent aux côtés de Marie-Monique—et au-delà avec la FIAF—avec un message fort : pour aller de l'avant, nous devons nourrir nos esprits, nos cœurs et nos innovations avec l'éducation, la culture et l'art. Nous sommes tous redevables du travail accompli par Marie-Monique Steckel au FIAF.

 

FIAF new york

(c) Tony Behar

 

Programme 17 novembre 2021 :

Conférence French Founder F(o)unding Tomorrow : https://tlf.frenchfounders.com/

FIAF TALK sur les villes : https://fiaf.org/event-category/talks/

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