Vendredi 3 juillet 2020

Aux États-Unis, les Cowgirls ou la Légende Faite Femmes

Par Rachel Brunet | Publié le 22/06/2020 à 21:03 | Mis à jour le 23/06/2020 à 15:13
Photo : Rachel ©️ Guillaume et Isabelle Beau de Loménie
Cowgirls aux États-Unis

Le cowboy fait partie de la culture américaine. On ne compte plus les films, les ouvrages, les chansons qui lui accordent une place centrale. Lui, cet homme de l’Ouest américain, vissé sur son fidèle destrier. Hier, l’image de l’Amérique mais aussi l’image américaine de la masculinité. Son alter ego, la cowgirl, est pour sa part oubliée, presque effacée de l’imaginaire collectif. Et pourtant, ces femmes à cheval, gardiennes de cheptels, sont bien présentes, courageuses et passionnées. Les cowgirls écrivent et dessinent la légende faite Femmes.

Guillaume et Isabelle Beau de Loménie, un couple de Français à la ville comme à la scène, résident dans l’État du Wyoming. Photographes, ils sont partis à la rencontre de ces femmes. Jeunes filles, mères, grands-mères, souvent à la tête de leur propre ranch. Tels des ethnologues en observation participante, ils se sont fondus dans les paysages wyomingites, été comme hiver, printemps comme automne, aux côtés de ces cowgirls qu’ils nous dépeignent, avec des mots et des photographies. Qui sont ces femmes ? Qu’est-ce qui les anime ? Quelle est ou quelles sont leurs histoires ? Ils nous racontent « Les cowgirls, la légende faite Femmes »

 

Cowgirls

Andrea ©️ Guillaume et Isabelle Beau de Loménie

 

Le Petit Journal New York : Vous vivez dans l’État du Wyoming, qui n’est pas une destination très commune pour des expatriés. Qu’est-ce qui vous y a attiré ?

Guillaume Beau de Loménie : À l’été 2007, j’effectuais pour le compte d’une revue de chasse française à laquelle je collaborais alors un reportage en Namibie, en Afrique de l’Ouest. J’ai rencontré sur le camp de chasse où le petit avion de brousse m’avait déposé une Américaine, New-Yorkaise d’origine, et qui vivait depuis une quinzaine d’années à Cody où elle exerçait en tant que médecin. Voilà comment pour ma part je me suis retrouvé quelques mois plus tard au Wyoming, et que je n’en suis plus reparti… Les aléas de la vie ont voulu que cette rencontre un peu en forme de roman d’Hemingway, puis cette relation, ne prennent fin au bout de quelques années. Devenu entre-temps citoyen américain moi-même, j’étais d’autant moins enclin à quitter cette région qui ne compte effectivement pas au nombre des plus faciles des États-Unis. Mais sans doute parmi les plus attachantes. Je l’avais aimée d’instinct, et pour toutes ces raisons qui la font j’imagine paraître rébarbative au plus grand nombre : l’isolement, voire la solitude - nous sommes l’état le moins peuplé des États-Unis avec l’Alaska - l’âpreté des paysages et du climat. Le Wyoming évoque en effet pour moi maints endroits du monde que j’ai assidûment fréquentés pour mon travail au cours de ces 25 dernières années ; de la Mongolie, en passant par les savanes de l’Afrique - où je suis né - les hauts plateaux du Tibet, les forêts de Sibérie ou du Kamchatka, ou encore les steppes iraniennes ou du Kazakhstan voire les massifs du Tadjikistan. C’est dire combien je m’y sens bien. Et puis le Ciel a voulu qu’en 2016, au cours d’un séjour d’une semaine en France à l’occasion d’un salon de la chasse que sa revue l’avait envoyée couvrir et où je me trouvais moi-même pour les mêmes raisons, je rencontre Isabelle, journaliste et photographe, comme moi. Il n’est pas inintéressant de préciser qu’Isabelle n’a que fort peu d’appétence pour la chasse, et les chasseurs encore moins. Aussi n’allait-elle à ce salon qu’à reculons ! Guide de chasse moi-même depuis 25 ans, outre mes activités de journaliste cynégétique, notre rencontre aurait dû être explosive ! Il n’en fut rien… et je crois que je peux dire - et j’espère qu’Isabelle ne me démentira pas ! - que le coup de foudre fut mutuel. Nous nous sommes mariés à Cody un an plus tard et nous menons depuis lors un travail commun autour de l’ouest américain, des chevaux  - Isabelle collabore depuis 20 ans à « Cheval Magazine » et « Cheval Pratique », deux des principales revues équestres françaises -, des cowboys, mais aussi et surtout des cowgirls auxquelles nous nous consacrons depuis trois ans.

 

Cowgirl

Ouch©️ Guillaume et Isabelle Beau de Loménie


Le sujet des cowgirls n’est pas un sujet classique, il est d’ailleurs assez peu connu. Comment s’est dessinée cette démarche artistique ?

Isabelle Beau de Loménie : lorsque j’ai décidé de rejoindre Guillaume aux États-Unis, nous avons commencé de réfléchir à un projet commun que nous pourrions mener à partir du pays d’adoption de mon futur mari. Très vite nous avons pensé à un livre de photos sur les « Cowboys du Monde » : États-Unis bien sûr, mais encore Australie et Nouvelle Calédonie - eh oui ! les fameux « stockmen » -, nombre de pays d’Amérique Latine, certains cavaliers de Mongolie, et même la France avec ses Gardians. Une maison d’édition française a accepté de nous suivre, mais nous avons été rapidement rattrapés par la réalité du marché de l’édition en France. Au bout de quelques semaines, et alors que nous avions commencé de travailler sur la partie américaine de ce projet, il s’est avéré que celui-ci était un brin ambitieux. Nous avons compris que n’aurions pas les moyens de le mener à bien d’une part, et que d’autre part, l’avance que nous consentait cette maison d’édition aux vues de nos propres investissements et du retour sur ceux-ci que nous pouvions attendre de la vente de ce livre nous laisseraient, dans le meilleur des cas, raides comme des passe-lacets… Je me souviens que pendant trois ou quatre jours nous avons réfléchi et discuté des heures durant à la façon de retomber sur nos pieds. Et soudain une évidence s’est imposée à nous ! Les cowgirls ! Au cours de nos premières sorties et séances de photos avec les cowboys nous en avions croisé deux ou trois. Ces jeunes femmes dont nous ignorions alors tout nous avaient séduits, touchés, et passionnés. De rapides recherches nous avaient permis de découvrir leur quasi absence du monde de l’édition au rebours des cowboys qui depuis plus d’un siècle accaparent l’essentiel des œuvres littéraires, cinématographiques, journalistiques, télévisuelles, etc. Et ce à de très rares exceptions près, tel le travail de Barbara van Cleve, aujourd’hui une dame très âgée, et dont les derniers travaux publiés en noir et blanc remontent à plus de 20 ans. Aussi, en quelques heures notre décision a été prise ; nous allions faire un livre de photos sur les cowgirls !

 

Cowgirl

Amidst The Crowd ©️ Guillaume et Isabelle Beau de Loménie

 

Pour les photographier, j’imagine que vous les côtoyez. Que pouvez-vous nous dire sur ces femmes ?

Guillaume Beau de Loménie : C’est la condition sine qua none ! Être auprès d’elles, à leur côté, le plus possible, été comme hiver. Leur faire comprendre que nous ne sommes pas là « en touristes » soucieux de nous faire mousser avec nos photos, et cela nous est d’autant plus facile que nous sommes nous-même « wyomingites », mais que nous avons un vrai désir de parler d’elles d’abord et avant tout. De les faire mieux découvrir, comprendre et aimer. Ce que pour notre part nous avons fait très vite tant ces femmes sont attachantes ! Ce qui nous a le plus ému, c’est d’entendre nombres d’entre elles nous dire combien elles étaient touchées par notre démarche, par l’intérêt que nous leur portons et par cette volonté qui est la nôtre de les faire mieux connaitre. Pour autant, cela n’a été ni évident, ni encore moins facile. C’est une image un peu rebattue, mais il est vrai que nous avons dû d’abord les « apprivoiser ». Et plus que cela encore ! Je pense en effet que nous avons aussi dû faire nos preuves. Même si je revendique ma citoyenneté américaine, au début nous étions forcément perçus comme « français ». Et au fin fond du Wyoming, cela n’est pas forcément un gage de réussite… Il a fallu que nous montrions que nous tenions à cheval, que nous pouvions faire des photos par -15 ou -20° C sous la neige, que nous savions nous intégrer à une fête familiale – oh combien ! dans le cas d’un dîner de Thanksgiving – ou passer des heures à les photographier sous le cagnard lors d’un « branding » de printemps, fin mai ou début juin, ou dans le vent et le froid d’un « round-up » d’automne. Je crois que notre plus grande satisfaction a été le jour où Dana, l’une des toutes premières cowgirls que nous avons photographiées, et aujourd’hui une amie, nous a demandé de venir les aider, elle et son mari, à déplacer un petit troupeau de leurs vaches. Pour rien au monde je ne me serais autorisé alors, pas plus que je ne l’ai fait au cours de toutes ces années passées au Wyoming, à acheter et encore moins à porter un chapeau de cowboy, tant cet attribut est le signe de l’appartenance à un véritable « ordre », mais ce jour-là, je me suis senti clairement un peu plus proche d’eux. La chose la plus marquante à mes yeux, et à la lumière de cette cohabitation que nous menons depuis trois ans, est leur profonde modestie. Les cowgirls assument aujourd’hui très exactement les mêmes tâches que les hommes, et ce sans considération des différences physiques évidentes avec ceux-ci, des dangers et de la pénibilité de cette vie. Nombre d’entre elles, de plus, sont à la tête de ranchs, et emploient des cowboys. Je pense qu’en ce début du XXI° les cowgirls ont un rôle déterminant et de plus en plus dans la vie économique, sociale et culturelle de tous les grands états d’élevage, à commencer par le Wyoming et le Montana qui comptent sans doute au nombre des plus emblématiques d’entre eux. Et pourtant, elles ne bénéficient pas de la même reconnaissance ne fusse que culturellement parlant que les hommes. C’est cela que nous espérons très modestement changer un tant soit peu avec notre livre !

 

Cowgirl

Belinda ©️ Guillaume et Isabelle Beau de Loménie

 

Quand on pense cowboy, on a une image assez machiste, d’un milieu très fermé, très masculin, un peu rude. Comment font ces cowgirls pour exister dans ce monde à résonance masculine ? 

Isabelle Beau de Loménie : Vous avez raison. L’univers des cowboys est même un milieu beaucoup plus fermé que l’on peut le penser, ne serait-ce qu’au simple regard de l’extraordinaire popularité qui est la leur auprès du public et qui fait d’eux sans aucun doute l’un des piliers de l’Histoire et de la culture des États-Unis. Mais si les cowboys sont l’archétype de la virilité aux yeux de beaucoup, ce serait méconnaître leur véritable nature qui est faite d’une dose insoupçonnée de timidité, de pudeur, et par-dessus tout d’une vraie et profonde gentillesse. Et quel que soit le sens tristement dénaturé que l’on attribue aujourd’hui, et souvent par dérision, à ce mot. Aussi, l’une des premières choses que l’on remarque en tant que femme soit même, c’est non seulement la gentillesse qui émane de ces hommes, des cowboys, à l’égard de leurs homologues féminins mais encore la parfaite complicité, et j’ose le terme, la courtoisie. Et que celles-ci soient épouses, amies, filles, belles-filles, sœur ou juste collègue de travail. Au risque d’évoquer des thèmes brûlants et d’actualité, je veux dire qu’il convient de comprendre que les cowgirls ne sont pas dans la revendication. Elles ne réclament pas une quelconque égalité, elles la prennent… Elles ne disent pas : « je veux être cowgirl moi aussi !», elles le deviennent… Une jeune femme qui veut se lancer dans ce métier combien difficile, peu rémunérateur, dur physiquement, dangereux, qui ne laisse que peu de place, du moins à ses débuts, à une vie privée, familiale, amoureuse, se présente avec son propre cheval, son lasso, ses éperons et dit : « laissez-moi vous montrer ce que je sais faire ». Elle ne quémande pas le respect ou la reconnaissance, elle les gagne ! Et il est frappant de constater que qu’elle soit la réussite et même la renommée que celle-ci saura se bâtir dans l’univers fermé des ranchs, lorsqu’elle voudra signifier qu’elle travaille pour tel d’entre eux, ou à tel moment donné, elle dira le plus naturellement du monde « I cowboy… » à tel endroit, ou à tel moment. Et sans que ce substantif devenu verbe ne lui paraisse le moindre du monde déplacé, outrancier, ni encore moins une insulte à sa féminité. Féminité qu’elle affirme au contraire le plus naturellement du monde et comme nous l’avons souvent constaté, ne serait-ce qu’en effectuant les milles tâches de sa vie combien mouvementée – et ceci est surtout vrai pour les plus jeunes d’entre-elles – toujours légèrement maquillée, les yeux faits et la chemise, le cou ou les oreilles parées d’un bijou.  Lorsque Guillaume et moi les avons interrogées à ce sujet la réponse toujours a fusé comme une évidence : « Ce n’est pas parce que je vais devoir sauter de cheval dans la poussière ou la boue pour maitriser un veau récalcitrant, ou réparer une clôture par 40° au soleil que je dois renoncer à être une femme ». CQFD. Mais toutes, quel que soit leur âge, des plus jeunes, 15 ou 16 ans, à la plus âgée, plus de 70 ans, toutes ont dans les yeux, le sourire, les mains, la silhouette, la façon de soigner leur cheval ou de parler de leur métier cette forme de beauté que l’on rencontre chez les gens que l’on devine « enracinés », au sens le plus noble et le plus fort du terme, à une contrée, un horizon, des cieux, une maison, un cheptel et une Histoire auxquels ils consacrent l’essentiel de leur vie.

 

Cowgirl

C’om Girls ©️ Guillaume et Isabelle beau de Loménie

 

Est-ce qu’il existe une histoire des cowgirls, est-ce qu’elles ont des codes, est-ce qu’elles appartiennent à certaines familles ?

Guillaume Beau de Loménie :  Il n’y a pas une Histoire des cowgirls mais plus vraisemblablement autant d’histoires qu’il y a de cowgirls. Ainsi toutes celles que nous avons rencontrées et avec lesquelles nous travaillons on-t-elles eu des parcours différents. Même si l’on peut affirmer que la plupart d’entre elles viennent de familles de ranchers, sont filles de cowgirls ou de cowboys et qu’à notre connaissance, toutes les cowgirls mariées que nous avons rencontrées le sont à des cowboys. Il y a donc indéniablement un héritage, une transmission. C’est d’autant plus vrai que la transmission de ce métier s’accompagne dans la plupart des cas de la transmission d’une terre, d’un ranch, d’un élevage, et que cette transmission se fait aussi par les femmes. Certaines sont cowgirl sans partage. Je veux dire que rien d’autre ne saurait les satisfaire que ce métier et le mode de vie qui l’accompagne. Quels que soient les sacrifices, nombreux, qui sont le prix à payer pour le mener. D’autres, en particulier parmi les plus jeunes, prennent le temps de faire des études. Voire exercent un autre métier en parallèle. Certaines sont enseignante, barmaid, comptable, conductrice de bus scolaires, avocate même ! Mais toutes ont ce métier profondément ancré en elles, et nombre d’entre elles finissent peu ou prou par y revenir définitivement. Pour répondre à votre question, je ne sais pas si les cowgirls ont un « code ». Je ne pense pas au demeurant qu’elles en aient besoin. En dépit de sa taille et des distances considérables au Wyoming et au regard des critères français entre les villes, les villages les ranchs (notre état représente un peu moins de la moitié du territoire français métropolitain), tous et toutes, cowboys et cowgirls, se connaissent. On s’entraide lors des moments forts de la vie des ranchs, les « branding », le « calving », les « rounds-up », ou les déplacements de troupeau au début de l’été vers les zones de pâturages et en automne lors des retours vers les ranchs. etc. On se retrouve lors des ranchs-rodeos qui se déroulent en petits comités dans telle ou telle autre petite bourgade dans l’arène à la sortie du village. Les garçons et les filles, réunis en équipe souvent mixtes – tel ranch, telle famille – s’affrontent dans des épreuves qui reproduisent leur travail quotidien : capturer un veau au lasso, l’immobiliser, le marquer (à la craie pour la circonstance), ou encore canaliser à cheval un troupeau de vaches, le conduire avec ou sans l’aide de chien d’un point à un autre, etc. tout cela bien sûr dans les meilleurs temps et dans une ambiance de parfaite entente, complicité et sans que jamais un mot plus haut que l’autre ne soit prononcé en cas de maladresse de l’un ou de l’une. Une chose nous parait évidente ; si des revues au demeurant fort belles, je pense à « Cowboys and Indians », ou encore « Cowgirls » s’attachent certes à exalter les cowgirls, leur vision de ces femmes et celles qu’elles s’attachent à transmettre au public, est aux antipodes de celles que renvoient nos cowgirls du Wyoming et du Montana. Aux antipodes de ces jolies femmes sur papier glacé, parées d’atour et de bijoux luxueux, les nôtres, les deux pieds dans la poussière ou la boue, dans le meilleur des cas, reflètent une image qui ne laisse que peu de place au romantisme, lequel romantisme lorsque l’on s’aventure à évoquer avec elle cette idée que trop de gens encore s’imaginent être le reflet de la vie de ces femmes et de ces hommes, a le don de leur arracher un sourire plein d’ironie voire un franc éclat de rire.

Pour terminer cette, je le crains, trop longue digression sur les cowgirls, je voudrais laisser la parole à Wendy, toute jeune femme d’à peine 30 ans, cowgirl bien sûr, femme de cowboy, belle-fille de cowboy, petite-fille de cowboy, et mère d’une petite fille d’à peine six ou sept ans qui lors d’un déplacement de plusieurs centaines de têtes de bétail il y a quelques jours à peine a passé près de six heures à cheval, de quatre à dix heures du matin, sous la pluie aux côtés de ses parents à accompagner les blacks-Angus familiales vers leur pâturages d’été : « Mon mari et moi avons tous deux été élevés sur des fermes et des ranchs et nous adorons ça.  Nous sommes tous les deux diplômés, et pourrions facilement travailler en ville, et renoncer à ce mode de vie si difficile. Mais je peux affirmer que nous ne serions pas heureux.  C'est cela que nous voulons faire. Nous pensons que c'est la meilleure façon d'élever nos enfants, en leur enseignant les vraies valeurs de la vie : le travail, l’effort, le respect, l'aide aux autres, et que la vie n'est pas toujours une question d'argent. Les personnes les plus riches au monde n'ont pas forcément un gros compte en banque. »

 

Cowgirl

Chasing The American Dream ©️ Guillaume et Isabelle Beau de Loménie

 

« COWGRILS, LA LÉGENDE FAITE FEMMES »

Une exposition en ligne par Guillaume et Isabelle Beau de Loménie

« Depuis plus de 150 ans, les cowboys sont l'un des piliers de l'Histoire, de l'économie et de la culture des États-Unis d'Amérique.

Au cours du XXe siècle, les cowgirls ont commencé de prendre une part de plus en plus active à ces divers aspects de la vie économique, sociétale et culturelle de nombreux États de l’Union.

Malgré la dureté de leur vie quotidienne et la pénibilité des tâches multiples qui leur incombent, il n'y a pas de travail, aussi difficile soit-il, qu'elles n'entreprennent tout au long de l’année, été comme hiver, en dépit des aléas redoutables de la météo en nos contrées. Ces femmes extraordinaires, à l'égal des hommes et en dépit de différences physiques évidentes exercent les activités les plus difficiles et les plus rudes avec cette tranquille détermination et ce courage modeste qui sont les prérogatives des femmes bien nées, et depuis plus d’un siècle et demi, celles de l'Ouest américain.

Malgré cela, les cowgirls restent profondément ignorées, et si le nombre de romans, d’articles, de films, d’études, d'émissions de télévision, d'ouvrages photographiques, d’expositions consacrés aux cowboys se comptent par milliers, ceux consacrés aux cowgirls sont quasiment inexistants au regard de cette profusion que nous venons d’évoquer.

C'est cette iniquité que nous voulons réparer grâce à nos photos et, espérons-le, ce livre auquel nous travaillons.

Mais être une cowgirl ne signifie pas seulement participer à l'histoire ou à l'économie des États-Unis. Nous avons voulu montrer qu’elles ne sont pas les membres surnuméraires ou folkloriques d’une équipe, comme un trop grand nombre, y compris ici aux États-Unis, les perçoivent encore. Ce sont aussi des épouses, des mères, des filles, des sœurs, des belles-filles. Cela signifie que dans de nombreux cas, et de plus en plus, il leur incombe d’assurer la continuité non seulement de l'Histoire d'une famille, et avant cela sa vie quotidienne, mais encore celle d’une terre familiale, d’une exploitation, d’un ranch, d’un cheptel qu’elles sont de plus en plus nombreuses à gérer de bout en bout.

Nous avons aussi voulu montrer que malgré la boue, la poussière, le froid glacial, la chaleur oppressante, la douleur et le danger parfois, les cowgirls restent des femmes. Et qu’elles ne renoncent jamais à cette part de séduction, et de charme, qui est l’apanage immémorial de leur féminité.

Ces photos, ont l’aura compris, ne sont pas seulement un hommage, ou la marque d’un profond respect, elles sont aussi une déclaration d'amour. »

 

Cowgirl

Cowgirl’s Art ©️ Guillaume et Isabelle Beau de Loménie

 

 

Cowgirls

Cowgirl Hug ©️ Guillaume et Isabelle Beau de Loménie

 

 

Cowgirl

Coffee Break ©️ Guillaume et Isabelle Beau de Loménie

 

 

Cowgirl

Dakota ©️ Guillaume et Isabelle Beau de Loménie

 

 

Cowgirl

Good Boy ©️ Guillaume et Isabelle Beau de Loménie

 

 

Cowgirl

Ladies at Work ©️ Guillaume et Isabelle Beau de Loménie

 

 

Cowgirl

Like Mother Like Daughter ©️ Guillaume et Isabelle Beau de Loménie

 

 

Cowgirl

Musing ©️ Guillaume et Isabelle Beau de Loménie

 

 

Cowgirl

Over The Water ©️ Guillaume et Isabelle Beau de Loménie

 

 

Cowgirl

Partners In Life And Work ©️ Guillaume et Isabelle Beau de Loménie

 

 

Cowgirl

Rachel ©️ Guillaume et Isabelle Beau de Loménie

 

 

Cowgirl

Rain Is Coming ©️ Guillaume et Isabelle Beau de Loménie

 

 

Cowgirl

Snow Flakes ©️ Guillaume et Isabelle Beau de Loménie

 

 

Cowgirl

Succession ©️ Guillaume et Isabelle Beau de Loménie

 

 

Pour en découvrir davantage sur le travail artistique de Guillaume et Isabelle Beau de Loménie.

 

Beau de Loménie

Isabelle et Guillaume Beau de Loménie

Rachel Brunet

Rachel Brunet

Après être passée par la presse économique et la presse spécialisée, Rachel Brunet est la directrice et la rédactrice en chef de l’édition New York du Petit Journal.
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