Deux lieux chargés histoire ont accueilli la fête nationale française à Milan puis à Turin, les 14 et 15 juillet. Le Consul général de France à Milan, François Bonet, a invité des centaines d’invités dans les deux villes, sous le signe de l’amitié franco-italienne, devant lesquels il a proclamé un discours tourné vers le réveil stratégique européen dans ce contexte géopolitique bouleversé.


Le Conservatoire Giuseppe Verdi à Milan le 14 juillet, la Fondation Accorsi-Ometti à Turin le lendemain, ont accueilli des centaines d’invités français et italiens, sur invitation du Consul général de France à Milan François Bonet et du consul honoraire à Turin Emanuele Chieli pour célébrer la fête nationale française. Deux lieux chargés d’histoire et par l’art : l’art lyrique pour le premier, une discipline marquée par des échanges constants et des influences mutuelles entre la France et l’Italie.
A Turin, les invités ont pu visiter les somptueuses salles du musée abritant la collection supervisée personnellement par le président de la fondation, Giulio Ometto, en 1999, selon les goûts du fondateur, Pietro Accorsi, qui privilégiait les arts décoratifs, notamment ceux du XVIIIe siècle, liés au Piémont et à la France.
Un symbole qui vient célébrer la relation franco-italienne, à l’instar de ces deux cérémonies.

Des valeurs partagées
A l’issue des hymnes nationaux italien, français et européen, magnifiquement chantés dans la cour du conservatoire à Milan, et joués dans les salles du majestueux musée qui abrite la Fondation Accorsi-Ometto, ont suivi les discours des institutionnels invités : à Milan, Fabio Bottero pour représenter la municipalité, et le Sous-secrétaire à la Présidence chargé des relations internationales et européennes de la Région Lombardie Raffaele Cattaneo ; à Turin, le préfet de Turin Donato Cafagna, la maire adjointe de Turin Michela Favaro et l’adjoint à l’internationalisation de la région Piémont Andrea Tronzano.
Tous ont rappelé l’amitié franco-italienne, la synergie et le rôle primordial de la coopération entre les deux pays, en faveur de l’Europe.
Chaque année, le 14 juillet offre une occasion pour célébrer la fête nationale française, mais aussi pour réfléchir sur les valeurs partagées.
Un discours tourné vers le réveil stratégique européen
Pour sa troisième fête nationale à Milan, le consul général de France à Milan a ainsi proclamé un discours chargé de réflexions, s’inscrivant, une nouvelle fois, dans le lourd contexte géopolitique actuel.
En 2025, son discours portait sur la crise des valeurs européennes, de guerre et de menace des démocraties. « Malheureusement, rien de tout cela n’a changé », relève François Bonet. Le scénario a même empiré avec l’éclatement d’une nouvelle guerre.
« L’occident a été rattrapée par la guerre », déclare-t-il, en citant un essayiste américain qui annonçait, au début des années 90, « la fin de l’Histoire ».
« La loi du plus fort prétend être la nouvelle norme. Mais l’Europe a remis au centre certaines priorités essentielles : protéger nos filières stratégiques, réduire les dépendances, soutenir l’innovation. « L’Europe a commencé à parler le langage de la souveraineté ». Et le rôle de la France, et de l’Italie, en particulier le rapport Draghi, a été décisif.
La présidence de la France au G7 cette année, avec le sommet d’Evian, a permis de rappeler « les valeurs de la Paix, du multilatéralisme et du Droit », mais aussi le soutien à l’Ukraine.
C’est dans le cadre de ce réveil stratégique qu’a eu lieu le sommet intergouvernemental franco-italien le 25 juin dernier à Antibes. Un sommet où la souveraineté européenne a été au centre des discussions, à l’instar de nouveaux projets communs en matière de défense, mais aussi de sécurité transfrontalière, des jeunes et de formation professionnelle.
La France et l’Italie affichent leur alignement géopolitique au 36e sommet bilatéral
« Ce sommet rappelle que la France et l’Italie partagent une responsabilité particulière dans cette nouvelle phase de la construction européenne », déclare François Bonet, comme l’a également souligné le sous-secrétaire à la présidence de la région Lombardie.

2026, une année exigeante pour le consulat général de Milan
La cérémonie du 14 juillet est également une occasion de faire un bilan de l’activité du consulat de la circonscription du Nord de l’Italie. Et en 2026, elle a été intense.
Les équipes ont été particulièrement mobilisées lors de cette année exigeante, marquée par la tenue des Jeux Olympiques de Milan-Cortina, et ainsi l’accueil des ministres venus soutenir les athlètes français mais aussi s’inspirer du savoir-faire italien dans ces jeux novateurs dans leur forme, comme le seront les JO Alpes 2030.
Marina Ferrari : « L’expérience italienne des Jeux Olympiques va nous servir »
Cette année a aussi connu l’élection de nouveaux conseillers de Français de l’étranger dans le Nord de l’Italie.
Une occasion également de faire appel à toutes les bonnes volontés pour la tenue des élections présidentielles en avril et mai 2027, où douze bureaux de vote seront ouverts entre Milan, Turin, Bologne, Gênes et Venise.
2026 a également été marquée par la réalisation de nouveaux projets, à l’instar de la première édition du Festival Francesissimo, de littérature francophone à Turin en janvier dernier, et plus récemment du Forum économique régional France-Piémont, après celui de Bologne l’année dernière.
Des évènements qui, du sport à l’économie jusqu’à la culture, témoignent du dynamisme de la relation franco-italienne.
« Vive l’Italie, vie la France, vive l’amitié franco-italienne ! »
Sur le même sujet





































