Édition internationale

L’Italie condamnée à indemniser une Française dans le cadre d’une affaire de viols

L’Italie a été condamnée le 6 juillet par la Cour européenne des droits de l'homme pour n’avoir pas suffisamment protégé une victime de viols et violences conjugales. La procureure italienne avait tenu des propos choquants et demandé le classement sans suite de l’affaire. La femme en question est une Française de 44 ans installée en Italie.

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Écrit par Lepetitjournal Milan
Publié le 13 juillet 2026

Lundi 6 juillet, la Cour européenne des droits de l’Homme (CEDH) a condamné l’Italie dans l’affaire d’une femme qui accusait son ex-compagnon de diverses violences conjugales, a rapporté la presse italienne. Une plainte avait été déposée en 2021 par une Française de 44 ans vivant à Pellezzano, dans le Sud de l’Italie (Campanie). Elle dénonçait des violences physiques et psychologiques contre elle et leurs deux enfants, ainsi que des viols conjugaux.

Des violences « banalisées »

Mais la procureure chargée du dossier a demandé un classement sans suite, estimant qu’il était « normal » pour un homme de forcer parfois son épouse à des relations sexuelles. Selon ses mots, « il est normal » qu’un homme doive surmonter « un minimum de résistance » de la part d’une femme « fatiguée par la vie quotidienne » lors d’une relation sexuelle. Les violences dénoncées à l’encontre des enfants n’auraient quant à elles été que des « mesures disciplinaires », soit un droit normal de correction parental, selon la procureure.

Dans sa plainte, la Française affirmait également avoir été menacée de mort par son ex-compagnon, qui lui aurait placé un couteau sous la gorge devant des témoins. Une « plaisanterie de mauvais goût », selon la procureure.

Pour les juges de la CEDH, le traitement de sa plainte a été entaché de plusieurs irrégularités entre une enquête inefficace, des retards et des reports de procédures. La Cour européenne des Droits de l’Homme reproche aussi à la procureure chargée du dossier des « remarques sexistes et stéréotypées ».

Une « victoire pour toutes les femmes »

Dans son arrêt, la cour européenne a donné raison à la plaignante et condamné l’Italie à verser 60.000 € à la quadragénaire, considérant que le pays avait failli à son devoir de protection. « Ma plus grande satisfaction est d’avoir remporté une bataille au nom de toutes les femmes », a réagi la Française.

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