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Sandrine Buffenoir (Atout France) : "7,7 millions arrivées d’Italiens en France"

La France reste la 1ère destination étrangère des Italiens en 2025. Poids du marché, régions attractives et perspectives de fréquentation… Au cœur de la période des vacances estivales, rencontre avec Sandrine Buffenoir, directrice d’Atout France pour l’Italie.

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Sandrine Buffenoir, directrice d'Atout France en Italie
Écrit par Marie-Astrid Roy
Publié le 14 juillet 2026

La France est-elle encore la première destination étrangère des Italiens pour les vacances ?

Les chiffres italiens de la Banque d’Italie et de l’Istat le confirment encore en 2025. Ils cumulent les visiteurs avec des nuitées et les excursionnistes, notamment sur le bassin des Alpes, favorable aux excursions d’une journée. Les chiffres sont stables par rapport à l’année dernière, avec l’arrivée de 7,7 millions d’Italiens en France en 2025. Cela représente 20% des séjours italiens à l’étranger (c’est-à-dire avec au moins une nuit), ce qui est conséquent.

Plus précisément, quel est le poids du marché italien en France ?

L’Italie est la cinquième clientèle pour la France, derrière l’Allemagne, la Belgique (14 millions d’arrivées toutes les deux), le Royaume-Uni (13,1 millions) et la Suisse, cette dernière étant repassée devant l’Italie en 2025.

Si le nombre d’arrivées est stable, les recettes affichent quant à elles une importante hausse de près de 7%, soit plus de 4 milliards d’euros. Cela signifie que le panier moyen des visiteurs italiens en France a augmenté. Et cela représente 11% des dépenses touristiques des Italiens à l’étranger.

 

Comment cette hausse des recettes peut-elle s’expliquer ?

Plusieurs facteurs expliquent cette augmentation, dont les dépenses d’hôtellerie importantes car les Italiens sont des touristes qui séjournent dans des 4 et 5 étoiles. La durée des séjours a également augmenté avec une moyenne de huit nuits, contre cinq à six il y a quelques années. L’été, beaucoup de vacanciers font désormais de l’itinérance. Ils partent plus loin, plus longtemps et entre plusieurs régions comme le Val de Loire, la Bretagne et la Normandie.

Par ailleurs, les JO de Paris avaient eu un effet repoussoir sur 2024 sur les dépenses et les séjours du fait de l’augmentation des prix, notamment sur la région parisienne. Les Italiens avaient été un peu retrait au niveau de la durée de séjour.

Autre raison qui explique cette augmentation : les Italiens ont profité de nombreux ponts, que le calendrier n’offre pas forcément les autres années.

Il y a eu aussi l’effet Notre-Dame de Paris, qui a réouvert en décembre 2025, et les grands évènements sportifs dont Roland Garros qui attire de plus en plus d’Italiens avec le succès des joueurs comme Jannick Sinner. C’est un phénomène qu’on avait constaté durant les JO paralympiques en 2024, les Italiens ayant des athlètes importants.

 

Quelles sont les prévisions de fréquentation pour 2026 ?

En début d’année, nous n’attendons pas à une augmentation du tourisme italien en France, notamment car les JO de Milan-Cortina ont un effet très positif sur le tourisme de montagne en Italie. Les conflits au Moyen-Orient ont également eu un impact sur la France au mois d’avril, qui a signé une baisse d’environ 5%.

En mai, les recettes sont malgré tout plus positives, d’après les chiffres fournis par la Banque de France, avec 368 millions d’euros par rapport au mois de mai 2025.

Il y a aussi un effet lié aux travaux sur la ligne ferroviaire en Maurienne et vers Turin, qui ont commencé en avril dernier : plusieurs trains de la SNCF et du TGV ont été annulés, notamment en semaine où il ne pouvait y avoir qu’un seul train par jour, alors que les cinq dessertes sont maintenues le week-end. Ces travaux vont durer jusqu’en octobre, avec des suppressions totales de dessertes à prévoir en septembre et octobre pour permettre aux travaux de se terminer.

Le tourisme d’affaires a néanmoins été favorablement maintenu. La France étant une destination sécure, plusieurs congrès et évènements ont été reportés sur l’Hexagone. C’est notamment le cas de la coupe du monde de l’e-sport qui devait au lieu d’avoir lieu en Arabie Saoudite, et qui se déroule actuellement Porte Versailles à Paris pendant huit semaines cet été.

 

Quels sont les moyens de transports privilégiés par les Italiens qui se rendent en France, notamment depuis la reprise de la circulation ferroviaire entre les deux pays l’année dernière ?

Il y a eu une hausse de 11 à 15% d’Italiens qui ont utilisé le train pour se rendre à Paris et à Lyon. L’avion reste cependant le mode de transport principal, entre 35 et 40%. Dix compagnies aériennes assurent les liaisons avec 19 aéroports italiens et 15 aéroports français. Le sud de l’Italie se développe beaucoup. Il y a davantage de dessertes en Sicile, ce qui incite les Siciliens à partir à l’étranger, et ce toute l’année. Transavia a aussi prolongé une desserte Paris-Bari sur l’ensemble l’année. Une nouvelle desserte ouvrira par ailleurs à l’été 2027 entre Paris et Brindisi.

On note une réelle attractivité du sud italien, et on compte sur le développement de SNCF Voyages Italie sur le marché domestique, le plan de relance italien ayant favorisé le développement de la grande vitesse vers des villes du Sud comme Naples et Bari. Cela devrait permettre de drainer une clientèle vers la France, et inversement.

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Que viennent chercher les touristes italiens en France et quelles sont les nouvelles destinations attractives pour la clientèle italienne ?

La culture et la gastronomie restent des points d’attractivité très forts, mais aussi le tourisme durable, notamment pour les moins de 40 ans. Qualifiés de « touristes connaisseurs », les Italiens cherchent de plus en plus à éviter les points de tourisme de masse. Et grâce à des séjours plus longs et en itinérance, ils atteignent des destinations vers lesquelles ils n’osaient pas aller comme la Dordogne (Sarlat, Lascaux) et la Nouvelle Aquitaine, alors que la Bretagne, la Normandie voire également le Val de Loire sont souvent conjuguées. Saint-Martin a également commencé à travailler le marché italien, une destination haut de gamme qui plaît à une clientèle qui cherche d’autres îles des Caraïbes.

 

Quelles sont les priorités d’Atout France en 2027 en Italie ?

Le développement du Sud du pays reste une priorité, en allant à la rencontre de la presse que des opérateurs, mais aussi les autres territoires en dehors des grandes villes, comme l’Emilie-Romagne, la Vénétie, les Pouilles ou encore la Campanie.

Quant à la stratégie, nous continuons de nous concentrer sur les activités de pleine nature. Nous avons d’ailleurs reçu le prix Green Road Award de la destination bike friendly, à San Remo il y a quelques semaines.
Nous entendons également promouvoir davantage le haut-gamme pour mettre en valeur l’excellence et le savoir-faire français, car on note une réelle demande de la part des Italiens.

Par ailleurs, concernant les évènements, 2027 sera l’année des millénaires des Normands. Nous y travaillons avec les régions et les pays qui ont connu l’influence des Normands avec Guillaume le Conquérant. En Italie, cela concerne le sud de l’Italie : les Pouilles, Basilicate, la Campanie, le Molise, la Calabre, la Sicile. Ces six régions bénéficient encore aujourd’hui d’un certain héritage normand.

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