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En Italie, les mères restent les plus âgées d’Europe

L'âge moyen des femmes à la naissance de leur premier enfant augmente à 31,9 ans en Italie, contre 29,9 ans en moyenne dans l’UE en 2024, d’après les données de l’Eurostat.

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Photo de Bethany Beck sur Unsplash
Écrit par Maé Brault
Publié le 11 mars 2026

Dans toute l’Europe, les femmes ont moins d’enfants à un jeune âge et davantage après 30 ans. C’est le constat du rapport publié le 6 mars 2026 par Eurostat. Cette tendance est surtout visible en Italie où le report de la maternité est le plus tardif. En 2024, l’âge moyen des femmes à la naissance de leur premier enfant atteint 31,9 ans en Italie, devant le Luxembourg (31,6 ans). Les âges moyens les plus bas sont observés en Bulgarie (26,9 ans) et en Roumanie (27,2 ans), contre une moyenne européenne de 29,9 ans.

L’allongement de la durée des études, la précarité professionnelle des jeunes adultes et les difficultés d’accès au logement contribuent à retarder la formation des familles. L’Observatoire de la jeunesse de l’Institut Tolonio de Milan fait le même constat : l’Italie présente des niveaux similaires au reste de l'Europe en termes de désirs et de préférences concernant le nombre d'enfants (environ 2 en moyenne), mais se retrouve avec le nombre réellement atteint le plus bas. « Le choix d'avoir un enfant, bien que souhaité par la grande majorité des gens, même parmi les jeunes générations, reste loin d'être une évidence, commente Alessandro Rosina, coordinateur scientifique de l'étude.  L'acceptation de la possibilité de ne pas en avoir ou d'en avoir un seul a progressivement progressé, davantage en Italie que dans le reste de l'Europe. De plus, ce choix est de plus en plus conditionné par les perspectives d'emploi. Non pas tant parce que l'épanouissement professionnel en soi est jugé plus important, mais surtout parce que le choix d'avoir un enfant est lié à la situation familiale actuelle et à un contexte social favorable à son développement futur. »

 

Chute de la fécondité : près de 3 fois moins de naissances en Italie en 2024 qu’il y a 60 ans

Moins d’enfants et plus tard. S’appuyant sur les données de chaque pays des 27, les statistiques Eurostat soulignent les mutations démographiques : l’Europe enregistre moins de naissance et l’Italie est parmi les pays les plus concernés par « l’hiver démographique ». En 2024, 3,55 millions d’enfants sont nés dans l’Union européenne (UE) contre 3,67 millions enregistrés en 2023.
 

La crise de la natalité s’aggrave encore en Italie

En 2024, le taux de fécondité est tombé à 1,18 enfant par femme en Italie alors que la moyenne européenne s’élève à 1,34 naissance vivante par femme. Parmi les pays de l’UE, la Bulgarie présente en 2024 le taux de fécondité le plus élevé, avec 1,72 enfant par femme, suivie par la France (1,61) et la Slovénie (1,52). À l’inverse, les niveaux les plus faibles sont observés à Malte (1,01), en Espagne (1,10) et en Lituanie (1,11). En chiffres bruts, le nombre de naissances est passé de 930.000 à 370.000 dans la Péninsule entre 1961 et 2024, soit près de trois fois moins de naissances sur cette période.

Pour rappel, dans les pays dits développés, un niveau d’environ 2,1 enfants par femme est considéré comme le seuil de remplacement des générations, c’est-à-dire le niveau nécessaire pour maintenir la population constante en l’absence de migration. Tous les pays de l’UE en sont loin aujourd’hui.

 

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