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Biennale d’architecture : « Le Laboratoire du futur » se déploie à Venise

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Pavillon centrale de la Biennale de Venise aux Giardini | Ph: Francesco Galli
Écrit par Marie-Astrid Roy
Publié le 23 mai 2023, mis à jour le 23 mai 2023

L’architecture se déploie à Venise à l’occasion de l’édition 2023 de la Biennale. Un véritable « Laboratoire du futur » qui parie sur l’Afrique, à voir jusqu’au 26 novembre 2023 dans les lieux chargés d’histoire : aux Giardini, à l’Arsenal et à Forte Marghera.

 

Tous les deux ans, la Biennale d’architecture de Venise prend le relais de celle consacrée à l’art contemporain pour faire le point sur l’état du monde. Fluide, émergente et inclusive, la 18e édition consacrée à l’architecture a ouvert ses portes au public le 20 mai, transformant la Sérénissime en « Laboratoire du futur », jusqu’au 26 novembre 2023. La commissaire Ghanéo-Écossaise Lesley Lokko, à la fois architecte, enseignante et romancière, fait surgir sur le devant de la scène l’Afrique et la diaspora africaine, « cette culture fluide qui aujourd’hui traverse le monde ».
La grande exposition, la plus prestigieuse de la discipline à l’échelle mondiale, consacre deux pavillons nationaux au continent africain (pour le Niger et l’Afrique du Sud) sur les 64 présentés. Elle se développe en six parties comprenant 89 participants, dont la moitié de l’Afrique ou de la diaspora africaine à l’instar desquels le très fameux Diébédo Francis Kéré, Lauréat du Pritzker Prize en 2022.

Pour le président de la Biennale, Roberto Cicutto, le choix de cette curatrice a permis « d’écouter de l’intérieur les nombreuses voix qui viennent d’Afrique et de dialoguer avec le reste du monde, nous obligeant à abandonner l’image de ce continent et de ses habitants que nous avons perpétuée pendant des siècles, de l’Afrique vue plutôt comme un problème (des migrants aux conflits) ou simplement comme un pays qui a besoin d’aide ».

 

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Vue sur l'Arsenal | Photo by Andrea Avezzù - Courtesy La Biennale di Venezia

 

Biennale d’architecte : Une édition « décoloniale et décarbonée »

Sur le thème The Laboratory of the Future, l’exposition s’impose comme une Biennale des idées, l’architecture se présente comme une réflexion, voire une solution pour le développement de l’humanité. Elle se déploie sur les sites historiques de la lagune : les Giardini pour le pavillon central, l’immense corderie de l’Arsenal et Forte Marghera.

Les participants expriment leurs points de vue sur des sujets tels que la colonisation et décolonisation, l’exploitation des richesses naturelles du continent, mais aussi l’urbanisme et le paysage, l’interconnexion entre décarbonation et décolonisation. Car pour Lesley Lokko, préparer l’avenir consiste avant tout à décoloniser l’architecture.
Cela aboutit à des sujets variés. La Pologne se penche sur le règne des datas qui pourraient générer des espaces par algorithmes dans le futur. Les Etats-Unis dénoncent notre dépendance au plastique. L’Allemagne traite du réemploi en utilisant les résidus de la Biennale d’art 2022 pour son nouveau pavillon. Les Pays nordiques mettent quant à eux l’accent sur l’artisanat par une installation.

 

Le pavillon français réveille l’utopie

Le pavillon français, conçu par l’agence Muoto avec Jos Auzende, et Georgi Stanishev et Clémence La Sagna pour la scénographie, se situe dans le droit fil de cette notion de laboratoire. Intitulé « Ball Theater / La fête n’est pas finie », il propose un espace sphérique théâtral et sonore, qui accueillera pendant six mois des temps de contemplation et d'occupations, des ateliers, des paroles et des moments festifs. Des événements ponctuels qui permettront de croiser les disciplines et de rapprocher l’art, l’architecture et la recherche.
 

 

Biennale d’architecture 2023 : les Lions d’Or et d’Argent

L'architecte nigérian Demas Nwoko s’est vu récompenser le 20 mai du Lion d’Or de la 18e Biennale internationale d’architecture de Venise, pour l’ensemble de son œuvre.
Âgé de 88 ans, l’architecte, sculpteur, historien, designer et homme de théâtre, fils d’un roi né dans le sud du Nigeria, a tout au long de sa riche carrière créé des œuvres tournées vers l'avenir. A la clé, une architecture moderne et durable, à la fois esthétique et fonctionnelle.

Le Pavillon du Brésil a quant à lui reçu le titre du pavillon national le plus pertinent avec son projet Terra(Earth). Du sol aux présentoirs de l’espace d’exposition, tous les éléments ont été réalisés avec de la terre, mettant le visiteur en lien direct avec les terres indigènes et l’architecture locale brésilienne.

 

Trois expositions à voir à Venise pendant la Biennale d'architecture

Au-delà de la Biennale d’architecture et ses installations, la Sérénissime accueille notamment trois expositions valant le détour : Everybody Talks About the Weather de la Fondation Prada, Chronorama, au Palazzo Grassi (première grande rétrospective des chefs-d’œuvre issus des archives de Condé Nast) ou encore Icônes à la Punta della Dogana, reprenant des œuvres provenant de la Collection Pinault, et invitant à une réflexion sur le thème de l’icône et du statut de l’image.

 

MAR
Publié le 23 mai 2023, mis à jour le 23 mai 2023

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