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5 romans incontournables sur l'Italie

Par Marie-Astrid Roy | Publié le 12/07/2017 à 22:13 | Mis à jour le 12/07/2018 à 12:01
Livre_Finzi-contini

La rédaction a sélectionné cinq livres de poche à embarquer dans votre valise pour cet été. Des ouvrages contemporains pour découvrir l'Italie à travers des fresques familiales et historiques. Des livres autant faciles qu'agréables à lire. Un beau moyen d'approfondir la connaissance du Belpaese en voyageant avec les auteurs. Rendez-vous en Emilie-Romagne, à Naples et tout au Nord, dans le Haut Adige, jusqu'à la pointe Sud en Calabre. 



Le jardin des Finzi-Contini de Giorgio Bassani (1964)

Ce célèbre roman de Giorgio Bassani, grand écrivain de la ville de Ferrare, raconte le sort d'une importante famille aristocratique juive de cette ville de province, en pleine ascension de Mussolini et de l'antisémitisme en Italie, avant et au début de la seconde guerre mondiale. Les Finzi-Contini vivent séparés du monde par les murs qui entourent leur immense jardin. Enfermés dans leurs privilèges, ils refusent de voir la réalité en face mais n'échapperont pas à leur malheureux destin.
Si l'histoire est tragique et semble peu originale, on est en réalité transporté par une superbe écriture, à la fois sèche et efficace. On est saisi par des relations humaines complexes : l'amour non partagé entre le narrateur, un jeune issu d'un milieu modeste et Micol, la fille des Finzi-Contini ; l'amitié entre le protagoniste et Alberto, le frère de Micol. Les phrases s'enchaînent créant une spirale qui nous tient en haleine au rythme des évènements. Jusqu'au triste dénouement.
Giorgio Bassani nous offre en prime une plongée dans la belle ville de Ferrare, ville de la Renaissance, située en Emilie-Romagne.

Pour les cinéphiles, sachez que Le jardin des Finzi-Contini a été adapté au cinéma par Vittorio De Sica en 1970 (Ours d'or du Festival du Film de Berlin et Oscar du meilleur film en langue étrangère).
 

 

Le jour avant le bonheur de Erri De Lucca (2010)

L'auteur, Erri De Lucca, « fils de Naples » comme il est surnommé, nous plonge dans sa ville natale juste après la guerre. Une Naples encore délabrée où un jeune orphelin est contraint de vivre dans un misérable cagibi et s'adonne à son activité favorite : jouer au foot. Il a la chance de faire la connaissance d'un concierge, don Gaetano, qui le prend sous son aile. Il lui raconte les années de guerre, des anecdotes sur la libération de la ville par les Napolitains, il lui apprend à jouer aux cartes (comme on y joue tant à Naples !), à se rendre utile, à faire des travaux de plomberie.
En toile de fond : toute la magie des paysages napolitains, le Vésuve?

 


 

 

 

Eva dort de Francesca Melandri (2012)

On voyage du nord au sud de l'Italie avec la narratrice, Eva, qui parcourt en train 1387 km du Tyrol du Sud, sa région natale, jusqu'en Calabre, pour retrouver un homme qui a beaucoup compté dans son enfance. Kilomètre après kilomètre, c'est toute sa jeunesse et l'histoire de sa mère Gerda qui défilent dans sa tête. On découvre ainsi le destin du Haut-Adige, cette région italienne frontalière et germanophone, devenue autonome après avoir appartenu pendant une période à l'Empire austro-hongrois. Eva raconte l'histoire d'une mère dont elle est fière, marquée par l'histoire difficile du Tyrol du Sud. Une fresque familiale et historique intéressante, mêlant intelligemment passé et présent.

Alors que l'on connaît bien l'Italie pour ses redondants clichés, on la méconnaît parfois pour son sombre passé. Pour y remédier, voici deux livres de Simonetta Greggio (journaliste et auteure italienne, résidant en France et écrivant en français) qui racontent plus de 50 ans d'histoire contemporaine de sa belle Italie en mêlant à merveille fiction et réalité : Dolce Vita (1959-1979) et Les nouveaux monstres (1978-2014).
 

 



Dolce Vita (1959-1979) de Simonetta Greggio

Le récit s'ouvre à la date du 3 février 1960, lors de la première du film Dolce Vita. On assiste alors à une succession de scènes entre faits divers scabreux, scandales et secrets politiques, teintés par des relents du passé fasciste et de déliquescence morale. Autant dire qu'en dépit du titre, rien des deux décennies abordées dans ce 1er tome ne renvoient à la douceur, à la sensualité ni au charme et à la joie de vivre italienne?
Plus qu'un roman, on a l'impression de visionner un documentaire grâce à un montage très cinématographique d'évènements. Au centre du récit, le prince Malo (personnage imaginaire), un vieil aristocrate en fin de vie, qui après avoir connu les folies de la dolce vita, éprouve le besoin de se confesser ? on est en 2010 -, auprès d'un jeune ami jésuite. On suit ainsi le fil de sa mémoire : attentats, tentatives de coups d'Etat, meurtre de Pier Paolo Pasolini, l'intellectuel qui ne cessait de dénoncer les trames obscures du pouvoir, scandales financiers, premières actions des Brigades rouges, jusqu'à l'enlèvement et le meurtre d'Aldo Moro.

 

 


Les nouveaux monstres (1978-2014) de Simonetta Greggio

Là encore le titre est emprunté à un film de Cinecittà.
Le roman s'ouvre dans les somptueux jardins d'un château italien. Témoignage de la beauté de la Péninsule. Alors que le patriarche d'une riche famille de nobles est enterré, le jésuite Don Saverio et le jeune Aria, sa petite-nièce, journaliste d'investigation, se rencontrent. Elle veut comprendre pourquoi Aldo Moro, les magistrats anti-Mafia Falcone et Borsellino, Pasolini et d'autres innocents ont été massacrés. Pourquoi des hommes comme Giulio Andreotti et Silvio Berlusconi ont été tant de fois condamnés puis acquittés.
A travers leur relation et leur correspondance, le roman raconte l'implosion de la Démocratie chrétienne et du parti communiste, la montée en puissance du berlusconisme, parle d'argent sale, de mafia et d'affaires troubles au Vatican.
Si le style est dramatique, il ne tombe jamais dans le mélo et dresse le portrait d'une Italie sublime? et tragique.

 


 

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5 Commentaire (s)Réagir
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Gabrielle jeu 12/07/2018 - 11:44

"Haut-Adige, cette région italienne frontalière et germanophobe,". Ce ne serait pas plutôt "GERMANOPHONE" ? 😉

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Charlie lun 29/01/2018 - 13:16

Franchement 'Il giardino dei Finzi Contini' est la morte civile de la litterature italienne. Ennuyant le roman, ennuyant le film. C'est mieux lire: Cinque storie ferraresi ou Una notte del '43.

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Nena ce n’est pas moi qui ai écrit le commentaire précédent mar 14/08/2018 - 15:51

Il giardino des Finzi Contini est d’apres moi un roman intéressant et agréable à lire. Je trouve INADMISSIBLE que mon commentaire sera modéré avant d’être visible.Ou est mon propre commentaire ou celui du correcteur. C’est la première fois que je découvre cette pratique désagréable et ...insultante .

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milan mar 14/08/2018 - 16:42

Bonjour, les commentaires se voient validés avant publication - sans être modifiés - afin de pouvoir éviter la publication d'éventuels commentaires à caractère diffamatoire.

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Jean-François sam 03/02/2018 - 15:00

Commentaire ridicule et qui montre une profonde ignorance de la litterature Italienne et de l'histoire... Triste.

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