Stéphane Vojetta: "Cette victoire, c'est aussi une grosse revanche!" premium

Par Armelle Pape Van Dyck | Publié le 20/06/2022 à 14:00 | Mis à jour le 22/06/2022 à 14:02
Portrait de Stèphane Vojetta

Les urnes à peine rangées, lepetitjournal.com a rencontré Stéphane Vojetta, le nouvel homme fort de la 5ème circonscription, pour avoir ses premières impressions et connaître ses projets. Quelques surprises en vue.

 

 

Cette élection, est-ce qu'elle vous donne un sentiment de double victoire?

Effectivement, d'autant que la configuration des choses est bien différente d'il y deux mois. On a pu voir qu’il y a vraiment eu une double victoire d’abord une victoire au premier tour contre la machine, et ensuite une victoire au second tour à contre-courant de ce qui s’est passé au niveau national, avec un rassemblement qui allait bien au-delà des voies de la majorité présidentielle. Cela donne un certain sens de la responsabilité et montre aussi le chemin pour ce qu’il faudra faire à l’assemblée sur les prochains mois et les prochaines années.

A ceux qui m'ont tourné le dos, je n’ai pas grand-chose à leur dire. Les résultats suffisent.

Que dites-vous à ceux qui vous avaient tourné le dos?

À l’évidence il y en a qui devaient défendre une décision qui ne faisait pas beaucoup de sens, mais maintenant beaucoup ont perdu les élections et sont exclus du jeu et pour ceux qui restent, je n’ai pas grand-chose à leur dire. Les résultats suffisent… Maintenant reste à savoir dans quel groupe parlementaire je vais être inclus puisque je reste exclu de La République En Marche à l’heure actuelle, mais je reconnais que je suis en position de force.

 

Précisément, on vous reprochait de n'être pas connu et de ne pas avoir autant de légitimité avec votre "mini mandat".

Il fallait voir d’où venaient les accusations de manque de légitimité, parce que je n’avais pas été élu et maintenant j’ai gagné, et en plus, avec plus de 14.000 voix! C’est le double de 2017 et le triple de 2018. Ça, c’est une grosse revanche aussi.

Une chose, c'est de savoir ce qu’il va se passer et une autre, c’est de l’exécuter et ne pas céder à la pression

Tel le film "L'homme qui tua Liberty Balance", vous resterez celui qui a battu Manuel Valls. On a même commencé à vous surnommer Gladiator ou Survivor! Vous en pensez quoi?

Gladiator, Survivor, en fin de compte, cela dénote un esprit de combat qui correspond pas mal à la situation. Parce que finalement, les choses se sont passées comme je les avais prévues. Mais une chose, c’est d’avoir l’intuition de savoir ce qu’il va se passer et une autre, c’est de l’exécuter, de ne pas céder à la pression, à la fatigue et je suis content d’avoir pu démontrer cette force de caractère là aussi.

 

 

Cela faisait des semaines que les rumeurs couraient sur la candidature de Valls. Lorsque l'annonce a été officielle, vous l'avez vraiment appris par les médias? Quand avez-vous finalement décidé de vous battre?

Effectivement, l'investiture de Valls je l’avais apprise dans le communiqué de presse où étaient marqués les candidats des différentes circonscriptions. Parce que jusque-là, j’avais beau demander si ces rumeurs étaient fondées, on me disait toujours que non, que rien n'était décidé. Quoiqu'il en soit, ma décision était déjà prise. Car je savais que c'était une grave erreur et je savais qu’au premier tour, je pouvais gagner Valls et que Valls ne pourrait pas gagner s'il était au deuxième tour. Et c'est là que je me suis dit 'il faut que j’y aille' pour plein de raisons, notamment parce qu’on ne pouvait pas perdre notre circo et pour les raisons pratiques, après tout ce que j'avais commencé à faire.

 

Quels sont vos projets justement? 

C'est d’abord accompagner la transformation des services consulaires et la dématérialisation de plusieurs démarches pour libérer du temps pour les agents qui pourront ainsi rencontrer les personnes qui en ont besoin ou qui veulent du présentiel. Et ça, ça passe par la dématérialisation, en particulier le renouvellement des papiers, les procurations, etcetera.

Je veux monter une plate-forme de l’emploi pour les Français et francophones sur la circonscription

Et pour les certificats de vie, la balle est toujours dans le camp de l'Espagne?

Effectivement, c’est sur la table du ministre de la Santé espagnol et donc maintenant j’attends de voir qui est la nouvelle ministre de la Santé pour pouvoir lui demander d’interpeler son collègue espagnol afin que cela s’accélère, puisque tout est prêt et maintenant ça dépend de l’Espagne.

 

Et vous avez d'autres projets en tête?

Il y a un autre projet un peu plus personnel que je n'avais pas eu le temps de mettre en place mais que je vais reprendre à la rentrée. Je veux monter une plate-forme de l’emploi, une espèce de tableau de petites annonces virtuelles pour les Français pour trouver toutes les offres et demandes d’emploi pour les Français et francophones sur la circonscription. L'idée est d'éviter ce qui se passe souvent, qu’une boîte française qui a besoin d’une personne francophone se tourne vers la France alors qu'elle pourrait trouver en Espagne ou au Portugal quelqu’un qui serait certainement plus compétent pour ce poste ici. Ensuite il y a le thème des bourses, et rendre leur capacité de financement aux établissements de l’étranger pour leur permettre d’investir sans faire peser le poids des investissements sur les parents, c'est très important.

 

Stephane Vojetta pose avec des personnes pendant son road trip
Stéphane Vojetta, il y a quelques jours, pendant son road trip

 

Vous avez parcouru plus de 5.000 km pour rencontrer les Français, ce qui vous a permis de connaître leurs inquiétudes et requêtes. Quelles sont-elles?

Pendant mon road-trip, j’ai eu énormément d’interpellations sur le fait qu'il est difficile de s’installer pour travailler en Espagne et au Portugal, mais surtout en Espagne, et ce, malgré l’Union européenne. En particulier, à cause de petites barrières administratives, surtout avec la reconnaissance de certains diplômes. Je vais donc mettre en place une enquête à la rentrée pour identifier les communautés autonomes et savoir où sont les soucis afin de pouvoir faire remonter le problème au ministère. Ensuite un autre sujet qui inquiète beaucoup les Français est celui de la 'résidence de repli', autrement dit le statut de la résidence qu'ils conservent en France, pour qu'elle ne soit plus considérée comme résidence secondaire. Et ça c’est aussi hyper important.

 

 

Armelle pvd

Armelle Pape Van Dyck

Après 15 ans à la direction de la communication de la 1ère banque espagnole, elle a décidé de concilier vie pro & perso, comme journaliste freelance en français ou espagnol. Elle est vice-présidente de l’Association des Correspondants de Presse Étrangère.
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