Samedi 28 novembre 2020

Le gouvernement britannique se prononce sur la situation à Hong-Kong

Par Clara Grouzis | Publié le 20/11/2020 à 17:59 | Mis à jour le 20/11/2020 à 18:04
Photo : joseph-chan-unsplash
HongKong RU manifestations Chine

Dans une déclaration conjointe avec l’Australie, le Canada, la Nouvelle-Zélande et les Etats-Unis, le gouvernement britannique a condamné l’attitude chinoise à Hong-Kong.

Cette déclaration est intervenue mercredi 18 novembre, une semaine après la révocation de quatre députés prodémocratie à Hong-Kong. En effet, depuis 2019, la mainmise de la Chine sur le territoire hongkongais semble s’agrandir, violant les principes établis en 1997 avec Londres. C’est pourquoi, depuis l’année dernière, les habitants de la péninsule chinoise réitèrent les manifestations contre le gouvernement de Pékin.

Une représentation démocratique…

En 1997, Londres rétrocède à la Chine le territoire hongkongais annexé en 1842. Mais cette rétrocession fait l’objet d’un traité dans lequel la Chine s’était engagée à préserver l’indépendance économique, le système de gouvernement et de justice hongkongais, et ce jusqu’en 2047. En effet, cela devait faciliter une transition douce, qui ne brusquerait pas les habitudes de vie libérales et capitalistes des habitants de la péninsule, selon le nouveau principe “un pays, deux systèmes”.

Mais la représentation démocratique s’effrite de plus en plus. Les hongkongais n’ont jamais été à même d’élire au suffrage universel leur chef de gouvernement, qui est élu par des corps professionnels. Et au Conseil Législatif, une majorité acquise par Pékin se maintient. Par ailleurs, le gouvernement chinois contrôle de plus en plus les candidats qui se présentent aux élections.

..en voie de disparition…

En Septembre, le pouvoir chinois a décidé de reporter les élections législatives, sous prétexte que la pandémie ne permettait pas de les organiser, ce qui lui a attiré de violentes critiques de la part des pro-démocratie.

Et la semaine dernière, c’est une nouvelle violation du traité signé avec le Royaume-Uni que la Chine a commise. Sous prétexte qu’ils mettaient « en danger la sécurité nationale, prônaient l’indépendance de la région administrative spéciale, ou favorisaient une ingérence étrangère », quatre députés pro-démocratie ont été immédiatement révoqués par la cheffe de l’exécutif Carrie Lam, vivement critiquée par les hongkongais depuis 2019 car jugée trop proche de Pékin. En solidarité, les quinze autres députés pro-démocratie du Conseil législatif ont démissionné. Depuis la semaine dernière, c’est donc un parlement fantoche qui exerce à Hong-Kong, où l’opposition à Pékin est devenue inexistante.

Par ailleurs, il y a deux jours, trois députés pro-démocratie ont été arrêtés par le pouvoir central chinois pour avoir commis un « outrage ». Ce chef d’accusation renvoie au fait qu’en juin, les politiciens avaient jeté dans le Parlement une plante pourrie afin d’interrompre la séance parlementaire. Celle-ci devait mener au vote sur un texte prévoyant trois ans de prison à quiconque commettait un outrage à l’hymne national.

…ce que le pouvoir britannique condamne

C’est donc dans une déclaration commune avec ses partenaires de la Five Eyes alliance que le Royaume-Uni a condamné la situation à Hong-Kong. « Cela enfreint à la fois l’engagement de la Chine à ce que Hong-Kong jouisse d’un « haut degré d’autonomie » et la liberté d’expression » ont écrit les cinq ministres des Affaires Étrangères.

Ainsi le Royaume-Uni condamne les actions chinoises, sans pour autant prendre action contre le gouvernement de Pékin : « Nous appelons la Chine à cesser de saboter le droit des habitants de Hong-Kong à élire leurs représentants, selon la Déclaration Conjointe et la Loi Fondamentale. »

« Nous exhortons les autorités centrales chinoises à reconsidérer ses actions contre la législation hongkongaise élue et à rétablir immédiatement les membres du Conseil Législatif ».

Déjà cet été, Boris Johnson avait fermement condamné la mise en place par la Chine de la «loi sur la sécurité nationale», entrée en vigueur début juillet. Cette loi prévoit la possibilité de condamner toute personne qui critique ouvertement le gouvernement de Pékin. Ainsi, le Premier ministre britannique avait décidé de faciliter l’accession au statut britannique d’outre-mer pour les habitants de Hong-Kong.

La situation à Hong-Kong inquiète les gouvernements démocratiques du monde entier. En prenant progressivement la main sur le territoire hongkongais, la Chine bafoue ouvertement le droit international et le traité signé avec Londres. Et la situation semble se dégrader de plus en plus…

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Clara Grouzis journaliste Londres

Clara Grouzis

Etudiante en troisième année à Sciences Po Aix et passionnée, je me destine au journalisme
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