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Le Blue Monday, allié ou ennemi de la santé mentale ?

Par Swali Guillemant | Publié le 19/01/2021 à 17:00 | Mis à jour le 19/01/2021 à 17:52
Photo : Tim Mossholder-Unsplash
santé mentale confinement blue monday

Le Blue Monday, plébiscité comme le jour le plus déprimant de l’année et critiqué par les experts, met en exergue le sujet de la santé mentale alors que le Royaume-Uni entame un nouveau confinement.

 

Le Blue Monday , qui a lieu le troisième lundi du mois de janvier, tombe cette année le 18 janvier 2021, en pleine pandémie mondiale. Cette dénomination anglaise trouve sa genèse dans un concept marketing exploité par les entreprises. Aujourd’hui affilié à la santé mentale, son objectif s’inscrit dans l’intention d’identifier et d’ouvrir la discussion autour des problèmes psychologiques et mentaux qui peuvent toucher tout un chacun, notamment sur les réseaux sociaux.

 

Origine

Le « Blue Monday » correspond au nom attribué au jour de l’année considéré comme le plus déprimant. A l’origine, il s’agit d’un coup de publicité réalisé par une agence de voyage britannique, Sky Travel, élaboré pour favoriser les ventes de voyages durant le mois de janvier en 2005. Il fut conçu selon une formule scientifique, équivalente à une équation, proposée par le psychologue Cliff Arnall. Plusieurs facteurs ont été incorporés tels que les conditions météorologiques, l’espace temps depuis Noël, les résolutions non tenues, ou encore le manque cruel de motivation pour retourner travailler en début d’année.

Depuis sa première apparition, cette journée et son concept ont été largement repris et utilisés à des fins commerciales par diverses entreprises pour encourager la vente de produits plus ou moins liés au bien-être. Le phénomène est devenu mondial, comme le prouve chaque année la fréquence d’utilisation de ce terme sur les réseaux sociaux et dans les gros titres. De plus en plus de panels, d'événements et d'articles associent désormais le Blue Monday à la maladie mentale.

 

Fausses idées et banalisation

Tout ceci provoque la colère des experts de la santé mentale qui s’insurgent contre cet évènement aux fins consuméristes. Ce mythe de la journée la plus déprimante de l’année n’est basé sur aucune étude scientifique, beaucoup parlent même de “pseudoscience”. Les professionnels de santé en viennent à le considérer comme dangereux car il vulgariserait en réalité les problèmes de santé mentale. Depuis la naissance du concept et de la formule, son créateur, Cliff Arnall s’est d’ailleurs distancié de son utilisation commerciale et s’est excusé auprès du public en expliquant que son souhait n’avait jamais été de nuire à qui que ce soit.

Il faut se soucier de sa santé mentale au quotidien, étant admis que la dépression ne peut demeurer un simple épisode d’une journée comme la mauvaise humeur. Ainsi, différencier ce jour où l’on serait plus à risque participe au final à désinformer le public et nuit à la compréhension globale de la santé mentale. Certaines associations et organisations caritatives ont abordé le sujet comme l’organisation caritative Mind en actant le lancement en 2016 de la campagne BlueAnyDay qui œuvre pour éviter toute forme de confusion entre la dépression et le Blue Monday.

 

Sensibilisation et discussion

Certaines associations comme l’organisation caritative Samaritans, souhaitent remplacer le Blue Monday en Brew Monday, afin d’entériner officiellement une journée destinée à promouvoir les discussions avec sa famille et ses amis : « Nous allons transformer cette journée en quelque chose de positif en encourageant les gens à se réunir autour d’une tasse de thé virtuelle réchauffante […] il s’agit de tendre la main, de prendre des nouvelles et rester en contact. » Il est aujourd’hui particulièrement important en ces temps de crise sanitaire et de mesures restrictives de pouvoir en parler et s’entraider, comme évoqué la semaine dernière. Nous devons donc nous donner la peine plus que jamais afin de nous sentir concernés par le bien-être de ces personnes pour qui nous ressentons tant d’affection.

Bien que démenti par les experts, le Blue Monday permet malgré tout de faire parler de la santé mentale. Nombreux sont ceux qui s’adressent et tendent la main vers les autres à cette occasion, particulièrement sur les réseaux sociaux. Elle permet d’avoir des conversations difficiles autour de la dépression, de l’anxiété et des moyens pour y remédier. Pour ou contre le concept du Blue Monday, il est évident qu’il sensibilise à un sujet encore trop peu abordé.

 

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Swali Guillemant - Journaliste

Swali Guillemant

Étudiante en journalisme culturel, curieuse et impliquée. Passionnée par la culture et les arts.
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