Samedi 29 janvier 2022
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Etudiant à Polytechnique puis Oxford, Alexis remercie le Lycée Winston Churchill

Par Laurent Colin | Publié le 06/11/2021 à 10:14 | Mis à jour le 06/11/2021 à 10:14
Photo : Alexis Farman
Alexis Farman ancien élève Lycée Winston Churchill Londres

Il est des entretiens qui peuvent ensoleiller une journée. Celui avec Alexis Farman en est un. Jeune étudiant en Mathématiques appliquées à l’Université d’Oxford, il nous confie combien ses trois années au Lycée International de Londres Winston Churchill ont été décisives pour la suite de son parcours et son avenir.

 

Alexis d’où viens-tu et dans quelles conditions es-tu arrivé à Londres ?

Nous avons toujours vécu à Paris. Lorsque j’étais en Troisième, ma mère a accepté une mutation à Londres. Une belle opportunité professionnelle. Elle est partie s’y installer avec l’un de mes frères. Mon père, mon autre petit frère et moi-même l’avons rejointe une année plus tard et je suis entré en Seconde au Lycée International Winston Churchill. C’était en septembre 2015.

 

Comment se sont déroulées tes trois années au Lycée International de Londres ?

Très bien, même si cela a été un grand changement pour moi. J’étais auparavant scolarisé dans collège du septième arrondissement de Paris. Et sans vouloir comparer les systèmes, j’ai ressenti une grande différence dans la manière de concevoir l’éducation. En arrivant au Lycée Winston Churchill, on nous apprend d’abord à prendre des initiatives, à trouver notre propre méthode de travail et nous sommes tout de suite plus responsabilisés. Mais cela ne veut pas dire pour autant que nous ne sommes pas encadrés…

 

Qu’est-ce que tu retiens du Lycée International Winston Churchill ?

Beaucoup de choses. En premier lieu l’excellent niveau des professeurs. Tous brillants dans leur domaine. Ils savent comment susciter de l’intérêt pour leur matière. En mathématiques mes professeurs m’ont encouragé à consulter des papiers de recherche et à m’entraîner sur d’autres exercices que ceux indiqués en cours. J’ai toujours été bien accompagné. Je pouvais envoyer un email le soir ou le week-end et mes professeurs répondaient rapidement à mes questions. Cela change le rapport que l’on a avec eux. Ils n’étaient pas là juste pour me « noter ». Ils étaient avant tout désireux de m’apprendre plein de choses et de me donner goût à leur matière.

 

Cette relation très forte avec le corps professoral peut-elle susciter une vocation ?

C’est quelque chose que je retiens aujourd’hui. D’ailleurs, lorsque j’étais à l’Ecole Polytechnique, j’ai donné des cours de soutien à des petits groupes de 10 à 15 élèves, en maths, dans un lycée voisin. Même si c’était juste du « soutien », j’ai essayé de garder en mémoire comment mes professeurs avaient été avec moi, pour essayer d’amener les élèves à travailler, à les aider autant que possible et à leur donner le goût des mathématiques.

Les professeurs du Lycée International de Londres m’ont tellement apporté, cela a eu un effet bénéfique sur moi, et je les en remercie ! J’ai appris et j’ai appris à apprendre aux autres. Leur passion m’a donné le goût d’enseigner et je serai peut-être professeur plus tard.

 

Le Lycée International est aussi très ouvert aux nouvelles technologies, est-ce un vrai avantage ?

La technologie, cela aide, surtout en termes d’organisation. Au Lycée Churchill nous avons tous un iPad remis à la rentrée. C’est super pratique, cela donne accès à un grand nombre de bibliothèques et nous offre une manière très différente d’apprendre. On nous enseigne aussi à aller chercher les informations, à vérifier les sources. L’iPad est un bel outil de travail qui nous permet également de communiquer avec les professeurs, nos camarades, la vie scolaire.

 

Autre élément déterminant pour toi, c’est la dimension très internationale du Lycée Winston Churchill de Londres. Tu peux nous expliquer ce que tu entends par là ?

Le Lycée Winston Churchill est international. Et pas que dans le nom. C’est vrai partout. A tous les étages si je peux dire ! Dans mon ancien établissement à Paris c’était très « Prépa ». Les meilleurs de la classe étaient poussés dans cette voie et les autres orientés vers les universités françaises. C’est noir ou blanc. A aucun moment on nous présente d’autres alternatives comme les universités à l’étranger.

En arrivant à Londres, le champ des possibles a complètement changé. Le « département carrières » du Lycée Winston Churchill n’écarte aucune option. Une personne est dédiée à l’orientation vers les écoles françaises post-bac et une autre aux écoles anglo-saxonnes. Royaume-Uni, Etats-Unis, Singapour, Hong Kong… on nous présente les différents systèmes et toutes les opportunités possibles. Je ne peux que remercier Danielle Raymond en charge de la cellule carrières. Ancienne avocate d’origine canadienne, elle connaît très bien tout ce qui se passe sur le continent nord-américain et toutes les ficelles pour postuler dans les écoles.

Notre professeur d’anglais, John Feehan, qui a étudié l’Histoire à Oxford, a aussi été d’une grande aide pour tous les élèves postulant dans les universités britanniques. Churchill, c’est également un établissement où se côtoient de nombreuses nationalités avec des lycéens qui viennent de nombreux pays. Une vraie chance pour en apprendre davantage sur les écoles après bac chez eux. Et enfin, le côté international se retrouve aussi chez les professeurs, et notamment les profs de langues. Cela change beaucoup d’avoir des professeurs « natifs ». Leur vision de l’enseignement peut être totalement différente.

 

Et le bilinguisme dans tout cela, ce n’est pas une chance également ?

Evidemment. Nous avions plus de cours d’anglais que les lycéens français et des matières sont enseignées en anglais également. En trois ans, le lycée Churchill m’a rendu complètement bilingue, avec un niveau d’anglais académique. Les professeurs m’ont aussi bien accompagné pour passer le IGCSE. Je ne peux que les remercier aussi pour cela.

 

Avec ton Bac S en poche (spécialité mathématiques) décroché avec une mention très bien, tu choisis l’Ecole Polytechnique de Paris, pourquoi ?

J’ai presque trouvé ce nouveau Bachelor bilingue de l’Ecole Polytechnique par hasard sur le web et j’ai postulé. C’était mon second choix. J’avais demandé Imperial College que je n’ai pas eu… Mais finalement c’est sans regret car le cursus visé était très orienté « aéronautique ». A l’époque c’était ma passion, j’ai voulu un temps devenir pilote. Et après je n’étais plus certain de mon choix. Heureusement j’étais ensuite plus intéressé par la biologie et j’ai été pris à l’Ecole polytechnique avec une formation plus générale en maths et en physique.

 

Avec un peu de recul, que penses-tu de l’Ecole Polytechnique ?

J’ai vécu une excellente expérience dans cette école pendant trois années. C’était du très haut niveau avec des cours difficiles parfois. Par contre, après, en termes d’opportunités c’est top. Comme le programme est très général, cela ouvre les portes d’à peu près tous les Masters : maths, informatique, physique, éducation… Autre avantage, nous ne sommes que 60 par promotion, nous avions donc des relations très privilégiées avec les professeurs que nous n’aurions pas eues dans un Bachelor anglais. Cela permet de mener des projets de recherche académique beaucoup plus facilement.

 

Depuis la rentrée 2021, retour en Angleterre à Oxford. Pourquoi ?

A Polytechnique, je me suis rendu compte que je n’aimais pas tout ce qui touche à l’ingénierie. Ce que j’affectionnais particulièrement c’était les mathématiques, plus théoriques, et notamment orientés vers la biologie. Aussi j’ai décidé de postuler à Oxford dans un Master de Maths appliquées. En pratique cela veut par exemple dire créer un modèle mathématique permettant de prédire la progression de cellules cancéreuses dans le cerveau ou encore créer un modèle permettant de prédire la propagation du Coronavirus. C’est ce à quoi je me destine.

 

Le fait d’avoir été scolarisé au Lycée Winston Churchill de Londres t’a aidé ?

Oui ! A la fois pour mon Bachelor en France et pour mon Master à Oxford. Mon expérience au Lycée Churchill a eu un vrai impact. Pendant les trois ans, l’établissement m’a fait découvrir la communauté internationale, à la fois celle des Français à l’étranger, mais aussi celle des étrangers qui vivent à l’international. Je voulais retrouver une université avec des étudiants qui viennent de partout dans le monde avec un enseignement de très haut niveau, comme au Lycée Churchill.

 

La Bienveillance est un mot qui revient souvent à la bouche des anciens élèves du Lycée Winston Churchill. Es-tu d’accord avec cela ?

Facile de répondre oui ! Que ce soit de l’aide pour les devoirs, pour des questions académiques ou d’organisation, la vie scolaire… Tout le staff était là pour nous. Tout le temps. Et même l’équipe de Direction. Nous pouvions aller au secrétariat pour demander un rendez-vous. Même chose avec nos professeurs toujours disponibles pour nous aider. Ils cherchaient à nous faire tous progresser et sans forcément trop nous cadrer. L’idée n’était pas uniquement de suivre le programme et les exercices des livres, de bien copier les cours. L’objectif était de nous emmener plus loin. Si je préférais ne pas prendre de notes pour bien écouter en classe et ensuite réviser le cours chez moi c’était possible. Les professeurs s’adaptent, ils nous donnent les cours écrits, des résumés… Il y avait cette notion de travail, d’excellence, mais aussi de liberté.

 

Alexis, quels sont maintenant tes futurs projets ?

J’ai plusieurs choses en tête. Si je trouve un sujet qui m’intéresse profondément et sur lequel je veux passer les quatre prochaines années de ma vie à travailler, alors ce sera un PhD (Ndlr : un doctorat). Je m’imagine bien passer quatre années à phosphorer autour d’une seule question, à pousser ma pensée jusqu’au bout, à rencontrer des gens passionnants dans des domaines de recherche totalement différents. Il faut juste trouver le bon sujet et le bon encadrant. Sinon je suis très attiré par la recherche en entreprise, et des compagnies me tentent comme les GAFAs. Je me vois produire des modèles mathématiques pour eux.

 

A l’évocation du Lycée International de Londres, je sens comme un brin de nostalgie dans ta voix. Quel est ton sentiment ?

Je suis déjà d’une nature nostalgique, alors oui on peut parler de nostalgie. Ce furent trois belles années. Je suis toujours très amis avec plusieurs anciens du Lycée Winston Churchill dont Julie, Mathieu et Paul. Trois personnes qui m’ont vraiment accompagné à la fois académiquement, mais aussi sur le plan social. A Churchill, le travail en groupe est plus qu’encouragé, c’est une partie fondamentale de ce qu’ils nous enseignent. C’est ce qui fait que nous étions vraiment des camarades de classe, de travail et en dehors aussi. J’ajoute que travailler en groupe, ce n’est pas inné. Nous apprenons comment gérer les idées des uns et des autres, comment répartir les tâches. Cela semble évident maintenant, mais au départ cela ne l’était pas.

 

Pour conclure, je crois que tu souhaites garder des liens avec ton lycée ?

Effectivement. J’aimerais retourner au Lycée Winston Churchill de Londres pour partager mon expérience, mon parcours. Partager ce que c’est que d’étudier les mathématiques. J’ai envie de redonner ce que j’ai appris ici. Mon lycée m’a permis d’avoir les études que j’ai, et je souhaite revenir pour parler aux élèves d’aujourd’hui. Leur montrer à quoi ressemble la vie à Polytechnique ou la vie à Oxford, ce sur quoi il faut le plus travailler pour optimiser son dossier. Ce serait vraiment un immense plaisir.

 

>> Alexis Farman peut dès à présent se réjouir car il va bientôt recevoir son invitation pour assister à la journée annuelle des alumnis organisée comme chaque année fin décembre au Lycée International Winston Churchill de Londres.

 

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