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Covid : manque de diversité dans l’illustration des symptômes ?

Par Pauline Berger | Publié le 29/09/2020 à 14:36 | Mis à jour le 10/12/2020 à 15:42
Photo : united nations - unsplash
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De plus en plus de preuves scientifiques révèlent que l’apparition de rougeurs de la peau est un symptôme fréquent d’une infection au covid-19.

Pourtant, la British Association of Dermatologists (BAD) peine à fournir des exemples visuels de ces dernières sur des peaux noires ou plus foncées.

Un nombre d’exemples visuels inférieur proportionnellement au taux de contaminations au covid-19 parmi les populations BAME (Black, Asian and Ethnic Minorities)

« Nous savons que certaines communautés BAME au Royaume-Uni sont touchées de manière disproportionnée par le covid-19. Il est donc crucial qu’il existe autant d’exemples visuels témoignant des symptômes dermatologiques liés à une infection au virus sur des peaux noires ou plus foncées, que d’exemples visuels de ces mêmes symptômes sur des peaux blanches », affirme Ore Udubiyi, directrice de BME Medics, une plateforme chargée d’améliorer la diversité et l’inclusion dans le domaine de la santé.

C’est pourtant loin d’être le cas. Sur 400 clichés de rougeurs de peau apparues suite à une infection au covid-19, fournis par le site internet de la BAD, seulement 2 ont été pris sur des peaux noires ou plus foncées.

Pourtant, les dermatologues britanniques avaient spécialement demandé à la population des exemples de rougeurs apparues sur des peaux de membres de la communauté BAME pour leur étude. Ils n’ont reçu que 173 clichés au total. « Cela peut être expliqué par des facteurs culturels, mais aussi par le fait que les rougeurs sont moins visibles sur les peaux plus foncées, et donc plus difficiles à photographier », affirme un porte-parole de la BAD. Il ajoute que les médecins ont été obligés de refuser certains clichés qui leur avaient été envoyés, car ils n’étaient pas de qualité suffisante.

« À ce niveau-là, je préfèrerais publier des images de mauvaise qualité, plutôt que pas d’images du tout », répond le docteur en cosmétique et fondatrice de la clinique Adonia Medical Clinic à Londres, Ifeoma Ejikeme.

Un manque de représentativité de la communauté BAME ne se limitant pas aux symptômes du covid-19

« Il existe tellement de cas où des personnes noires ne sont pas allées consulter des médecins professionnels car elles ne se reconnaissent pas dans le langage ou les images que nous [professionnels du milieu médical] utilisons habituellement », déplore Margot Turner, maîtresse de conférences spécialisée dans la diversité et la pédagogie médicale à l’Université de St George à Londres. Par exemple, les hématomes sont plus compliqués à détecter sur des peaux foncées, réduisant le nombre de cas de violence domestique identifiés par les médecins généralistes.

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