Après le scandale, le Royaume-Uni s’engage à cesser les rejets d’eaux usées en mer

Par Colin Porhel | Publié le 31/08/2022 à 11:13 | Mis à jour le 31/08/2022 à 11:17
Photo : Niklas Weiss - Unsplash
Le scandale des eaux usées agite le Royaume-Uni

Accusée de polluer des dizaines de plages en reversant ses eaux usées en mer du Nord et dans la Manche, Londres a indiqué vouloir mettre fin à la pratique d’ici à 2050. Une rénovation des égouts estimée à plus de 60 milliards d’euros est notamment prévue.

 

Un nouveau différend à venir entre la France et le Royaume-Uni ? Alors que les deux voisins s’opposent déjà sur la gestion des dossiers post-Brexit, la pêche ou les contrôles aux frontières, c’est au tour de l’épineuse question du rejet des eaux usées dans la Manche et en mer du Nord de faire réagir politiques français et britanniques. Si la pratique n’est pas nouvelle, le recensement de l’ONG Surfers Against Sewage (SAS) de 90 plages polluées par les eaux usées. Quelques jours plus tôt, l’Agence pour l’Environnement révélait une multiplication par 27 des rejets d’eaux usées non traitées dans les rivières et les mers au cours des cinq dernières années.

 

Inquiets d’une possible contamination des littoraux français, plusieurs responsables politiques français n’ont pas tardé à réagir. Dans un courrier adressé au commissaire européen à l’Environnement, l’ancienne ministre Nathalie Loiseau et le président de la commission pêche au Parlement européen, ont ainsi estimé que « depuis le Brexit, le Royaume-Uni s’est exonéré de ses exigences environnementales ». Des critiques reprises par Xavier Bertrand, président de la région Hauts-de-France, qui témoigne « d’une vive émotion chez les habitants de la région, mais aussi et surtout d’une grande inquiétude en raison de la pollution qui émane de ces rejets ».

 

Une rénovation des égouts dans les tuyaux

Pourtant, si le littoral britannique est bien victime de la pollution aux eaux usées, les côtes normandes et nordistes n’ont, elles, pas été touchées directement par ces agissements. S’il y a eu des plages temporairement interdites à la baignade, c’était « suite à des sources de contamination situées sur le territoire normand », précise l’ARS Normandie à Libération. Chez les pêcheurs, pas de traces non plus de pollution britannique. « Dire qu’actuellement, on voit des eaux de rejet, non, on n’en voit pas », concède Olivier Leprêtre, président du comité des pêches des Hauts-de-France au journal. Reste que les conséquences pour la biodiversité marine pourraient bien s’avérer catastrophiques.

 

Face au tollé montant – aussi bien en France qu’au Royaume-Uni –, le ministre britannique de l’Environnement, George Eustice, a annoncé un plan de 66 milliards d’euros pour rénover les systèmes d’égouts et ainsi cesser totalement les rejets d’eaux usées d’ici à 2050. Une politique ambitieuse, alors que les canalisations actuelles constituent un « héritage de l’infrastructure victorienne » du XIXème siècle, selon le gouvernement.

 

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