Au Royaume-Uni, plus d’un travailleur sur dix occupe un emploi précaire

Par Colin Porhel | Publié le 11/07/2022 à 12:08 | Mis à jour le 12/07/2022 à 12:49
Photo : Carl Campbell - Unsplash
Les emplois précaires augmentent au Royaume-Uni

 Au total, près de 3,7 millions de travailleurs occupent un emploi précaire sur l’archipel, soit 100 000 personnes de plus qu’en 2021, selon un rapport publié par le Trades Union Congress.

 

Malgré un taux de chômage au plus bas depuis 1974, l’insécurité de l’emploi reste une situation tangible pour 10,8% des travailleurs britanniques, selon un rapport publié par le Trades Union Congress. L’organisation syndicale, qui dénonce « une kyrielle d’échecs en matière de droits des travailleurs » de la part du Parti conservateur, craint également que la démission de Boris Johnson enterre définitivement le projet de loi débattu depuis 2019 visant à protéger davantage les salariés.

 

« Ce gouvernement conservateur a promis de faire de la Grande-Bretagne le meilleur endroit au monde pour travailler. Mais les ministres ont brûlé cette promesse, d'abord en ne présentant pas de projet de loi sur l'emploi, et maintenant en attaquant effrontément le pouvoir de négociation des travailleurs et les droits syndicaux », a fustigé la Secrétaire générale du TUC, Frances O’Grady. Pour rappel, le gouvernement britannique a récemment exprimé son souhait de donner aux entreprises la possibilité de remplacer les travailleurs grévistes par du personnel intérimaire.

 

Les jeunes particulièrement touchés

En janvier dernier, le centre de réflexion Resolution Foundation s’inquiétait déjà du nombre grandissant de travailleurs occupant un emploi précaire au Royaume-Uni. Parmi eux, les jeunes âgés de 18 à 24 ans sont particulièrement touchés. Travail à temps partiel, sans nombre d'heures garanties, en intérim ou avec des horaires flexibles : selon l’enquête menée auprès de 6 100 personnes, un tiers des jeunes ayant retrouvé du travail après la pandémie occupe désormais un emploi peu stable. À titre de comparaison, seuls 12% des 18-24 ans qui ont conservé leur travail pendant les périodes de confinement sont concernés par une telle insécurité.

 

« Les jeunes ont été le plus durement touchés par l'impact économique de la pandémie, mais ils ont rebondi et sont rapidement revenus au travail, grâce en grande partie au succès du dispositif de chômage partiel. Toutefois, le retour au travail à lui seul ne suffit pas. Les gouvernants et les employeurs doivent avoir pour priorité de veiller à ce que les jeunes aient la confiance et les connaissances nécessaires pour trouver un emploi de qualité », explique Louise Murphy, l’autrice du rapport.

 

En France, l’affaire Macron-Uber fait craindre une situation similaire

Cette « gig economy », ou économie des petits boulots, symbolisée par Uber ou Airbnb, cherche désormais à étendre son influence au-delà des marchés du travail britannique ou étasunien, peu regardant en matière de droits des travailleurs. Selon un consortium de médias internationaux, dont Le Monde, des documents révèlent qu’entre 2014 et 2016, Emmanuel Macron, alors ministre de l’Économie et chantre de la « start-up nation », aurait conclu un « deal » secret avec Uber pour faire évoluer la réglementation en faveur de la société de VTC. Les 250 heures de formation nécessaires pour devenir chauffeur de taxi sont ainsi abaissées à sept par décret, une mesure ardemment soutenue par le géant américain.

 

Une information rapidement démentie par l’Élysée, qui affirme que l’actuel président était « naturellement amené à échanger avec de nombreuses entreprises engagées dans la mutation profonde des services advenue au cours des années évoquées, qu'il convenait de faciliter en dénouant certains verrous administratifs ou réglementaires ». Reste que malgré une ubérisation pour le moment moins importante qu’au Royaume-Uni, les travailleurs français ne sont pas épargnés par la précarité du travail. En 2021, 12,4% des emplois occupés étaient considérés comme précaires, selon l’Institut national de la statistique et des études économiques (INSEE).

 

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