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Saults, les frangins repérés par le guitariste de The Who, séduisent le Royaume-Uni

Par Lili Auriat | Publié le 12/11/2021 à 16:56 | Mis à jour le 12/11/2021 à 19:12
Saults

Le duo des frères Saults commence sérieusement à se faire un nom dans la pop britannique après leur sélection à la BBC Music Introducing. Notre rédaction a rencontré les deux français les plus british du moment pour revenir avec eux sur leur parcours de part et d’autre de la Manche.

 

Entre « pop britannique » et « groove américain », leur dernier single « Stuck in Old Fantasy », sorti le 22 octobre, tourne sur les ondes de radio au Royaume-Uni. Après quatre ans de tentatives, le groupe a enfin été sélectionné par la BBC Music Introducing. Un bond en avant pour le duo qui, avec un EP et six singles disponibles sur les plateformes de streaming, ne cesse de se faire connaître sur l’archipel après avoir déchainé les foules françaises.

 

« On a toujours voulu faire de la musique »

Quand Antoine et Greg Saults se retrouvent respectivement avec une guitare et une batterie entre les mains, ils ont six ans. La musique a toujours fait partie de leur quotidien. Les deux frères ont assisté à leurs premiers concerts dès l’âge de deux ou trois ans et ont, grâce à leur père, pianiste amateur, toujours baigné dans la musique britannique. « On a toujours voulu faire de la musique » expliquent-ils.

Formant et déformant des groupes pendant leurs années primaires et collèges, Antoine et Greg décident de se lancer tous les deux dans la musique après que le premier ait obtenu son bac. À 15 et 18 ans, les deux frères, accompagnés de leur ami Axel Castets à la basse, deviennent le groupe Saults que nous connaissons aujourd’hui. Leurs premiers concerts se passent sous leur toit, où ils répètent d’arrache-pied pendant des mois. Antoine se penche davantage sur la composition et la production, et les deux frères écrivent les paroles de leurs chansons ensemble.

Ceux qui les inspirent, ce sont les plus grands noms de la musique pop/rock anglophone : des britanniques comme les Beatles et Oasis, aux américains comme Bruno Mars ou Prince.

 

Repérés par le guitariste de The Who, le duo commence sa carrière en France

Le duo va recevoir un coup de pouce, aussi gratifiant qu’inattendu lorsque Pete Townshend, guitariste mythique de The Who, les contacte sur Instagram et les mentionne dans une interview au magazine Music Week. Ce message, les deux frères le reçoivent comme une validation : « Quand on voit qu’il y a des gens aussi connus qui nous soutiennent, forcément, ça aide et ça nous réconforte dans l’idée qu’on n’a pas fait d’erreurs en se lançant dans la musique » nous raconte Antoine.

Aujourd’hui bien entourés par une équipe qui, en France comme au Royaume-Uni, est toujours là pour les soutenir, les deux frères ont d’abord connu l’autoproduction. « Une expérience importante, qui nous a appris beaucoup de choses et nous a montré de quoi on était capables » dit Greg, mais qu’ils ne tenteraient pas à nouveau aujourd’hui, à cause de la quantité de travail demandée par ce fonctionnement.

Leur apogée en France est atteinte en 2017, lorsqu’ils sont invités à faire la première partie de Julian Perretta à Agen. « 10 000 personnes dans le noir, ça fait quelque chose » se rappelle Greg, « avec 10 000 personnes devant soi, on voit des gens à perte de vue ». Ce concert, c’est aussi leur dernier en France avant de passer de l’autre côté de la Manche.

 

Une année de galère en Angleterre avant d’enregistrer aux studios Abbey Road

En 2018, Saults décide d’étendre sa carrière au Royaume-Uni. « On sentait qu’on était arrivé au maximum de ce qu’on pouvait faire en France. Toutes nos paroles sont en anglais, tous ceux qui nous inspirent sont anglophones, pour nous c’était plus logique de venir à Londres."

Mais leur début à Londres ne reflète pas vraiment la vie d’artiste dont les deux frères rêvaient. « Notre première année à Londres a été la pire année de notre vie » nous confie Antoine. « Quand on arrive ici, tout coûte super cher. Avec Greg, on a vécu un an tous les deux dans la même chambre de 10 m2 sans chauffage. Et puis, tout est compliqué parce qu’il y a tellement d’autres artistes. On se prend une claque parce qu’on se rend compte du niveau et que c’est très dur de pouvoir faire un concert. Pendant toute la première année, on s’est pointés avec nos maquettes chez des maisons de disques, qui n’étaient pas contentes de nous voir là ».

Et puis, petit à petit, le duo décolle et finit enfin par enregistrer son premier titre londonien dans les studios d’Abbey Road. « Pour nous, c’était vraiment quelque chose de très symbolique que d’enregistrer notre premier single ici ».

 

Le confinement, une véritable “bénédiction musicale” pour les frères Saults

Pour le groupe, deux étapes clé ont influencé leur musique. La première, c’est leur rencontre avec leur producteur actuel, Jack Wilson. « Travailler avec lui, ça nous a vraiment beaucoup inspiré. Il a permis à notre musique de prendre une tournure différente, vraiment indie pop ». La deuxième étape importante pour les deux frères a été le confinement. Une véritable « bénédiction musicale » selon Greg. « Dans tous les cas, en tant qu’artistes, on est toujours un peu confinés dans son espace de travail, donc ça ne nous a pas beaucoup changé de d’habitude » explique-t-il, « ça a été un moment très productif, où on a écrit de nouveaux morceaux avec l’aide de Jack Wilson, où on a pu travailler sur nos voix et nos instruments et définir de nouveaux projets ».

Pendant le confinement, le compte Instagram du duo, que les deux frères gèrent seuls, gagne plusieurs milliers de followers en quelques semaines. « Ça a été compliqué de ne pas pouvoir jouer sur scène pendant des mois mais on en a tiré tout le positif ».

Actuellement, Saults prépare trois singles qu’ils enregistreront à la fin du mois et qui devraient sortir avant l’été prochain. Alors en attendant, on vous conseille de prendre votre mal en patience et de continuer à streamer leurs chansons déjà disponibles sur les plateformes musicales.

 

Lili Auriat - Journaliste Londres

Lili Auriat

Lili Auriat, étudiante à Sciences Po Aix, parisienne et passionnée de sport et de voyage.
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