Entretien avec Nolwenn Leroy : La Cavale, son nouvel album sur fond de liberté

Par Marie Benhalassa-Bury | Publié le 14/11/2021 à 17:56 | Mis à jour le 15/11/2021 à 12:06
Photo : Nolwenn Leroy
La pochette de la Cavale avec Nolwenn Leroy et un cheval

L’arrivée de La Cavale, l’album de Nolwenn Leroy synonyme de liberté retrouvée et marquant les 20 ans de sa carrière, est imminente. Nous avons pu revenir sur cette sortie pas comme les autres avec l’artiste.

 

Propos recueillis par Luther Beaumont.

 

Que pouvez-vous nous dire de ce nouvel album ?

Sa sortie est imminente, le disque est prêt et empaqueté… Je le tiens dans mes mains en ce moment même, je le découvre moi-même pour la toute première fois. J’aime encore les disques, les vinyles, c’est pourquoi le visuel de mes albums compte autant… me voilà donc très émue. Le digital est un outil extraordinaire mais rien ne saurait remplacer cet objet.

Nous avons été interpellés par le nom de l’album : La cavale, pourquoi ?

La cavale, c’est au premier sens du terme ! La liberté absolue, l’évasion plus que jamais, le lâcher-prise le plus total. Après cette crise pandémique et l’enfermement qu’elle a imposé, je me décide à ne plus rien retenir désormais. Ainsi cet album représente-t-il une véritable échappatoire, après 20 ans de carrière et une pandémie, celui que l’on peut crier haut et fort sans pudeur. La Cavale est aussi un quartier de Brest, la chanson éponyme lui rend d’ailleurs hommage, ainsi qu’à Christophe. Il faisait donc d’autant plus sens que ce single titre l’album. Je m’en suis remise à Benjamin Biolay pour l’écriture de cet album, sauf la Cavale que j’ai entièrement composée et qui est le seul piano-voix du disque par ailleurs.

La Cavale découle donc aussi d’une envie de dire adieu à la pandémie ?

Oui en quelque sorte. Ce fut la crise qui nous a, au fond, réunis car nous étions tous dans le même bateau. Je ne me suis jamais sentie aussi proche de l’autre auparavant puisque nul d’entre nous n’y était préparé. Il y avait donc bel et bien un besoin de mettre cet épisode derrière nous, de ne plus rien remettre au lendemain, car lorsque l’on traverse un moment aussi terrible, on finit par se dire qu’il n’y a plus de raison d’avoir peur quant à nos rêves et nos envies. On se rend plus compte de la fragilité de la vie, de notre monde.

Cet album est-il plus adulte, du fait des expériences vécues ?

Paradoxalement non, je pense plutôt que mon album le plus adulte fut le premier. Qui était au final très mature pour une jeune fille de 19 ans ! Celui-là, la Cavale, me paraît plus aligné entre la personne que je suis et la musique que je souhaite présenter. Plus je vieillis, plus je me rapproche de cet alignement. On voit bien ce retour à l’adolescence dans le premier clip déjà sorti, j’y évoque les patins à roulette bien rétro hérités de l’ère triomphale du disco, les films à l’ancienne… On retrouve cette volonté de rendre hommage à cette période jusque sur la pochette.

 

Un extrait du dernier clip avec les patins vintage

 

Brésil, Finistère, Japon, Planète Terre… Pourquoi ?

Ça pourrait paraître un peu osé de mettre Brésil et Finistère dans la même phrase ! Mais la chanson se veut universelle : on a été coupés longtemps les uns des autres, et désormais la Samba du Brésil comme nos chères danses bretonnes doivent nous réunir. Il s’agit de danser ensemble et de se tourner à l’unisson vers l’avenir. Je voulais aussi démontrer d’un peu de légèreté dans ce titre.

Nous célébrons également les 20 ans de la Star Ac’… Quel ressenti en as-tu?

Un peu le même qu’à la réunion de Friends ! À savoir que la boucle est bouclée, l’aventure nous liera à jamais (nous sommes d’ailleurs tous restés en contact !). Revoir ces extraits, vingt ans après… quelle sensation étrange. Et puis à l’époque, 11 millions de Français avaient regardé la finale, c’était un véritable phénomène de société dont la folie était palpable. Que cet impact se soit tant retranscrit dans la durée, jusque dans ma carrière et ma vie personnelle au fil de ces 20 dernières années, est tout bonnement incroyable. En plus, je n’avais pas vu ces images depuis une éternité… Autant vous dire que j’en ai pleuré d’émotion ! De pouvoir me dire que certains m’ont découvert à l’âge de 19 ans et ont pu grandir avec ma musique constitue un trésor.

 

Marie Benhalassa - Journaliste Londres

Marie Benhalassa-Bury

Etudiante à Sciences Po Aix, curieuse de tout, ancienne expatriée à Brighton avant de rejoindre l'équipe de rédaction de Londres
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