Édition internationale

SARKOZY/HOLLANDE - Le débat vécu au coeur des sections PS et UMP de Londres

Écrit par Lepetitjournal Londres
Publié le 1 janvier 1970, mis à jour le 5 janvier 2018

 

C'était le moment tant attendu de l'entre-deux tours. Hier soir, Nicolas Sarkozy et François Hollande se sont opposés pendant quasiment trois heures. À Londres, sympathisants des deux camps étaient réunis chacun de leur côté pour assister au débat. Ambiance

20:00, mercredi 2 mai 2012. Hyde Park sépare les deux sections. Au nord le PS, au sud l'UMP. Chacun a choisi son favori il y a bien longtemps mais ce débat est l'occasion pour militants et sympathisants de se réunir une dernière fois avant le verdict final dimanche 6 mai. D'un côté comme de l'autre, tout le monde est très attentif. Les yeux rivés sur l'écran de télévision, les oreilles grandes ouvertes, personne ne veut manquer une miette de cet affrontement entre les deux finalistes de l'élection présidentielle.

(Crédit: Simon Gleize)

Ambiance au PS

Dès les premières minutes, applaudissements chez les sympathisants socialistes : "Si vous avez le sentiment que pendant cinq ans, vous avez rassemblé tous les Français, vous ne les avez pas divisés (...), vous n'avez pas montré celui-ci du doigt, alors je vous donnerai quitus. Mais je sais que les Français ont eu ce sentiment", tire en premier François Hollande. Tout au long du débat, des rires d'approbation font échos aux réparties du candidat socialiste. Le "Quoi qu'il arrive, quoi qu'il se passe, vous êtes content", fait un malheur. Après quelques minutes, les militants socialistes se détendent. Leur champion, ils en sont certain, est en train "d'écraser le débat". Ils se permettent même de le plaisanter lorsque ce dernier esquisse le début d'un bâillement.

Puis vient le thème de l'immigration. À nouveau, les visages se tendent. Nicolas Sarkozy est moqué lorsqu'il rappelle : "Je sais d'où je viens". Sur la question du droit de vote des étrangers, nouveaux applaudissements derrière François Hollande : "Qu'est-ce qui vous permet de dire que ceux qui ne sont pas européens sont musulmans ?" demande le candidat socialiste à son rival.

Un peu plus tard, à l'évocation de Dominique Strauss Kahn par le candidat UMP, l'exaspération gagne l'audience. Des voix s'élèvent. "Coup bas", "il fallait bien qu'il mette ça sur le tapis" ou encore "il n'a pas trouvé mieux", dénoncent les supporters de François Hollande. L'attaque est vite oubliée. À la fin de la conclusion du candidat du Parti Socialiste - une tirade de trois minutes dont chaque phrase commence par "moi président de la République" - une nouvelle salve d'applaudissements résonne dans la salle.

(Crédit : Élodie LLanusa)

Ambiance à l'UMP
À quelques kilomètres plus au sud, c'est le volet "économie et fiscalité" qui suscite le plus de réactions. À l'évocation de la condition des "smicards", l'assemblée s'étonne. "Comme si être smicard, c'était un boulot en soi" répond-t-on à François Hollande qui juge "inacceptable" la perte de 300 euros qu'engendrerait le programme de Nicolas Sarkozy dans le revenu des "couples smicards". Le "pourquoi oublier les autres 85% qui ne touchent pas le SMIC ? " du champion UMP est accueilli par une vague d'approbation dans la salle.

Ici comme au nord d'Hyde Park, les sympathisants félicitent la répartie de leur favori par des bravos sonores tout au long des échanges. Sur le thème des impôts, les répliques "vous qui êtes depuis si longtemps éloigné des dossiers" et " [Mitterrand] aurait pu vous confier une responsabilité" soulèvent un tollé d'applaudissements, immédiatement suivie de moqueries quand François Hollande en vient à se plaindre du ton "désagréable" de son interlocuteur.

Si les partisans restent plutôt silencieux sur les questions d'immigration, ils s'animent à nouveau sur le thème de l'énergie. "Il est fort", peut-on entendre dans la salle après que Nicolas Sarkozy se soit exprimé sur le nucléaire. Après un fou rire général déclenché par les "moi président de la République" à répétition du candidat PS, ce sont des applaudissements debout qui accompagnent la conclusion au débat du favori de l'UMP.

À chacun son champion

"Beaucoup s'attendait à un Nicolas Sarkozy agressif et un François Hollande sur la défensive, explique Philippe. Finalement, François Hollande a été plus offensif et a bien présenté son projet". Il ne fait aucun doute pour ce militant du PS, le candidat socialiste a été "le meilleur".  
Côté UMP, la satisfaction était également de rigueur. Pour la plupart des sympathisants, si François Hollande a "évité la casse", Nicolas Sarkozy a lui fait preuve "d'une évidente supériorité dans les échanges".  

À l'UMP comme au PS, à Londres comme ailleurs, un militant est avant tout un supporter. Sans surprise, chacun des deux camps voit son candidat victorieux. Quant au débat, il se poursuivait sur BBC 2 à 23h entre Axelle Lemaire et Emmanuelle Savarit, candidates respectives du PS et de l'UMP aux prochaines élections législatives des Français d'Europe du Nord.

Elodie LLanusa et Simon Gleize (www.lepetitournal.com/londres) jeudi 3 mai 2012

lepetitjournal.com londres
Publié le 3 mai 2012, mis à jour le 5 janvier 2018
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