Qui ne connait pas Frida Kahlo ? Cette artiste mexicaine, décédée en 1954, est certainement l’une des peintres les plus photographiées du XXe siècle. Le Tate Modern à Londres consacre une exposition exceptionnelle à cette icône féministe, dont l’influence dépasse ses propres oeuvres.


Seules 30 oeuvres de Frida Kahlo sont présentées au Tate Modern pour l’exposition Frida : The Making of an Icon, jusqu’au 3 janvier 2027. Pourtant 200 autres dont elle n'est pas directement à l'origine sont visibles comme autant de témoins de la vie de l’artiste mexicaine, devenue une véritable icône.
Cette exposition s’intéresse donc à la femme davantage qu’à la peintre. Aux côtés de vêtements précieux, de bijoux, de photographies et de souvenirs, plus de 200 œuvres de ses contemporains et d’artistes qu’elle a inspirés dans les générations suivantes démontrent l’impact durable qu’elle a eu sur ceux qui continuent de réimaginer et de reprendre son histoire remarquable. "Je me peins parce que je suis si souvent seul et parce que je suis le sujet que je connais le mieux", expliquait Frida Kahlo, dont les portraits nourrissent la légende autant que les milliers de photos prises d'elle durant sa carrière.
Quand Frida dévoile la femme
Au fil des pièces, Frida dévoile ses multiples visages, celui d’une femme dévouée mais pas naïve face aux infidélités de l’artiste Diego Rivera, une intellectuelle respectée ou encore une activiste politique qui se jouait des genres et des conventions. Frida : The Making of an Icon met en lumière les fêlures de Frida en évoquant son avortement ou encore sa santé fragile suite à l’accident qui l’a blessée à la colonne vertébrale et aux jambes. Autant de douleurs qui animèrent son imaginaire : “Je ne suis pas malade. Je suis brisée. Mais je me sens heureuse de continuer à vivre, tant qu’il me sera possible de peindre.”
Je suis l'amour. Je suis le plaisir. Je suis l'essence. Je suis une idiote. Je suis tenace. Je suis. Je suis tout simplement
Une Fridamania qui inspire le monde
L’exposition s’achève en une véritable apothéose, en rappelant la Fridamania, qui n’a d’égal que la frénésie engendrée par les Beatles ou encore Andy Warhol. Son visage et ses sourcils emblématiques sont présents partout : des poupées, des coussins, des bougies, des sacs,… et sur de nombreuses oeuvres qui reprennent son image, son style ou ses muses. Plus de 70 ans après sa disparition, Frida Kahlo, icône féministe, continue d’inspirer, peut-être parce qu’elle a eu le courage d’être elle-même, sans compromis : “Tu n'as pas compris ce que je suis. Je suis l'amour. Je suis le plaisir. Je suis l'essence. Je suis une idiote. Je suis tenace. Je suis. Je suis tout simplement.”
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