Le projet de restitution des îles Chagos à Maurice vient de connaître un coup d'arrêt inattendu à Londres. Un accord avait pourtant été signé en mai 2025 pour rendre l'archipel à l’île Maurice, mais sans le feu vert de Washington, le gouvernement de Keir Starmer ne peut plus avancer. Pour cause : le manque de soutien flagrant de la part de l'administration américaine.


Le gouvernement britannique a annoncé la suspension de son projet de restitution des îles Chagos à l'île Maurice. En raison du refus de Donald Trump de valider l'accord, qui pour l'instant, bloque le processus au Parlement. Pourtant signé en mai 2025, il était censé met fin à des décennies de contentieux colonial.
Un projet de loi dans l'impasse pour le gouvernement britannique
Si l'administration précédente avait donné son accord, le retour de Donald Trump à la Maison-Blanche a changé la donne. Donald Trump a clairement fait savoir ce qu'il en pensait de cet accord, n'hésitant pas à qualifier cette rétrocession de “grande stupidité”.
Difficile d'avancer sans l'appui des États-Unis, pour qui la base de Diego Garcia reste un point clé pour leurs opérations en Océanie et au Moyen-Orient. Le gouvernement britannique a donc choisi de geler le dossier. Le projet de loi, qui devait être validé par le Parlement britannique, arrivait d'ailleurs à échéance, rendant son adoption quasi impossible dans le contexte politique actuel.
Entre tensions diplomatiques et avenir incertain
Pour le Premier ministre britannique Keir Starmer, cette suspension est un obstacle majeur. Déjà attaqué par l'opposition de “brader l'Empire” et de fragiliser la sécurité nationale, le gouvernement se retrouve dans une impasse. En suspendant le projet, Londres tente de ne pas provoquer des tensions avec son allié américain tout en gérant la frustration de Port-Louis.
Du côté de l’île Maurice, la déception est immense. Le ministre mauricien des Affaires étrangères a rappelé que la souveraineté sur l'archipel est un droit inaliénable reconnu par les instances internationales. Pour les Chagossiens, expulsés de leur archipel dans les années 1960-1970, pour permettre la construction de la base, l'espoir d'un retour reste toujours en suspens.
Un nouveau revers pour le gouvernement de Keir Starmer, dans un contexte de relations déjà fragiles avec Donald Trump. Les discussions avec Washington et Port-Louis se poursuivent, précise Downing Street, sans calendrier précis.
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