Mardi 22 juin 2021

Avec la pandémie, le suivi des femmes enceintes mis à l’épreuve

Par Colin Porhel | Publié le 30/03/2021 à 11:20 | Mis à jour le 30/03/2021 à 11:34
Photo : Pauline Fétu
sage-femme française Londres

Donner naissance à un enfant dans un pays qui n’est pas le sien peut déjà s’avérer éprouvant en temps normal. Mais l’arrivée de la pandémie a encore davantage bouleversé le quotidien des femmes françaises enceintes au Royaume-Uni, tout comme celui des professionnels du secteur. Dans un entretien accordé à Lepetitjournal.com édition de Londres, Pauline Fétu, sage-femme à Londres depuis trois ans, fait le point sur l’année écoulée.

 

Depuis le début de la crise du Covid-19, comment a évolué votre façon de travailler ?

« La crise du Covid-19 a largement impacté le protocole sanitaire pendant mes interventions. Désormais, lorsque je me rends directement au domicile des patientes, je porte systématiquement un masque, une surblouse ainsi que des gants. Certaines de mes interventions nécessitent également l’utilisation d’une visière. Toutes ces précautions supplémentaires me font perdre un peu de temps, mais grâce à elles, je peux continuer d’exercer mon métier normalement. »

 

Comment vous êtes-vous adaptée aux différentes décisions sanitaires prises ces douze derniers mois par le gouvernement de Boris Johnson ?

« Pendant le premier confinement, j’ai dû effectuer la quasi-totalité de mes consultations en visioconférence. Mes enfants restaient à la maison à cause de la fermeture des écoles, et je ne pouvais donc pas assurer les rendez-vous à domicile ou au cabinet. J’ai repris une activité normale depuis la rentrée de septembre malgré les différents confinements. Néanmoins, je ne sens pas les futures mamans particulièrement craintives à l’idée d’assister physiquement aux rendez-vous. Au contraire, je pense qu’elles auraient préféré que je puisse venir chez elles pendant le premier confinement afin de rompre l’isolement auquel elles devaient faire face. »

 

Justement, comment les femmes dont vous vous occupez réagissent à la situation actuelle ?

« Je ressens davantage de stress et d’anxiété chez mes patientes, mais cette peur n’est pas seulement liée au virus. L’isolement les oppresse énormément. Du fait du Brexit et des restrictions de voyages dues au Covid-19, beaucoup de femmes expatriées craignent de devoir accoucher seules au Royaume-Uni, sans le soutien de leurs parents ni de leurs frères et sœurs. Malgré l’amélioration de la situation sanitaire, leur optimisme tarde à revenir. Certaines ont donné naissance à leur enfant il y a près de six mois et n’ont toujours pas pu revoir leur famille depuis. »

 

J’imagine que vous avez également dû modifier certaines de vos habitudes…

« Avant la crise du Covid-19, j’organisais fréquemment des rencontres entre les futures mamans, mais depuis un an, ces dernières ne peuvent plus avoir lieu. Toutefois, je continue de penser que le travail en groupe reste éminemment bénéfique pour les patientes. En ce sens, j’anime une réunion en visioconférence tous les mercredis à 18h sur des sujets ayant trait à la grossesse ou aux préoccupations des jeunes parents. Le programme des séances est disponible sur les pages Instagram et Facebook de 9moispourtoi. Pour participer, les personnes intéressées doivent simplement me contacter via mes réseaux sociaux ou mon site internet. »

 

En France, la natalité a plongé de 13 % en janvier 2021 par rapport à l’année précédente. Certains experts attribuent cette baisse à la pandémie actuelle et aux confinements successifs. Ressentez-vous cette même tendance au Royaume-Uni ?

« Oui, effectivement. Comme en Hexagone, j’observe une réelle chute des naissances au Royaume-Uni. Lors du premier confinement, beaucoup de spécialistes s’attendaient à voir arriver un baby-boom neuf mois plus tard. Mais si j’ai effectivement constaté un regain d’activité au mois de novembre, depuis le début de l’année, le nombre de consultations a largement baissé. »

 

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Colin Porhel - journaliste

Colin Porhel

Etudiant en troisième année de licence en Langues Etrangères Appliquées à l’Université de Brest Occidentale (UBO).
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