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« Poppies » et Bleuets de France, ces fleurs qui commémorent la Grande Guerre

Par Lili Auriat | Publié le 12/11/2021 à 12:01 | Mis à jour le 12/11/2021 à 16:56
Photo : Wikimedia Commons
Bleuet de France

Vous n’avez pas pu passer à côté des coquelicots qui ornent les boutonnières d’un grand nombre de britanniques. Cette fleur, symbole de la Grande Guerre, rencontre dans le bleuet son équivalent français. Alors d’où viennent ces traditions et sont-elles vraiment les mêmes de part et d’autre de la Manche ?

 

Dans les stations de métro, les supermarchés, les musées, partout, vous pouvez retrouver ces petits stands qui proposent des coquelicots en papier en échange de donations. En France, le principe est le même avec le Bleuet de France, bien qu’il soit beaucoup moins connu.

 

Pourquoi le coquelicot et le bleuet ?

Ces fleurs ont comme point commun de pousser sur des terrains dévastés. Sur les champs de bataille, la terre retournée par les obus libère de la poussière de chaux qui facilite leur éclosion. Le coquelicot est ainsi évoqué dans « Flanders Fiels », poème écrit par John McCrae après la très violente seconde bataille d’Ypres en 1915. Dans ses vers, le poète décrit les coquelicots fleurissants sur le bord des tranchées et les tombes des soldats, rappelant la couleur du sang au milieu des champs de boue : « Dans les champs de Flandres les coquelicots croissent / Entre les rangs des croix ».

En France, l’histoire se répète avec le bleuet, seul témoignage de la vie qui continue au milieu de No Man’s Land labourés par les bombes. Leur couleur bleue n’est pas non plus sans rappeler le drapeau tricolore ainsi que l’uniforme des jeunes recrues de 1914-1918.

 

Une tradition qui persiste

Sur l’archipel, ces « poppies » ont commencé à se vendre dès la fin de la guerre en soutien aux veuves et aux soldats blessés. Ils sont aujourd’hui fabriqués par des personnes handicapées dans une usine à Richmond et sont distribués à travers l’Angleterre, l’Irlande et le Pays de Galles. L’Ecosse a, elle, sa propre usine à Édimbourg qui fonctionne sur le même principe avec tout de même une petite variante : au lieu de fabriquer des coquelicots à deux pétales et une feuille, les « poppies » écossais comptent quatre pétales et pas de feuille. Aujourd’hui encore, les coquelicots se portent traditionnellement du côté gauche, à l’emplacement des médailles, dès la fin octobre et jusqu’au 11 novembre en souvenir de la Première Guerre mondiale et, implicitement, de toutes les autres guerres.

 

Les Bleuets français commencent, eux, à être fabriqués en 1916 à l’hôpital des Invalides afin d’occuper les blessés de guerre et de leur fournir un maigre revenu. Ils continuent ensuite d’être vendus pour financer le fonds d’entraide aux blessés et mutilés de guerre.

 

Le coquelicot, bien plus répandu que le Bleuet de France

Bien que ces traditions aient des origines similaires et que leurs objectifs soient les mêmes, le Bleuet de France se fait bien plus rare sur les boutonnières des français que le coquelicot chez les britanniques. Au Royaume-Uni, le coquelicot se porte chez tous les hommes et femmes politiques, sur les maillots des sportifs et, en 2014, les douves de la Tour de Londres ont été inondées de centaines de coquelicots en céramiques.

En France, Emmanuel Macron et François Hollande sont les seuls présidents à avoir arboré récemment le bleuet lors de cérémonies de commémoration de la Première Guerre mondiale. En revanche, une pièce commémorative de deux euros, décorée d’un bleuet, avait été créée en 2018.

Autre témoignage de la popularité bien plus importante du coquelicot, la Royal British Legion récolte tous les ans plus de 50 millions d’euros grâce à la vente de « poppies », tandis qu’en France les bénévoles n’atteignent généralement qu’un million d’euros de bénéfices.

 

Lili Auriat - Journaliste Londres

Lili Auriat

Lili Auriat, étudiante à Sciences Po Aix, parisienne et passionnée de sport et de voyage.
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