250 personnes au secours d’un spéléologue tombé dans une grotte au Pays de Galles

Par Lili Auriat | Publié le 10/11/2021 à 13:11 | Mis à jour le 10/11/2021 à 19:59
Photo : Capture d'écran Youtube
Sauvetage dans la grotte

Lundi 8 novembre, un spéléologue blessé a été extrait d’Ogof Ffynnon Ddu, la grotte la plus profonde du pays de Galle, après 54 heures d’opération de sauvetage.

 

Une vague d'applaudissements et d’acclamations ont accueilli le rescapé et les 250 sauveteurs et bénévoles qui ont participé à son sauvetage lundi à 19h45. L'homme, décrit comme un spéléologue expérimenté, a chuté et s'est retrouvé coincé dans la grotte samedi aux alentours de 13 heures. Cette chute serait un coup de « malchance » selon les spécialistes, l’explorateur « expérimenté et en forme » aurait simplement mis « son pied au mauvais endroit. » Un incident rarissime selon des sources interrogées par les médias britanniques, qui soulignent que les pierres ne bougent que très rarement dans les grottes.

Après deux jours passés à au moins 300 mètres de profondeur, le spéléologue a été conduit à l’hôpital. Ses blessures, plusieurs fractures à la mâchoire, à la jambe et à la colonne vertébrale, ne mettraient pas sa vie en danger.

 

La plus longue mission de sauvetage au Pays de Galles

54 heures et 250 personnes mobilisées dans l'un des réseaux de grottes le plus long du Royaume-Uni, c’est l’effort qu’il a fallu déployer pour sauver la vie de ce quadragénaire. Le deuxième jour de mission a été particulièrement difficile à cause des conditions météorologiques qui ont détérioré le sol et ont créé une atmosphère sombre sur la montagne, entre brouillard épais et bruine.

Tout au long de la journée, des équipes d'environ 30 personnes se sont rendues à l’entrée de la grotte depuis le siège du South Wales Caving Club pour prendre le relais de leurs collègues qui avaient, pour certains, déjà passé 12 heures sous terre. Pour communiquer avec la surface, les sauveteurs ont dû utiliser un système appelé Cavelink, permettant de transmettre des messages texte à travers la roche jusqu’à un récepteur souterrain.

En plus des sauveteurs, des médecins ont également été envoyés sous terre auprès de l’homme blessé pour surveiller ses fractures et les risques d’hypothermie. L’équipe au complet a dû sécuriser l’itinéraire emprunté pour pouvoir évacuer le blessé en civière. Paul Taylor, porte-parole du South Wales Caving Club, a déclaré aux médias britanniques que le spéléologue blessé se portait bien : « Il se débrouille plutôt bien d'après ce que je comprends. Il a parlé tout au long, donc c'est quelque chose ». Il a ajouté qu'il s'agissait du plus long sauvetage en grotte jamais entrepris au Pays de Galles. Le précédent record était de 41 heures.

 

Sauvetage grotte

Une mission réussie avec succès

Gary Evans, officier de liaison des services d'urgence, a expliqué à iNews que la victime se portait « remarquablement bien, si (on considère) le temps il est resté dans la grotte, sur une civière ». Il aurait même “parlé et fait des blagues pendant toute la durée de l’intervention.” Cette mission a été un véritable exploit pour les sauveteurs, les bénévoles, et les médecins mobilisés. « Nous sommes absolument ravis » témoigne Evans, « nous sommes heureux parce que ça a été un sauvetage difficile et nous sommes ravis parce que la victime s'en est très bien sortie compte tenu de ce qu’il s'est passé. ».

A la fin de la mission, les sauveteurs, bien qu’épuisés, se sont réunis dans la bonne humeur autour de boissons chaudes au club de spéléologie. Certains d’entre eux avaient déjà été impliqués dans le sauvetage, en 2018, de 12 garçons et de leur entraîneur de football dans des grottes inondées du nord de la Thaïlande. Sur place, les équipes de sauvetage ont témoigné de l’élan de solidarité et de courage qui a permis le sauvetage du blessé, resté anonyme.

Toujours à iNews, les sauveteurs présents lors de l’opération racontent en effet que certains volontaires gardaient des “bonbons” dans leurs casques pour garder le moral face aux intempéries et au stress. Les témoins gardent en tête l’excellence de la formation des sauveteurs, “l’ambiance chaleureuse” créée par les bénévoles, et soulignent l’importance du rôle de chacun dans cette manœuvre délicate et menée avec brio.

 

Lili Auriat - Journaliste Londres

Lili Auriat

Lili Auriat, étudiante à Sciences Po Aix, parisienne et passionnée de sport et de voyage.
0 Commentaire (s) Réagir

Soutenez la rédaction Londres !

En contribuant, vous participez à garantir sa qualité et son indépendance.

Je soutiens !

Merci !

De la part de toutes les équipes de Lepetitjournal.com

À lire sur votre édition locale
À lire sur votre édition internationale