En août, une Jeanne d’Arc non-binaire débarque à Londres dans une pièce inédite

Par Colin Porhel | Publié le 19/08/2022 à 15:42 | Mis à jour le 19/08/2022 à 16:01
Photo : Shakespeare's Globe
Jeanne d'Arc débarque à Londres

Le Shakespeare's Globe, situé à Southwark, accueillera dès le 25 août un spectacle inédit dédié à Jeanne d’Arc. Particularité de la pièce : la figure historique de la guerre de Cent Ans sera représentée comme un personnage non-binaire.

 

Elle voulait « bouter les Anglais hors de France », la voilà qu’elle arrive en territoire ennemi prête à conquérir le cœur des Londoniens. Près de six cents ans après sa mort, Jeanne d’Arc s’apprête à revivre sous les traits d’Isobel Thom. Sous la direction de Charlie Joséphine, celle qui fut brûlée vive à Rouen apparaîtra au public comme un personnage non-binaire, tout comme l’ensemble de ses camarades de jeu. Seuls seront utilisés les pronoms neutres « they » et « them », équivalent de iel en français, tout juste entré dans le dictionnaire.

 

« L'histoire a fourni d'innombrables et merveilleux exemples de Jeanne dépeinte en tant que femme. Cette production offre simplement la possibilité d'un autre point de vue. Les théâtres ne traitent pas d'une réalité historique, ils produisent des pièces, et dans celles-ci, tout est possible », explique Michelle Terry, directrice artistique du théâtre.

 

« Shakespeare n’avait pas peur de l’inconfort, et le Globe non plus »

Connu pour être la reconstitution de l’ancien théâtre ayant abrité de nombreuses représentations des pièces de William Shakespeare, le Shakespeare's Globe doit faire face depuis quelques jours à certaines critiques remettant en cause le bien-fondé de l’utilisation du pronom neutre pour désigner la « pucelle d’Orléans ». Des reproches balayés d’un revers de main par Michelle Terry, qui affirme que le dramaturge lui-même n’écrivait pas « de pièces historiquement exactes ». 

 

 

« Ce n'est pas par hasard que Shakespeare a déplacé son théâtre au-delà de la juridiction des murs de la ville de Londres. Il voulait jouer. Jouer avec l'identité, le pouvoir, l'idée de plaisir (…). Shakespeare n'avait pas peur de l'inconfort, et le Globe non plus », a-t-elle ajouté, fière de présenter un tel projet aux Londoniens.

 

Infos pratiques

Moi, Jeanne, une pièce de Charlie Joséphine

Du 25 août au 22 octobre au Shakespeare's Globe

Billets à réserver en ligne

 

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CGesange sam 20/08/2022 - 00:52

Les historiens ont souligné que Jeanne d'Arc s'est toujours appelée «la jeune fille» («la pucelle») comme son surnom standard, ce qui semblerait indiquer une identité féminine au-delà de tout doute raisonnable; et plusieurs témoins oculaires lors de son procès ont déclaré qu'elle avait continué à porter des vêtements de soldat (les soi-disant "vêtements masculins" qui la rendaient soi-disant "non binaire") en prison afin qu'elle puisse les garder "fermement lacés et attachés" pour empêcher ses gardes de tirer ses vêtements quand ils ont essayé de la violer. L'huissier, Jehan Massieu, a déclaré qu'ils l'avaient finalement entraînée dans une "rechute" en lui enlevant sa robe et en la forçant à remettre ses vêtements de soldat, puis le juge l'a condamnée; mais le personnel du Globe Theatre affirme que cela signifie en quelque sorte qu'elle était prête à mourir pour des vêtements masculins. Cela ignore catégoriquement les méthodes malhonnêtes qui ont été utilisées pour la manipuler dans une situation où ils auraient un prétexte pour la tuer. Elle a été condamnée par un tribunal dont il est prouvé par les archives du gouvernement anglais qu'il était entièrement composé de collaborateurs qui soutenaient l'occupation anglaise, et des dizaines de témoins oculaires ont déclaré plus tard que le tribunal avait délibérément falsifié la transcription du procès et l'avait condamnée pour de fausses accusations. L'idée qu'elle "a transgressé les normes de genre" est basée sur un certain nombre d'idées fausses : elle a dit qu'elle n'a pas combattu au combat, et nous savons d'après les archives qu'elle n'a pas dirigé directement. Elle était une visionnaire religieuse à une époque où il y avait beaucoup de femmes dans ce rôle. Elle n'était pas "androgyne" comme la pièce la présente : des témoins oculaires l'ont décrite comme "belle et bien faite", et ses cheveux n'étaient pas aussi courts qu'on le prétendait (la transcription du procès affirme qu'ils ont été coupés au niveau des oreilles même après un an de prison, ce qui présente une impossibilité physique puisque les prisonniers n'ont jamais eu le droit d'utiliser des outils tranchants et que ses cheveux auraient donc poussé d'au moins cinq pouces pendant cette période ; par conséquent, cette partie de la transcription a probablement été falsifiée avec tant d'autres les pièces).

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