Jeudi 13 août 2020
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Le Hong Kong Museum of Art enfin ouvert

Par Patricia Herau-Yang | Publié le 06/12/2019 à 14:00 | Mis à jour le 06/12/2019 à 14:00
Photo : En ce moment, l’exposition “Classics remix”
Hong Kong Museum of Art

Fermé pour rénovation depuis plus de 4 ans, lepetitjournal.com vous en parlait il y a un an, c'est confirmé: le HKMoA a ouvert ses portes il y a quelques jours. Nous avons fait un premier repérage.

Un musée du 21ème siècle

Les architectes ont dégagé la vue sur Victoria Bay à tous les étages, travaillé les éclairages, la musique, la ventilation, élargi tous les couloirs: à se demander si on est bien en intérieur! Hyper facile à naviguer, la signalisation et les plans sont très clairs et bien entendu en excellent anglais. ll suffit de scanner des QRcodes pour accéder à l’audioguide de chaque galerie, de la même manière qu’il faut scanner pour obtenir son passe d’entrée. L’accès est gratuit sauf pour l’exposition temporaire événement, il vous faudra donc montrer passe blanche pour les galeries de cette exposition (“A Sense of Place : from Turner to Hockney“, fruit du prêt de 76 oeuvres par la Tate Gallery).

 

Réouverture Hong Kong Museum of Art
Un des paysages de la collection du HKMoA

 

La collection du HKMoA, 17.000 objets d’art, est très largement constituée de dons de collectionneurs privés. C’est donc pour leur beauté que les objets sont là avant même leur importance dans l’histoire de l’art. Peinture chinoise, calligraphie, laque, jade, gravure sur bambou, céramique et porcelaine, bronzes, encriers en pierre, art bouddhiste, art funéraire, le HKMoA montre un peu de tout. Centré sur l’art chinois via les collections de donateurs chinois et hongkongais, la plupart des galeries est occupée par des expositions temporaires. Les ressources du musée permettent, à en juger par l’occupation actuelle des galeries, de faire en deux heures l’expérience de la richesse de l’art chinois, sans se lasser. Pour les amateurs, il y a largement matière à rester plus longtemps, tant les collections sont riches et les explications accessibles. 

 

Réouverture Hong Kong Museum of Art
Moving? Staying? de Liu Guosong

 

Chaque galerie est plongée dans une ambiance qui lui est particulière. Parfois, une vidéo, une musique ou une installation se déclenchent sur un mouvement du visiteur, des projections racontent l’histoire d’un objet, montrent une face cachée, citent l’artiste: les moyens sont variés, ludiques, jamais “de trop“.

 

Réouverture Hong Kong Museum of Art
Scintillating Hong Kong harbour de Wucius Wong

Au cœur du musée, 20 siècles d’art chinois

Les deux galeries du 3ème étage permettent un tour d’horizon des différentes formes d’expression artistique en Chine. Certaines techniques sont vraiment typiques: jade, laque, bambou gravé. Mais grâce aux explications les œuvres restent accessibles. La calligraphie peut paraître un peu plus lointaine, mais il y en a finalement peu et souvent couplée avec des rouleaux ou des éventails peints à l’encre de Chine. Les services à thé et théière chinoises sont sans doute la forme d’art du musée la plus exotique, on voit bien l’aspect utilitaire (c’est de l’art décoratif en occident), on maîtrise mal l’importance revêtue en Chine.

 

Réouverture Hong Kong Museum of Art
Un étranger et une beauté fatale, vus par les artistes de la dynastie Tang

 

Chasse aux trésors

La galerie “Lost and Found: Guardians of the Chater Collection“ est très ludique parce qu’elle montre des œuvres et explique aussi le mystère derrière cette collection. Sir Paul Chater avait acquis une superbe collection d’œuvres sur le Hong Kong colonial, principalement de peintres occidentaux. A sa mort en 1926, les œuvres sont dispersées dans divers lieux de Hong Kong. Vient l’invasion japonaise en 1941: les œuvres sont alors scellées dans un conteneur et enterrées quelque part dans le jardin de Government House. Les seules personnes connaissant l’endroit disparaissent alors, emportant leur secret dans l’au-delà. Des recherches ont été conduites dans le fameux jardin en 1945, 1976 et 1979, en vain. Bizarrement, des œuvres reparaissent de temps en temps, parfois via des dons anonymes. Elles sont facilement identifiables car toutes listées dans le catalogue de Sir Chater. Une vraie chasse au trésor des temps modernes, toujours en cours!

 

Réouverture Hong Kong Museum of Art
Foreign Factories in Guangzhou, une des oeuvres de la collection Chater

 

Autre galerie remarquable, celle du 100ème anniversaire de la naissance de Wu Guanzhong. Né en Chine en 1919, après une formation artistique à Hangzhou (un des foyers d’art jusqu’à ce jour), il sort premier à un concours organisé par la France pour attirer les talents Chinois. Il sera à Paris de 1947 à 1950, boursier du gouvernement, élève à l’Académie des Beaux Arts et à l’Académie de la Grande Chaumière. Après l’encre apprise en Chine, il se forme et excelle ainsi rapidement à la peinture occidentale. Ses études terminées, Wu Guanzhong rentre en Chine retrouver sa femme et son fils né en son absence. Les années suivantes sont mouvementées, tragiques: il devra abandonner le portrait, l’acrylique, sera séparé de sa famille, interdit de peindre, d’enseigner.

 

Réouverture Hong Kong Museum of Art
Twin Swallows de Wu Guanzhong

 

A l’ouverture de la Chine, il commence à tisser des liens avec Hong Kong, qu’il visitera et peindra souvent, à qui il  fera don de nombreuses œuvres. En 1993, de retour à l’Académie de la Grande Chaumière, il écrit: “Cela me rappelle la vie que j’ai vécue il y a 40 ans. Le rêve que j’ai fait alors me revient“. En 2002, à 83 ans, il peint les femmes du Moulin Rouge. Destin et œuvre uniques, une découverte!

Pour en savoir plus

 

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Patricia Herau-Yang

Patricia a passé de nombreuses années en Chine, exercé le métier de traductrice français-chinois. Depuis son arrivée à Hong Kong, elle s'est mise au cantonais et pratique la randonnée. Elle contribue au Petit Journal sur le volet culturel, entre autres...
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