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Comment la France cherche-t-elle à séduire les étudiants hongkongais?

Par Célia Cazale | Publié le 11/02/2018 à 16:18 | Mis à jour le 11/02/2018 à 16:37
Photo : Stand de Campus France à l'Education & Careers Expo
Etudier en France HK

Pays des Arts, de la gastronomie et du romantisme dans le coeur des asiatiques, la France veut aussi compter pour son enseignement supérieur. Un défi de taille face aux États-Unis et au Royaume-Uni, les grands favoris des étudiants à Hong Kong.

La France est-elle une destination rêvée des étudiants asiatiques? Idéalisée oui, mais elle est loin d’être privilégiée. Alors que le Royaume-Uni, pour l’année 2015/2016, comptait parmi ses étudiants 22.270 jeunes hongkongais, la France elle n’en accueillait que 500. Les chiffres progressent toutefois de 7% par an depuis 2013, où il y en avait déjà 350. Conscient de ne pas être le premier choix pour les échanges internationaux, le pays tente par tous les moyens de séduire ces étudiants.

Pour cela, l’organisation en charge de promouvoir les études à la française à Hong Kong depuis 10 ans, Campus France, investit les grands événements d’orientation. En 2017, il a participé à sept salons locaux et effectué huit interventions dans les universités de la ville.

Plus récemment, du 1er au 4 février 2018, Campus France a élu domicile au sein du salon Education & Careers Expo au Centre des conventions et des expositions de Hong Kong. Mais il est difficile de se faire une place parmi les écrans géants, les robots ou les jeux de réalité virtuelle qui se regroupent sur les aires des concurrents hongkongais, américains ou britanniques. 

 

Salon éducation Hong Kong

 

Orné de drapeaux tricolores, le stand accueille sous son toit plusieurs formations dont l’école de management IESEG, l’école des affaires internationales TBS ou encore celle de cuisine Le Cordon Bleu. Une représentation en accord avec les statistiques puisque les filières les plus appréciées sont, pour 50%, les business school, les facultés de langues et les formations culinaires. 

Pour eux, le même mot d’ordre: promouvoir la France avant tout. "Il faut savoir que la France a une image forte auprès des étudiants asiatiques. Tous les préjugés qu’ils en ont les conduisent vers notre stand. Nous, nous capitalisons dessus", confesse Marc Porto, représentant de l’IESEG en Asie. 

Car ce sont les préjugés qui orientent les étudiants, généralement de niveau master, vers des pays autres qu’anglophones. En Asie, si la France est une destination choyée à Taiwan, au Japon ou en Corée du Sud on lui préfère l’Allemagne. Un pays qu’ils voient comme puissant, industriel et avec une forte économie. 

Malgré les idéaux, des réticences persistent

L’une des grandes peurs des jeunes asiatiques est la barrière de la langue. "C’est primordial, pour eux, de proposer la possibilité d’étudier en anglais, affirme Marc Porto. L’école leur dispense, quand même, des cours de français obligatoires. Le but c’est qu’ils puissent apprendre la langue du pays dans lequel ils sont". Aujourd’hui, le pays dénombre 900 formations entièrement en anglais.

Réticents vis-à-vis de la langue, ils le sont également au sujet de la sécurité. "Les attentats ont eu un impact, mais on essaie de les aider à relativiser sur le sujet. En ce qui concerne la sécurité au quotidien". Le chômage en France peut aussi les faire douter, mais cela concerne une minorité de personnes vraiment renseignées, reconnait le représentant.

Afin de contrecarrer ces réticences, les écoles mettent en avant les nombreux avantages d’étudier en France. "On parle avec eux de leurs droits: de la sécurité sociale, des frais de scolarité avantageux par rapport à d’autres destinations, des APL, énumère-t-il. Le fait d’avoir les mêmes frais de scolarité que les Français est très apprécié. On m’a déjà dit: ‘C’est très bien, ils ne font pas de discrimination’ (ndlr. contrairement au Royaume-Uni ou aux États-Unis)".

"Ce qui m’a fait partir, entre autres, c’est le coût des études qui était bas", admet Winona, 21 ans, qui revient d’un an d’échange à Sciences Po Strasbourg.

 

Campus France au salon de l'éducation Hong Kong

 

Retour sur expérience: une intégration difficile

Une fois arrivés sur le sol français, les étudiants bénéficient, selon les formations, d’un accompagnement. L’IESEG, on met un point d’honneur à soutenir ces jeunes expatriés. "Nous avons un service qui s’occupe de leur trouver un logement, de remplir les formulaires pour les demandes de bourses, etc. Et très important, nous avons créé un système de parrainage avec les étudiants français", soutient Marc Porto. 

Pourtant, l’intégration reste compliquée. Sengji, a étudié à Sciences Po Paris durant l’année scolaire précédente et se souvient de l’enfer de l’administration française: "Les attentes dans les bureaux sont interminables. C’est clairement une des raisons pour lesquelles nous (ndlr. les expatriés) ne restons pas".

C’est là que la désillusion commence. "J’adore Paris, mais je trouve qu’il y a trop de monde, nous confie bizarrement l’étudiant de 23 ans. Je m’imaginais les villes en Europe beaucoup plus tranquille que ça". Winona aussi a connu quelques déceptions. Du haut de ses 21 ans, elle s’attendait à rencontrer "plus d’artistes, voire des poètes" en arrivant à Strasbourg. Or, "les gens étaient normaux", soupire-t-elle. 

Finalement, la jeune fille s’est liée d’amitié avec un groupe d’étudiants Erasmus, même si elle comptait quelques amis locaux. Une facilité plutôt que de s’intégrer à une bande de Français qui parlent en argo et très vite, selon elle. « J’ai vécu de la discrimination en France, confie-t-elle également. C’est arrivé quelques fois malheureusement, mais honnêtement, c’était moins grave que ce que j’avais imaginé.». 

Bien qu’ils aient appréciés leurs années d’études au pays de Molière, une chose est sûre pour les deux étudiants: ils ne vivront pas en France. "La culture et le mode de vie français sont trop différents de ceux dans lesquels j’ai grandi. Je veux rentrer à Hong Kong et y rester travailler", conclue Winona. 

 

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Celia Cazales

Célia Cazale

Passée par Le Huffington Post, Var-Matin et La Dépêche du Midi, Célia Cazale, journaliste diplômée par la faculté de Droit et Sciences Politiques d’Aix-en-Provence, contribue à la rédaction du petitjournal.com
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