Isabelle Moins, April International : « Nos assurés se sentent accompagnés »

Par Damien Bouhours | Publié le 02/03/2022 à 18:00 | Mis à jour le 02/03/2022 à 18:01
Photo : isabelle Moins, directrice générale d’April International
isabelle Moins  directrice générale d’April International

Depuis la pandémie, les expatriés sont de plus en plus nombreux à s’intéresser à leur couverture santé. D’autant plus que les dépenses de santé peuvent être exorbitantes en fonction de leur nouveau lieu de résidence. L’assurance santé joue donc un rôle essentiel dans l’accompagnement des expatriés. Isabelle Moins, directrice générale d’April International, ne nous démentira pas sur le sujet. Le groupe français accompagne en effet les expatriés à travers le monde. Nous avons eu la possibilité de l’interroger sur une enquête comparant le niveau de rémunération des expatriés mais également sur cette période charnière où les Français sont plus que jamais concernés par leur santé.

 

 

 

Lors de votre enquête réalisée en partenariat avec Smart Expatriation et Helma, vous avez comparé les niveaux de revenus dans plusieurs grandes métropoles internationales. Quels en sont les enseignements ?

L’expatriation a beaucoup évolué ces dernières années. Le profil de l’expatrié qui part avec son entreprise avec un package est en baisse régulière. Il y a de plus en plus d’expatriés qui partent dans le cadre de démarches individuelles, quitte à se faire embaucher avec un contrat local une fois sur place. L’enquête réaffirme que les différents postes de coûts sont très variables d’une destination à l’autre et qu’il faut donc bien penser au niveau de rémunération nécessaire. Ainsi, une personne mariée avec deux enfants qui perçoit 90.000€ bruts par an actuellement à Paris, devra toucher 223.208 € à New York pour avoir un niveau de vie équivalent. Les coûts de santé sont bien plus élevés de l’autre côté de l’Atlantique car si en théorie l’inflation médicale devrait être contenue, le système médical continue de pousser à la consommation.

 

extrait de l'Etude d'April International

 

Nous démontrons aussi que pour un pays comme le Mexique, qui semble peu cher, en réalité l’impôt sur le revenu est sept fois supérieur à la France. Sur les mêmes bases évoquées auparavant, il sera donc nécessaire d’avoir un salaire de 113.691 € à Mexico, donc finalement supérieur à la France.

 

Nous avons réalisé cette enquête pour informer nos assurés. Ces informations doivent être connues avant le départ pour que les expatriés puissent négocier leur niveau de rémunération.

 

L'application Easy Claim d'April International

 

Est-ce que vous pensez justement que les futurs expatriés se rendent compte du coût des dépenses de santé ?

Lorsqu’ils partent avec des entreprises, dans le cadre d’un contrat corporate, ils ne se rendent pas vraiment compte car tout est négocié avec leur entreprise. Lorsque les expatriés partent en individuel, c’est autre chose. Le Covid a été un vrai accélérateur de prise de conscience, pour les familles mais surtout pour les plus jeunes. Les expatriés se sont intéressés aux problématiques de couverture de santé. L’information reste pourtant très peu diffusée et certains pensent qu’ils peuvent se débrouiller sur place ou qu’ils seront couverts par leur carte bancaire. Je milite pour que l’assurance soit mieux connue, notamment auprès des jeunes, et prise en compte au moment du départ.

 

La téléconsultation est entrée dans les moeurs

 

Est-ce que la pandémie a changé la perception des expatriés français envers leur assurance santé ?

Nous avons reçu beaucoup d’appels concernant la couverture santé pendant cette période de crise sanitaire. Nous avons identifié de nouveaux besoins, notamment ce qui concerne les problématiques psychologiques où les demandes augmentent régulièrement depuis plusieurs années, mais également pour ce qui est de la téléconsultation. Ce nouvel usage est maintenant entré dans les moeurs et devient de plus en plus important, notamment auprès des jeunes.

 

Nos deux métiers principaux sont d’une part la gestion courante des demandes de nos assurés (questions sur leur contrat, remboursements) et d’autre part, la mise à disposition de services médicaux. Cet accompagnement est un sujet majeur. Nous devons être capable de mettre à disposition un réseau médical quel que soit le pays dans le monde où nos assurés se trouvent, cela peut être particulièrement problématique en Afrique notamment. Notre application géolocalise l’assuré et lui permet de trouver le bon spécialiste. Nous avons également des équipes au téléphone pour les accompagner, mais aussi des médecins pour rediscuter les protocoles médicaux ou trouver un deuxième avis médical. Nos équipes sont en mesure de suivre les assurés mais aussi leur famille, si cela est nécessaire.

 

 

Comment votre offre s’est-elle adaptée depuis le début de la crise sanitaire ?

Nous avons fait évoluer beaucoup de choses en faisant notamment en sorte que les soins liés à la  COVID-19 soient remboursés. Nous avons instauré depuis mars 2020 la prise en charge des frais liés à la COVID-19 dans les mêmes conditions que toute autre maladie dans la limite des plafonds et des garanties proposées. Nous avons ajouté la prise en charge des vaccins COVID-19 dans les mêmes conditions que tout autre vaccin dans la limite des plafonds et des garanties proposés par nos différents contrats, et dans la limite des coûts habituels et raisonnables, mais aussi l’ouverture de la carte de tiers payant aux USA pour les vaccins saisonniers (grippe,…) sans prescription médicale.

 

Nous avons mis à disposition le service de téléconsultation à l’ensemble de nos clients depuis leur application Easy Claim. La couverture a été étendue jusqu’à 6 mois (au lieu de 90 jours) dans les pays en dehors des zones de couverture choisies. Nous avons également mis en en place des facilités de paiements pour les clients en difficulté financière.

 

Sur le produit My Health International, nous avons élargi le poste « Retour impossible » dans la garantie Assistance rapatriement complète, qui est valable jusqu’à 14 nuits contre 5 nuits auparavant et peut-être utile si le client se retrouve bloqué à l’étranger. Nous avons également ajouté la garantie « Assistance psychologique » et la couverture des autotests.

 

L’assurance santé, encore plus aujourd’hui, est un poste qu’il ne faut absolument pas négliger

 

Quel conseil donneriez-vous à un Français qui souhaite s’expatrier en 2022 ?

Ma recommandation est bien évidemment de prendre une assurance. Nous le voyons depuis un plus de deux ans, les voyages sont devenus plus compliqués, aléatoires avec des règles sanitaires qui évoluent rapidement. Il est important de ne pas prendre de risques et de ne pas se retrouver seul. Nos assurés se sentent accompagnés. Notre métier est bien entendu de vous rembourser mais aussi de vous aider à avoir accès à de bons hôpitaux, à des prix négociés, que vous soyez bien pris en charge, et également de vous aider à vous rapatrier. Notre capacité d’accompagnement est devenue très large depuis la pandémie. L’assurance santé, encore plus aujourd’hui, est un poste qu’il ne faut absolument pas négliger.

 

damien bouhours

Damien Bouhours

Diplômé de sociologie à l'Université de Nantes et Tromsø (Norvège), il a vécu plus d'une décennie en Asie du Sud-Est (Laos et Thaïlande). Il a rejoint lepetitjournal.com en 2008 dont il est directeur éditorial et partenariats.
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