« Il faut un esprit de conquête…Il faut mouiller la chemise, entreprises et politiques ! » clame Nicolas Forissier, ministre chargé du Commerce extérieur et de l'Attractivité de France le 24 septembre 2026. Oui…Mais comment ? Tour d'horizon des dispositifs, réformes et réseaux mobilisés pour aider les entreprises françaises à conquérir de nouveaux marchés.


C'est là que la Team France Export (...) doit faire la différence
C’est l’histoire de cette PME française qui, un beau jour, décide de se lancer à l’international. Malgré une certaine lourdeur administrative, son produit est fabriqué en France. Sa qualité est conforme et de bonne qualité. Les équipes dédiées ont décortiqué les opportunités et ciblé les marchés cibles. Seulement voilà, l’équipe dirigeante n’a jamais vraiment expérimenté l’export… « Nous avons partout en France des PME, des ETI, qui ont le produit, la technologie, le savoir-faire, la vérification internationale, mais qui n'ont pas toujours le réseau ou les moyens de franchir seul le premier obstacle. C'est là que la Team France Export (...) doit faire la différence. » clame Nicolas Forissier le 24 septembre devant une centaine d’entrepreneurs et institutionnels lors d’un évènement au Quai d’Orsay “entreprises à l’international”
Entreprendre en expatriation, tisser ses réseaux pour tisser sa toile
Team France Export, quesaco ?
Pour l’export, la Team France Export (TFE) est devenue le dispositif central. Lancée en 2018, cette alliance stratégique est un peu comme un GPS à l’étranger. Elle rassemble, dans un même écosystème, les services de l'État, Business France, les Chambres de commerce et d'industrie françaises (CCI) ainsi que Bpifrance. Son objectif est de simplifier l'accès aux marchés étrangers pour les entreprises françaises. Pour le dire autrement, il s’agit d’un guichet unique pour les entrepreneurs qui ont la volonté de s’exporter. « Nous devons faire en sorte que cette équipe parte du besoin concret de chaque entreprise et l'accompagne dans la durée de son territoire jusqu'au marché qu'elle cherche à conquérir. » insiste le ministre du Commerce extérieur.

Partenaire de la TFE, il y a le réseau des Conseillers du commerce extérieur de la France (CCE). Il compte environ 4.500 membres, dont 850 installés à l'international. « Ces hommes et ces femmes sont nommés par décret et issus du monde de l'entreprise. Ils sont sur place et connaissent parfaitement le terrain » témoigne Sophie Sidos, présidente des CCE depuis 2023. La proximité de l’”outil” est de grande valeur, dans la mesure où les défis varient fortement selon les marchés. Aux États-Unis par exemple, les subtilités fiscales et réglementaires changent d'un État à l'autre. À Hong Kong, les entreprises doivent composer avec un environnement géopolitique transformé. En Thaïlande, la qualité de vie peut masquer la complexité réelle du marché. À Singapour, les outils administratifs sont réputés simples, mais le pays reste davantage une plateforme régionale qu'un marché de masse.
Pour les entreprises innovantes, la French Tech constitue l'autre grand réseau d'accompagnement. Créée en 2013, elle fédère aujourd'hui 114 communautés à travers le monde et met en relation entrepreneurs, investisseurs et grands groupes. 245 start-up ont été accompagnées par le réseau.
L'État soutient les entreprises. Par conséquent, l'État doit lui aussi se transformer
Des réformes lancées pour faire monter en puissance la Team France Export
« L'État soutient les entreprises. Par conséquent, l'État doit lui aussi se transformer. Et c'est le sens des réformes que nous avons engagées. Je veux vous dire quelque chose qui devrait être une évidence. Nous devons aimer nos entreprises » martelle Nicolas Forissier. Annonçant une réforme de Business France, il précise : « C'est une réforme qui se concentrera dorénavant sur les entreprises à plus fort potentiel à l'export et les pays en croissance ». Concrètement, Business France, menée par le nouveau Directeur général Louis Margueritte, souhaite suivre une stratégie d’internationalisation pour le plan d’investissement “France 2030” avec les objectifs d’intensifier la croissance des entreprises sélectionnées, accélérer la réindustrialisation de la France et faire de l’Hexagone un champion mondial de la décarbonation.
Louis Margueritte : “Faire de Business France un acteur clé de l’international”
Il en va de même pour l’Agence française de développement (AFD). Celle-ci amorce un repositionnement stratégique. « Les services de Bercy et BpiFrance travailleront davantage ensemble pour faire gagner nos entreprises. Nous savons le faire. Par exemple, au Maroc, l'équipe France a réussi à mobiliser 1,5 milliard d'euros pour étendre le réseau ferroviaire en combinant plusieurs de nos instruments. » raconte le ministre. « Lorsque la France finance un projet à l'étranger, nous devons regarder systématiquement comment nos entreprises (...) peuvent y prendre leur part » souligne Nicolas Forissier.
Tout est devenu infiniment plus politique, infiniment plus brutal, infiniment plus transactionnel. Une seule solution est valable, c’est celle de l’union sacrée.

Et à son nouveau directeur général, Christophe Lecourtier de confirmer quelques minutes plus tard : « Tout est devenu infiniment plus politique, infiniment plus brutal, infiniment plus transactionnel. Une seule solution est valable, c’est celle de l’union sacrée. L’AFD a décidé de rejoindre avec toutes ses forces, l’équipe de France qui soutient nos entreprises. C’est la suite d’un engagement et d’un contrat négocié avec l’Etat ces dernières semaines. »
Entreprendre à l’étranger en 2026…Oui, mais comment ?
La Team France Export a-t-elle des limites ?
La France compte environ 154.300 entreprises exportatrices selon les données du commerce extérieur 2025. L’objectif de la TFE est même d’atteindre les 200 000 entreprises exportatrices à l’horizon 2030. En 2025, 11.310 entreprises françaises ont été accompagnées à l'international par la Team France Export. Moins de 10% s'appuient donc sur l’organisme à plusieurs têtes.
Les PME ne savent pas vraiment comment s’adresser pour trouver des aides dans tout cet écosystème de l’exportation

Deux questions se posent alors : est-ce connu de tous et est-ce adapté à tous les entrepreneurs ? Au Quai d’Orsay justement, on entend qu’« il y a beaucoup d’interlocuteurs, beaucoup d’organismes. Les PME ne savent pas vraiment comment s’adresser pour trouver des aides dans tout cet écosystème de l’exportation…» .
Un commentaire qui résonne encore pour Juliette Bruce, entrepreneure française qui s’est lancée en 2023 à l’étranger. Car, si la France propose plusieurs coups de pouce financiers, souvent pensés pour les entreprises qui lancent des filiales ou succursales, pour les petits entrepreneurs de projets nés sans frontières, le chemin peut être sinueux… « La barrière du financement a été énorme. Des organismes français publics d’investissement n’ont pas voulu de mon projet d’innovation… car mon capital social était trop faible selon eux » nous confiait l’entrepreneure en 2025.
Conclusion unanime une fois bien préparé - avec l’aide de la Team France Export ? - il faut tenter.
Quoiqu’il arrive, « il ne faut jamais partir seul, l'accompagnement est la clé » rappelle Sophie Sidos. Mais encore faut-il trouver le bon accompagnement export pour exporter… au bon moment. Réussir à entreprendre tiendrait donc d’un savant dosage entre préparation et agilité. Conclusion unanime une fois bien préparé - avec l’aide de la Team France Export ? - il faut tenter. Car celui ou celle qui n’ose pas finit toujours par regarder les autres danser…
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