Que vous soyez installé à Lisbonne, Marrakech ou New York, la préparation de votre retraite est devenue un casse-tête. Entre inflation locale et fragilité du système français, comment maintenir votre niveau de vie ? Le Global Retirement Index 2026 de Natixis analyse ces tendances à l’échelle internationale.


Quels sont les meilleurs systèmes de retraite ? Comment cela se passe-t-il lorsque l’on cumule plusieurs régimes ? Toutes ces questions intéressent en particulier les Français de l’étranger. Le Global Retirement Index 2026 de Natixis apporte des réponses mais alertent en particulier sur les enjeux de la retraite internationale.
La retraite, un équilibre de plus en plus difficile à préserver
Le Global Retirement Index 2026 de Natixis Investment Managers dresse un panorama complexe de la sécurité de la retraite à travers le monde. En étudiant 18 indicateurs clés répartis en quatre piliers — finances, bien-être matériel, santé et qualité de vie — le rapport met en lumière un constat partagé : les retraités font face à des dépenses croissantes que les pensions publiques et l'épargne personnelle n’arrivent plus à couvrir.
Un climat d’inquiétude marqué par l’inflation
Le rapport souligne une anxiété généralisée chez les épargnants. Les données révèlent que 68 % d’entre eux s'inquiètent de l'impact de l'inflation sur la valeur future de leur épargne. Cette réalité immédiate freine l'investissement à long terme : 66 % des sondés déclarent épargner moins en raison de la hausse du coût de la vie quotidienne.
Pour les expatriés, dont le pouvoir d'achat peut être plus facilement impacté par la volatilité des taux de change entre leur pays de résidence et la zone euro, cette érosion de l'épargne est un risque majeur à intégrer dans leurs stratégies de diversification.
Quels sont les meilleurs systèmes de retraite ?
Le classement 2026 confirme la domination persistante des pays nordiques et européens pour la gestion de leurs systèmes de retraite. La Norvège et l'Irlande conservent les deux premières places du classement, témoignant de la robustesse de leurs systèmes en matière de finances et de qualité de vie : « La première place de la Norvège s’appuie sur des classements parmi les trois premiers dans trois sous-indices : elle est troisième en santé, troisième en bien-être matériel et troisième en qualité de vie, tandis qu’elle se classe huitième pour les finances à la retraite. »
De son côté l’Irlande conserve la première place mondiale pour les finances à la retraite, qu’elle occupe pour la troisième année consécutive.
Les 10 premiers pays du classement Natixis Global Retirement Index (GRI) 2026, selon les données disponibles :
|
Rang |
Pays |
Score (en %) |
|
1 |
Norvège |
83 % |
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2 |
Irlande |
81 % |
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3 |
Pays-Bas |
79 % |
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4 |
Suisse |
79 % |
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5 |
Danemark |
78 % |
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6 |
Australie |
77 % |
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7 |
Allemagne |
75 % |
|
8 |
Luxembourg |
75 % |
|
9 |
Islande |
75 % |
|
10 |
République Tchèque |
75 % |
Le système français : une générosité sous contrainte
Selon le classement Natixis 2026, les plus petits pays ont naturellement une gestion plus efficace de leur système de retraite. Parmi les pays développés les plus peuplés, la France se classe 9e de ce classement. Si elle se distingue par un niveau de dépenses publiques de retraite parmi les plus élevés au monde en pourcentage du PIB (juste derrière l'Italie dans plusieurs classements de l'OCDE), le Global Retirement Index 2026 met en évidence des fragilités structurelles. « La France recule de deux places et se classe neuvième, avec un score de 64 %, pénalisée par la hausse du chômage et la charge fiscale la plus lourde de l’indice. », peut-on ainsi lire.
Le poids de la dette publique limite les marges de manoeuvres pour financer correctement le système de retraite sur le long terme; et ce d’autant plus que la population française est vieillissante. Difficile donc dans ces conditions d’imaginer un système pérenne ou en tout cas de garantir un niveau de vie équivalent aux futurs retraités.
Pour les Français de l’étranger, cela souligne l'importance de ne pas compter exclusivement sur le système par répartition pour maintenir leur niveau de vie futur, et d'envisager des solutions complémentaires.
Inflation, dette et vieillissement : les défis communs aux systèmes de retraite
L'inflation figure parmi les menaces persistantes identifiées par le rapport et ce dans la plupart des pays. Pour un retraité, elle réduit mécaniquement le pouvoir d'achat si les pensions ne sont pas réévaluées.
Pour les Français de l'étranger, ce risque est double. Non seulement ils sont soumis à l'inflation locale, mais ils doivent anticiper comment leurs futures pensions françaises versées en euros réagiront.
La Norvège, première de ce classement, dispose d'indicateurs de "finances en retraite" particulièrement performants, capables d'amortir ces chocs inflationnistes, contrairement à d'autres économies où la volatilité est plus forte. Une action plus facile à mener pour une population de 5,6 millions avec 18% de retraités (contre 25% en France) et une économie stable.
Français à l’étranger : des droits à la retraite parfois répartis
Pour les expatriés, le cumul des droits est un casse-tête classique : carrières mixtes, conventions de sécurité sociale, trimestres validés ici ou là. Le rapport Natixis rappelle indirectement que la sécurité à la retraite dépend de la maîtrise de ses acquis. Pour l'expatrié, le premier réflexe est de reconstituer son relevé de carrière. Il est crucial de vérifier si votre pays de résidence possède une convention bilatérale de sécurité sociale avec la France, ce qui permet la coordination des régimes et évite, dans certains cas, la perte de droits.
Le point à vérifier : le risque de change
Si vous percevez une pension en euros et que vous résidez dans un pays utilisant une autre monnaie, vous êtes exposé à la volatilité. Une appréciation de la monnaie locale par rapport à l'euro peut réduire considérablement votre pouvoir d'achat réel. Ce risque doit être intégré dans votre stratégie.
Les bons réflexes pour préparer sa retraite
- Récapituler ses droits : Faites le point sur tous vos régimes, en France et dans chaque pays où vous avez cotisé.
- Contrôler son relevé de carrière : Assurez-vous que toutes vos périodes d'activité sont correctement enregistrées auprès de l'Assurance Retraite (France).
- Anticiper la fiscalité : Renseignez-vous sur les conventions fiscales internationales pour éviter la double imposition.
- Diversifier : Compte tenu des pressions sur le système français, l'épargne retraite complémentaire (type PER ou équivalents locaux) devient essentielle.
- Consulter des experts : Pour toute décision patrimoniale ou fiscale majeure, sollicitez un professionnel spécialisé, surtout si vous avez une carrière internationale.
Méthodologie : Le Global Retirement Index 2026 de Natixis compare la sécurité de la retraite dans 44 pays, à partir de 18 indicateurs répartis en quatre grands domaines : les finances à la retraite, le bien-être matériel, la santé et la qualité de vie. Il s’appuie sur des données statistiques provenant de sources internationales et publiques, agrégées puis normalisées pour permettre une comparaison entre pays. Ce classement donne donc une vue d’ensemble des conditions nationales ; il ne mesure ni les droits individuels à pension ni la situation particulière des Français expatriés. Les chiffres sur les inquiétudes des investisseurs cités dans l’article proviennent, eux, d’une enquête distincte menée par Natixis auprès d’investisseurs.
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