Depuis 2006, des militaires cambodgiens portent le béret bleu des Nations unies dans des missions loin de leur pays. Une cérémonie organisée au Centre multinational de formation au maintien de la paix, dans la province de Kampong Speu, a marqué deux décennies de cet engagement. Le Premier ministre Hun Manet présidait l’événement, auquel participait Vladanka Andreeva, coordinatrice résidente de l’ONU au Cambodge. Olivier Richard, ambassadeur de France, y était bien sûr présent.


Le premier contingent cambodgien, une unité de déminage de 135 militaires, a été envoyé au Soudan le 12 avril 2006. Depuis, le Cambodge a déployé 74 contingents, soit 10 914 militaires, dont 1 083 femmes, dans dix pays : le Soudan, le Soudan du Sud, le Tchad, le Liban, Chypre, la Syrie, le Mali, la République centrafricaine, le Yémen et la République démocratique du Congo.
À l’heure où nous écrivons ces lignes, 475 militaires cambodgiens servent au Soudan, au Soudan du Sud, au Liban, en République centrafricaine et en République démocratique du Congo.
Déminage, ingénierie et soutien médical : les spécialités cambodgiennes
Les personnels cambodgiens interviennent dans neuf domaines : le déminage, la police militaire, le génie, la construction et l’entretien des aérodromes, les hôpitaux, l’élimination des munitions non explosées, ainsi que les fonctions d’officier d’état-major et d’observateur militaire.
Ces missions ont des effets concrets sur le terrain. Les Casques bleus contribuent à protéger les civils, à apaiser les tensions et à faciliter l’acheminement de l’aide humanitaire. Ils aident aussi à créer les conditions nécessaires au dialogue politique.
Le Cambodge a connu lui-même l’importance de la présence internationale : il a accueilli des Casques bleus dans le cadre de l’Autorité provisoire des Nations unies au Cambodge. Aujourd’hui, le pays envoie ses propres personnels servir dans des régions fragiles.
Les femmes cambodgiennes au cœur des missions de paix
La présence des femmes est l’une des caractéristiques importantes des contingents cambodgiens. Parmi les militaires déployés depuis 2006, 1 083 sont des femmes. Leur participation renforce l’efficacité des missions, favorise les échanges avec les communautés locales et contribue à une paix plus inclusive.
La représentante de l’ONU a salué les efforts visant à permettre aux femmes de servir et d’accéder à des postes de responsabilité. Elle a également souligné le rôle du Cambodge dans la mise en œuvre régionale du programme « Femmes, paix et sécurité ».
La formation prépare les personnels à ces missions. Depuis 2023, l’école cambodgienne de maintien de la paix accueille le Programme de partenariat triangulaire des Nations unies pour la région. De nouvelles installations d’enseignement et d’hébergement, ainsi que le centre de conférences Techo Santepheap, doivent soutenir l’accueil et la formation de soldats de la paix venus de toute l’Asie.
Français et déminage : la coopération avec la France
La France apporte un soutien concret au NPMEC, le centre cambodgien chargé du maintien de la paix et du déminage. Cette coopération comprend des cours de français, des formations à l’observation et à la préparation aux déploiements, ainsi qu’un appui dans le domaine du déminage. Les éléments transmis indiquent que le Cambodge souhaite voir ces formations se poursuivre.
Le français peut faciliter les échanges au sein des missions internationales, tandis que la préparation opérationnelle et le déminage répondent aux besoins des contingents sur le terrain.
« La France a un coopérant militaire permanent au NPMEC pour former à toutes sortes de choses dont les militaires faisant des opérations de maintien de la paix ont besoin. La langue française quand ils vont dans le pays francophone, la lutte anti-mine, le déminage, mais également les opérations de commandement, les opérations de police militaire (…). Donc il était important que la France soit présente avec les coopérants militaires et moi-même lors de cette célébration. Et d’ailleurs dans son discours, le Premier ministre a rendu hommage à la France. » nous a confié Olivier Richard.

De gauche à droite : Le chef de bataillon Foucauld PILLET, chef de projet appui à la formation des cadres militaireset conseiller des chefs des écoles des officiers d'active et d'état-major de Thmat Paung , Le chef de bataillon Arnaud BRUNAT, chef de projet Opérations Maintien de la Paix et conseiller du directeur général du NPMEC, M Olivier Richard , Ambassadeur de France au Cambodge et lieutenant-colonel Legrand, le chef de détachement de la mission de coopération de défense à l'ambassade de France au Cambodge.
Après vingt ans de missions, l’engagement cambodgien repose sur une diversité de compétences, la participation de femmes et une coopération avec des partenaires comme la France. À l’occasion de la Journée des Nations unies, Vladanka Andreeva a réaffirmé que l’Organisation continuerait de soutenir le Cambodge dans les domaines de la paix, du développement durable et des droits humains.
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